Strip-till : Une découverte réussie

En Alsace, un groupe d’agriculteurs a implanté une partie de son maïs en Strip-till. Pour la première fois. D’après les observations qu’ils font de leurs cultures, la technique semble avoir été, pour les plantes, plus profitables que d’autres.

Chez Thierry Willem, le premier maïs Strip-till trace son chemin vers une moisson satisfaisante. Au moins jusqu’en juillet, la culture s’est bien comportée (© Thierry Willem).

Une première « satisfaisante. » Nous avions rencontré les treize adhérents de la cuma de la Zorn autour de fosses pédologiques en plein “hiver” (Parlez-vous le langage du sol ?). Avant de s’essayer au semis de maïs en Strip-till, ils étaient réunis pour observer la structure du sol, dans une parcelle destinée à l’opération. L’implantation faite et la culture bien avancée, le résultat semble concluant, à écouter Thierry Willem, le président de la cuma.

Si l’été est “normal” ? dans ces champs, « on peut espérer atteindre 100 q/ha », répond-il. Cela correspond à un bon niveau moyen d’après son expérience. C’est bien simple, « on regrette un peu de ne pas avoir fait plus de surface en Strip-till. » Mais c’était la première année. Hors de question de prendre tous les risques.

portrait Thierry Willem

Thierry Willem, président de la cuma de la Zorn.

Une année favorable

Á l’automne, les conditions ont été bonnes, au moment du passage du StripCat et de ses dents enfoncées « à 12 – 15 cm. » Ensuite, le couvert végétal s’est développé et sans le gel habituel, cette année, il a fallu désherber. Après quoi, « on retrouve la ligne de travail », constate l’agriculteur qui a fait un passage de reprise avant le semis. Le travail en Strip-till en automne « laisse des mottes. » Sur le même outil, « on remplace chaque dent par deux petites droites de vibro », et on repasse au même endroit. Sans guidage automatisé précis, « il faut s’appliquer », concède le cultivateur. L’objectif est d’affiner le lit de semences. Et même si cette intervention a été réalisée « en conditions un peu humides », l’agriculteur alsacien constate : « ça a bien fonctionné. La levée a été bonne et le maïs n’a pas jauni par la suite, contrairement à d’autres parcelles travaillées en mulch ou au vibro traditionnel. »

Au printemps : reprise et semis

La saison de semis a été hachée par les pluies. « Au lieu des deux semaines habituelles, ça a duré deux mois. » Dans cette parcelle de « limon assez léger, nous avons pu passer tôt. » Un avantage pour ce maïs par rapport à d’autres mis en place plus tard. Mais il a aussi été favorisé par la technique elle-même, notamment du fait du travail très superficiel qui a « limité les remontées de larves » tandis que le passage des roues en inter-rang impacte peu la structure du sol à proximité directe des graines.

Gare à la faune

D’une manière générale, l’année a aussi été plutôt « favorable à la technique », note le président de cuma. Ainsi, pour l’an prochain, si le groupe devrait logiquement étendre la surface de travail avec son Strip Cat avant maïs, il le fera raisonnablement. La vérité d’une année n’étant pas forcément celle de la suivante, la prudence reste bonne conseillère du groupe en phase d’acquisition d’expérience.

Les résidus de culture précédente sont encore là, les sols sont restés couverts en permanence.

Dans la région, avec les pluies du printemps, des phénomènes d’érosions malheureux ont encore plus légitimé le travail du groupe lancé dans l’aventure du maïs en Strip-till (© Thierry Willem).

Corbeaux et limaces n’ont d’ailleurs pas manqué de leur rappeler. En maintenant les sols couverts, « on favorise la faune et on attire les corbeaux sur ces parcelles. Cela pose un réel problème » au moment de l’implantation de la culture de printemps. Et si sur ce champ, les dégâts n’ont pas anéanti les espoirs de rendement, le constat n’est pas vrai pour toute la surface. « Sur une parcelle où nous avons fait le Strip-till au printemps », les limaces ont amplifié les ravages. « Il a fallu ressemer 10 ha. »

Néanmoins, Thierry Willem retient que l’essai est positif et prometteur. Presque avec impatience, Entraid prend rendez-vous avec lui et son groupe pour voir ce que donnera la culture une fois dans les bennes.

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