De vraies questions pour le faux semis

En région
Journée axée sur l’interculture et les faux semis le 10 octobre dernier du côté de Charroux (Vienne) organisée par la FRAB Nouvelle – Aquitaine.

Différents type d’outils ont été testés le 10 octobre lors de la journée sur les faux semis organisée par la FRAB Nouvelle Aquitaine avec l’appui de la Fdcuma Vienne.

22/10/2018 - 18:00

Une journée de pluie pour parler faux semis alors qu’il fait sec depuis presque 3 mois: ça ne s’invente pas! C’était pourtant le pari, réussi, de la FRAB Nouvelle-Aquitaine le 10 octobre dernier.

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Les conditions météo sèches ont stimulé les questionnements sur la technique du faux semis. La fédération régionale de l’agriculture biologique Nouvelle-Aquitaine a organisé, le 10 octobre, une rencontre sur ce sujet, du côté de Charroux avec l’appui de la fdcuma de la Vienne sur la partie machinisme.

faux semis, lutte contre les adventices

La maîtrise des adventices vivaces, comme le rumex, soulève des question en agriculture biologique.

En agriculture biologique, le problème des vivaces devient de plus en plus présent. De même que la nécessité d’avoir une bonne structure dont la qualité peut être dégradée par les labours successifs.

Quatre types d’outils

Lors de cette journée, quatre outils différents étaient présents: un déchaumeur à disques indépendants Grégoire et Besson amené par les Ets Michelets et présenté par Grégoire et Besson, un cover-crop, un déchaumeur à dents patte d’oies et une charrue express de chez Perrein, fournie par les agriculteurs du coin. L’objectif était de comparer le travail de ces outils dans deux situations

  1. en deuxième passage de préparation de sol sur une parcelle derrière féverole,
  2. pour deux des quatre outils (charrue express et déchaumeur à disques) sur une parcelle après maïs grain, en premier passage.

Déchaumeur à la hauteur

Le déchaumeur à disques, équipé de disques crénelés de 580 de diamètre, s’est montré très à son aise dans la préparation de sol, avec un tri densimétrique (grosses mottes, terre fine et débris végétaux) et un débit de chantier intéressant. Sur maïs, avec un angle de 20 à 30° et deux passages successifs, on obtient un lit de semence très correct.

Cover-crop plus grossier

Le cover-crop en X avec un double rouleau gaufré a travaillé à peine plus profond que le déchaumeur à disques (terrain très sec). La différence se trouve au niveau du tri densimétrique qui n’est pas là avec ce matériel. On obtient donc un profil beaucoup plus grossier avec des résidus mélangés à la terre fine sur tout le profil.

Scalpage en « pattes d’oie »

Le déchaumeur pattes d’oie Köckerling équipé de quatre rangées de dents, un rouleau-lame et une rangée de herses, a été testé selon deux modalités. Une première fois à 15 cm de profondeur en mode préparation de sol et une deuxième fois en mode scalpage. Sur le premier passage, le profil est parfaitement mélangé et les adventices sont détruites. Sur le second passage, on obtient un scalpage régulier sur toute la largeur de l’outil avec des rumex coupés au niveau du collet et sans remonter de pierre. La différence se situe également au niveau de la puissance de traction et de consommation de carburant, et du volume de terre mélangé.

Décompaction  en charrue express

La charrue express 3 m a montré de bonnes dispositions sur sa capacité à décompacter le sol sans avoir un retournement excessif de la matière organique. En préparation de semis, le mélange est homogène et le travail de fissuration, bien visible. Derrière maïs, une fois encore, le passage croisé est beaucoup plus régulier et montre une moindre tendance à l’andainage, qu’en suivant les rangs. Il reste des résidus en surface mais une partie est couverte. Un broyage après moisson aurait surement permis d’améliorer l’enfouissement en surface des résidus. Son point fort réside dans son faible besoin en traction par rapport à une charrue classique et l’absence de lissage en fond de raie.

Charrue déchaumeuse: l’alternative

La charrue déchaumeuse, non présente à cette rencontre, est un outil qui prend de l’ampleur dans les parcs matériels en agriculture biologique. Selon deux participants utilisateurs depuis plusieurs années de ce matériel, l’intérêt est son faible besoin de traction couplé à son débit de chantier. Sa capacité à enfouir les résidus sur une faible couche de terre est aussi très apprécié, ainsi que le travail hors raie qui limite le tassement.
Tous nos remerciements aux Ets Michelet, à MM. Rousseau pour le prêt des parcelles, et MM. Rousseaux et Neel pour leurs mises à disposition de matériels.

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Adrien Normand, Fédération des cuma de la Vienne
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