ePrivacy and GPDR Cookie Consent by TermsFeed Generator

Combien coûte un chantier de moisson?

Partager sur

Combien coûte un chantier de moisson?

Quel est le coût total d’un chantier de moisson? Quels sont les impacts de l'effet débit de chantier, l'effet surface et/ou le transport? Les chiffres à retenir.

Notre simulation du coût total d’un chantier de moisson conduit à une valeur pivot de 71,20€/ha tout compris. Cependant, cette moyenne peut varier selon le débit de chantier, la surface annuelle récoltée, la durée de détention et l’éventail des équipements de récolte.

Coût de chantier de moisson: 71,20€/ha

cout moyen chantier moisson

coût moyen d’un chantier de moisson (moissonneuse-batteuse et main-d’oeuvre incluses).

Ayant calculé le coût de détention des quatre moissonneuses-batteuses de cette étude Rayons X, nous avons obtenu une valeur moyenne qui va servir à différentes simulations. Première question: quelles conséquences si on garde la machine quatre ans plutôt que huit ans? Nous partons d’une moissonneuse de 400ch à six secoueurs, dotée d’une coupe à céréales de 7,50m. L’ensemble est acquis pour 250.000€ et va tourner 180 heures batteur par an, sur environ 500ha. Après quatre ans, notre machine a perdu 38% de sa valeur d’achat.

Elle affiche alors un coût de détention hors carburant de 175€/h. Rappel: ce chiffre inclut la décote, les frais d’entretien et financiers. Sur les quatre années suivantes, elle ne va perdre que 14% de sa valeur initiale. Pendant ce temps, les frais d’entretien vont augmenter de 45%. Mais cette hausse ne mangera pas ce qui a été gagné sur la décote. Ainsi, après huit ans d’utilisation, notre machine montre un coût de détention de 137€/h. Soit 22% de moins qu’avec une revente au bout de quatre ans. C’est le gain permis par une certaine prise de risque côté pannes, et un renoncement aux derniers perfectionnements technologiques.

renouvellement machine tous les 4 ou 8 ans pour meilleur cout de chantier de moisson

Garder la machine 4 ou 8 ans ?

Les frais de carburant et de main-d’œuvre seront par contre identiques dans les deux cas. Quand on regarde l’effet final sur la facture à l’hectare, l’option huit ans se traduit par une économie de 18 % si l’exploitant ne compte pas son temps de conduite: 64€ contre 77,70€. Et de 16% s’il valorise la conduite, sur une base de 20€/h: 71,20€ au lieu de 84,80€.

Effet débit de chantier

Nos calculs se basent ici sur un débit de chantier de 2,8ha/h. il est important de savoir comment ce critère influence le résultat. Faisons-le donc varier de 15% en plus ou en moins. En situation favorable: grandes parcelles régulières, petit rendement, fauche haute, vidange en marche, le débit passe par exemple à 3,2ha/h. Le potentiel de la machine est dans ce cas de 580ha/an. Le coût du chantier sans main-d’œuvre tombe à 56€/ha, soit 12,5% en moins. En incluant la conduite, la facture s’élève à 62,30€/ha.

Dans l’autre sens, il se peut que le débit soit limité par le parcellaire, un gros rendement ou un gros volume de paille, de la verse ou des pertes de temps à la vidange. Partons sur 2,4ha/h au lieu des 2,8 prévus. À fenêtres climatiques égales, le potentiel de la machine tombe à 430ha/an. Le coût total du chantier de moisson monte dans ce cas à 83,10€/ha, soit 17% en plus. Sans la main-d’œuvre, ce chiffre atteint 74,80€/ha.

effet debit chantier moisson rayons x

Illustration de l’effet débit sur le coût d’un chantier de moisson.

Effet surface

Troisième question: que se passe-t-il si la moissonneuse fait plus ou moins que les 180 heures batteur prévues? Nous prenons les bornes de l’écart-type observé dans les guides Prix de revient du réseau Cuma: 120 et 200h/an. Dans le premier cas, il peut s’agir d’une région maritime où les créneaux de travail pour battre des céréales sont très réduits. Ou bien d’un utilisateur voulant sécuriser à tout prix sa capacité à récolter dans les temps. Dans le second, d’une région au climat plus favorable, avec des cultures diverses mais accessibles à la coupe à céréales, ou bien des parcelles de précocité différente. Dans tous les cas avec des dates de récolte plus étalées.

Avec seulement 120h/an, soit environ 340ha/an, la facture s’alourdit forcément. En revenant à un débit de chantier standard de 2,8ha/h, le coût de détention hors carburant bondit de 50%. Il se traduit par une hausse de 38% du coût à l’hectare carburant compris: 88,40€/ha contre 64€/ha. Et de 34% en intégrant la conduite: 95,50€/ha au lieu de 71,20€/ha.

Dans l’autre sens, s’il est possible de pousser un peu l’utilisation en atteignant le seuil des 200h/an, ou 560ha/an, la facture s’allège. Le coût de détention hors carburant perd 7%. Le coût à l’hectare carburant compris se rapproche de la barre des 60€, soit 5% de moins. En ajoutant la main-d’œuvre, le chiffre s’élève à 67,70€/ha, soit 5% de moins qu’avec 180h/an au batteur.

effet surface moisson rayons x

L’effet surface.

Un deuxième équipement pour optimiser le coût de chantier

L’étape suivante pour mieux rentabiliser une moissonneuse-batteuse consiste à la doter d’un second équipement de récolte, en particulier un cueilleur à maïs si elle possède déjà une coupe à céréales. Elle fera ainsi deux saisons au lieu d’une dans l’année. Le phénomène inverse peut également arriver, par exemple dans le Sud-Ouest, avec des machines acquises d’origine avec un cueilleur à maïs et qui vont récolter des céréales suite à l’achat d’une coupe. Récolter à la fois des petites graines et du maïs est possible sur place dans les régions aux assolements très diversifiés. On obtient le même résultat en déplaçant la moissonneuse entre deux bassins de production, l’un à dominante céréales et l’autre maïs. La formule de l’intercuma se prête notamment à ce type de fonctionnement.

Nous gardons notre moissonneuse de 400ch à six secoueurs, mais dotée d’une coupe à céréales de 7,50m et en plus d’un cueilleur à maïs huit rangs. L’ensemble est acquis pour 300.000€ et va tourner 230 heures batteur par an, sur environ 650ha. La répartition entre céréales et maïs n’est alors pas de 180 plus 50 heures mais serait sans doute plus équilibrée. Quoi qu’il en soit, il faut bien amortir nos deux équipements. En première approximation, nous restons sur les mêmes bases horaires de frais d’entretien ou de consommation de carburant et sur un même débit de chantier moyen (2,8ha/h). On pourrait effectivement affiner les calculs et introduire des différences entre céréales et maïs. Le coût de détention de la moissonneuse avec sa coupe et son cueilleur, sur huit ans et hors carburant, s’élève alors à 131€/h.

A lire: Comment choisir sa barre de coupe?

coût complément cueilleur maïs rayons x

Investir dans un cueilleur à maïs en complément.

Amortir le transport

Première situation: la plus favorable, le secteur est mixte avec des céréales et du maïs. Si la machine est exploitée sur huit ans, le chantier revient au total à 69,10€/ha, carburant et main-d’œuvre compris. Soit légèrement moins qu’avec seulement une coupe à céréales pour 180h/an. Si on doit déplacer la machine pour rejoindre une autre région, l’écart s’inverse. Nous tablons sur deux jours de transport avec voiture pilote (aller et retour), facturés 1.200€/jour. Le coût du chantier passe à 72,80€/ha. Pour rester au même niveau qu’avec une coupe à céréales seule, employée durant 180h/an, il faut aller un peu plus loin que les 230 heures envisagées. Avec une facture annuelle de transport de 2.400€, la barre monte à 240h/an, ou 670ha/an.

Nous avons également chiffré l’investissement dans un cueilleur à maïs en plus de la coupe à céréales, pour une utilisation sur seulement quatre ans. La facture est alors logiquement plus salée. Sur la base d’un coût de détention hors carburant de 166€/h, le chantier complet s’élève à 81,60€/ha sans transport de la machine, et 85,30€/ha avec. Il faut vraiment vouloir à tout prix le dernier cri.

Voir l’ensemble

Dans un chantier de moisson, d’autres facteurs interviennent naturellement. Le grain doit forcément quitter la trémie et rejoindre un caisson, un transbordeur, une benne ou un silo! Les situations s’avèrent toutefois trop diverses pour fixer des chiffres précis. D’autant plus que cette phase du transport est en partie prise en charge par l’organisme stockeur, quand il est l’acheteur. Il reste que les agriculteurs s’en soucient et raisonnent aussi l’investissement dans des équipements comme les bennes, transbordeurs, caissons, etc. Les gestionnaires font aussi la relation avec le rendement des cultures pour ramener les chiffres à la tonne de grain.

A découvrir dans le même dossier:

Faut-il investir dans des chenilles pour sa moissonneuse-batteuse?

Comment facturer la moissonneuse-batteuse aux adhérents?


RAYONS X

Cet article et ses données sont issus d’un travail d’enquête et d’étude économique publié dans l’univers Rayons X en Octobre 2021. Quatre moissonneuses-batteuses sont passées au scanner économique de la rédaction d’Entraid. Restez connectés, le dossier sera mis à jour tout au long du mois de novembre.