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Quand la cantine des vaches se mutualise…

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Quand la cantine des vaches se mutualise…

La cuma de la rosée a fait découvrir son activité d'affouragement en commun à d'autres membres de cuma voisines.

Le 8 novembre la cuma de la rosée, située à Wingersheim-les-Quatre-Bans dans le Haut-Rhin a présenté son organisation et sa stratégie d'équipement autour de l'affourragement des vaches. L'occasion pour les participants de se nourrir de cette éxpérience.

L’affouragement en commun dans les élevages laitiers peut être une solution pour gagner du temps et optimiser cette tache. C’est la réflexion que mène les membres de la cuma de la liberté située à Haut Clocher en Moselle. Pour y répondre, le groupe d’éleveur a voulu découvrir l’organisation et le matériel consacré à l’affouragement de la cuma de la rosée. En ce 8 novembre, l’heure est à l’échange.

Travailler ensemble en projet

« Nous sommes une vingtaine d’agriculteurs avec des profils complètement différents, présente Jonathan Zehr, président de la cuma de la liberté. Parmi les éleveurs bio, conventionnels, polyculteurs-éleveurs, trois élevages cherchent à gagner en rentabilité. Le but est aussi de garder l’élevage laitier dans notre zone, indispensable à notre survie. Notre cuma, c’est aussi une équipe. Travailler ensemble, être dynamique et gagner en autonomie sont nos ambitions. » Leur projet de désileuse ou de mélangeuse en commun en est l’exemple. Si sur le papier, la mutualisation des outils d’affouragement est simple, en réalité, ce n’est pas tout a fait le cas. « À trois, nous avons déjà beaucoup échangé sur ce projet d’investissement de mélangeuse, reconnaît le président. Nous avons des idées mais nous avons également de gros doutes sur l’organisation qui s’imposerait. Nous avons peur de nous prendre la tête, de ne pas réussir à travailler ensemble. » D’où le besoin de s’inspirer d’autres cuma.

Gain de temps

Depuis huit ans, Damien Fritsch, membre de la cuma de la rosée, fait partie du groupe des neuf éleveurs ayant une mélangeuse en commun. À eux, ils couvrent les besoins de sept élevages répartis dans les 23 kilomètres à la ronde et  produisent 5,6 millions de litres. « Au delà du côté financier, il faut avouer que l’affouragement en commun permet d’avoir du temps libre tout en sachant que le travail sera fait », reconnait le responsable. Ainsi, tous les matins, entre 7 et 11h l’automotrice mélangeuse parcours la campagne mosellane, pour nourrir les troupeaux de vaches laitières. Le chauffeur attitré est le salarié de la cuma. Sa mission? Nourrir les animaux des élevages sans devoir descendre de sa cabine. Il évite ainsi de perdre du temps.

Affouragement en commun et accessibilité des silos

« Pour cela, tout le monde doit ouvrir ses silos à l’avance et doivent être accessibles, explique le responsable de la machine. Au lieu de deux heure chaque jours consacré à cela, j’en dédis plus que un quart d’heure. En 20 à 30 minutes, le chauffeur a distribué les aliments et c’est toujours à la même heure. » Pour optimiser un tel chantier, les silos doivent être prêts, les indications doivent être claires et que le chauffeur ait toute la confiance suffisante. Outre le gain de temps, c’est l’efficacité et la technicité qui est mis en avant avec cette méthode. « Auparavant, je comptais 2cts/l de lait pour cette opération, calcule Damien Fritsch. Aujourd’hui, j’estime que cela ne me coute plus que 1,27 ct/litre de lait. » Une économie induite par le temps passé mais aussi par les quantité distribuées. « Ce que je faisais auparavant à la louche, est aujourd’hui pesé et mélangé de manière homogène, reconnaît l’éleveur qui adhère à ce service depuis huit ans. J’ai depuis amélioré la quantité de lait produit mais aussi sa qualité ainsi que l’état sanitaire et de reproduction général de mon troupeau. »

Se poser les bonnes questions

Bien sur, pour parvenir à une organisation aussi rodée, il faut que les éleveurs soient prêts à accepter le changement, prêts à travailler différemment et que l’organisation, comme le choix de la machine conviennent à tous. Pour que tous les membres du groupe s’implique et que tous les sujets soient évoqués, un guide a été conçu par la frcuma du Grand Est et d’autres partenaires. Dans ce document ACTAGA (amélioration des conditions de travail des agriculteurs grâce à l’agroécologie), une méthodologie en quatre étapes et des outils associés pour animer les discussions sont développées. La première étape est de prendre en compte les besoins de chacun, la deuxième est de dimensionner le projet. La troisième est de déterminer en quoi le collectif est nécessaire à ce projet. Enfin, il s’agit de lister les ressources indispensables à la réussite de ce projet.

Surprises tout de même avec l’affouragement en commun

Ainsi les membres de la cuma de la rosée se sont prêtés à l’exercice et on répondu aux nombreuses questions lors de la création de leur activité. Mais cela n’a pas évité les surprises lors de l’utilisation de la mélangeuse. « Nous avons beaucoup de maintenance à effectuer, fait remarquer le responsable du matériel. C’est une donnée que nous avons pris en compte lors du renouvellement de la machine cette année. Nous avons souscrit un contrat de maintenance avec notre concessionnaire. Par ailleurs, il faut consacrer beaucoup de temps pour former le chauffeur et ne pas hésiter à se parler et à mettre à plat les choses. Tout le monde doit s’impliquer et avoir des responsabilités. » À lire aussi: Le lancement du service d’affouragement est un succès. Un robot qui récolte l’herbe et la distribue. Un salarié “à la carte” dans les exploitations.