La plaquette en litière est-elle rentable?

Olivier Barras, éleveur laitier en zone AOP, témoigne des avantages à valoriser le bois de haies en plaquette pour la litière de ses animaux.

La plaquette de bois, une très bonne alternative à la paille en matière de litière, appréciée des animaux, présentant un niveau de propreté jugé plutôt supérieur à la paille.

Olivier Barras, l’un des deux associés du GAEC du ban du Char, exploitation laitière (lait AOP Comté et Bleu de Gex, 165 ha) à Chézery-Forens, adhère à l’association Bala (Bois AgriLocal Aindinois) depuis plus d’un an. «Notre objectif était de valoriser tous les déchets de bois de nos haies. Le bois bûche a toujours été bien valorisé sur le secteur, mais les haies étaient jusqu’alors très peu entretenues.»

L’an dernier, environ 30 m3 de bois ont ainsi été déchiquetés. Un petit volume, qui fait figure de test au regard du potentiel élevé sur l’exploitation.

«Nous avons débuté en empruntant le matériel d’un voisin. Cette année, nous ferons appel à la cuma de Saint-André-sur-Vieux-Jonc qui possède une déchiqueteuse performante.»

Valoriser le bois de haies: deux tonnes de paille économisées

Des chantiers seront organisés par secteur. «Dans la vallée de la Valserine nous sommes deux pour l’instant, le but étant de trouver de nouveaux adhérents utilisateurs», précise l’éleveur. Et d’ajouter: «nous avons 300m² d’aire paillée pour les génisses. Dans un premier temps nous avons mis 10 cm de plaquettes, avec de très bons résultats. Le déchiqueté sec s’avère plus absorbant que la paille. Nous sommes encore en réflexion pour appliquer le système aux logettes paillées de nos vaches. En pratique, on met du déchiqueté pur dans les aires. Puis une quinzaine de jours après, selon le degré de salissement, on ajoute de la paille.»

Une valorisation du bois de haie qui a permis d’économiser deux tonnes de paille. «Mais le but premier n’est pas vraiment économique. Il s’agit surtout de nettoyer les bords de haies et de les entretenir. Et ensuite d’épandre le mélange qui produit de l’humus pour les parcelles. L’intérêt est environnemental, agronomique et touristique aussi, car nous sommes au cœur du Haut-Jura», ajoute-t-il. L’éleveur, comme les autres adhérents de l’association a signé une charte encadrant la bonne gestion des haies. Oliver a également suivi une formation qui «lui a ouvert les yeux sur l’intérêt d’exploiter cette ressource précieuse, à valoriser!»

Haie’nergie: des plaquettes bois pour ne pas rester sur la paille

Dans cet exemple, une aire paillée intégrale pour 100UGB durant 4mois à raison de 10kg de paille/UGB/jour revient à 4.860€ si la paille est pressée sur l’exploitation, 9.060€ si elle est achetée derrière la moissonneuse à 20km de l’exploitation sur la base d’un prix à 25€/t et 11.340€ si elle est livrée sur la base d’un prix à 90€/t.

Si on utilise la plaquette en sous-couche à raison de 2 curages durant les quatre mois cela représente un total de 120 Map soit 30t pour un coût de 1.320€. La sous-couche permet de se passer de paille durant deux périodes de trois semaines soit 2 fois 20t d’économisées plus 5t due à un paillage moindre grâce à la sous-couche, soit 45t.

Cela représente une économie de 500€ de paille si la paille provient de l’exploitation, 2.080€ si elle est achetée derrière la moissonneuse et 2.730€ si elle est achetée à l’extérieur et livrée.

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