6 hectares de panneaux photovoltaïques : Fermes de Figeac l’a fait

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Panneaux photovoltaïque sur le toit d'un bâtiment agricole.

15/03/2016 - 12:00

La «coopérative de territoire» Fermes de Figeac est modeste par la taille, mais ses réalisations laissent rêveur. Elle va inaugurer en juin un parc éolien, dont une belle part a été portée par un financement participatif. Un succès qui ne part pas de rien. Voici l’épisode 1, le photovoltaïque en groupe, avant l’épisode 2, dédié à l’éolien… dans notre mensuel d’avril.

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Nous avons intérêt à accompagner les démarches collectives, elles sont très efficaces pour mettre en place les énergies renouvelables», résumait Laurent Causse cet automne, lors d’une réunion dédiée aux ENR organisée par le Parc naturel régional du Haut-Languedoc.

Laurent Causse, du service Energie de Fermes de Figeac, explique la genèse du projet et résume en chiffres les résultats (1’30’’).

Collectif agricole photovoltaïque

«Nous avons construit la première centrale de Midi-Pyrénées sur le toit de notre centrale (un magasin de la coop) en 2006.  A travers cette opération, nous avons appris la technique. Nous avons rapidement fait le rapport entre les bâtiments d’élevage très nombreux chez nous et on a fait les multiplications : très peu d’agriculteurs pouvaient investir là-dedans.» Pour équiper un bâtiment d’élevage moyen, un investissement de 100000€ est nécessaire. Ils ont cherché une solution pour que ces technologies ne soient pas réservées aux exploitations les plus importantes. Ils sont alors tombés sur une expérience aveyronnaise, une société de veaux sous la mère, qui avait entamé une démarche collective pour équiper les bâtiments d’élevage. «On a démarré une première expérience collective. On se rend compte aujourd’hui qu’on a démarré un cercle vertueux de développement autour des énergies renouvelables.»

Simplicité

Résultats : 200 bâtiments –dont beaucoup d’élevage– sont équipés de panneaux, soit 6ha, pour 34 millions d’euros investis. Aux conditions de l’époque, les agriculteurs touchent, au-delà des taxes, remboursement de prêts et cotisations, en moyenne 15000€/an, soit 300000€ sur 20 ans en moyenne par agriculteur. Deux autres opérations de ce type ont été réalisées depuis, une troisième est dans les tuyaux. Ces opérations ultérieures sont moins rémunératrices, car les tarifs de rachat garantis ont baissé, mais elles restent rentables, et d’autant plus que les coûts sont mutualisés.

«Le principe est simple, détaille Laurent Causse, les agriculteurs propriétaires ont constitué une société, Ségala Agriculture Energie Solaire (Saes). Ils y ont injecté du capital, 6,5 millions d’euros au total, qui a permis à la société d’emprunter pour financer l’ensemble des investissements. Six banques ont participé, à hauteur de 25 millions d’euros. Ce qui a permis à des gens qui n’avaient pas de trésorerie de participer.»

Concrètement ?

Cette société passe des contrats avec EDF. Cette électricité (7,5 MW/an) est l’équivalent de la consommation hors chauffage de 10000 habitants. Saes s’occupe de l’entretien et de la maintenance des toitures et elle retourne aux agriculteurs associés le reste, sous forme de loyers et de dividendes.

«La dimension du projet a été complexe à gérer, reconnaît Laurent Causse, d’autant plus que nous avions peu d’antériorité.» Mais elle a permis de diviser par 4 les frais de notaires (rédaction des baux notamment) et par 10 l’assurance, avec un travail de recherche et réflexion sur une clause de renonciation réciproque : «Les deux parties, agriculteurs et  et Saes, conviennent au départ qu’en cas de problème, aucune d’elles ne va chercher à savoir qui est responsable, chacune va rembourser sa partie. L’agriculteur va rembourser la partie bâtiment, la Saes va rembourser la partie solaire. Et ça minimise le prix de l’assurance», explique Laurent Causse.

 

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