[Gestion de collectif] Comment intégrer un groupe bio? Réponses «made in Gers», épisode 3

En région Organisation et Management
groupe bio : la cuma de Rozès dans le Gers comprend aujourd'hui un groupe d’adhérents bio.

Eric Encausse, de la cuma de Rozès, présentait comment le groupe a intégré de nouveaux adhérents, en bio en en conventionnel, grâce à une activité de fauchage andainage... qui a depuis déclenché bien d'autres investissements.

14/06/2019 - 18:00

Trois responsables de cuma témoignent de la manière dont ils ont intégré un groupe bio dans leurs effectifs. Entre audace et prudence, ces initiatives ont renforcé l’activité des groupes, y compris celle des adhérents en conventionnel. Aujourd’hui, épisode 3, avec Eric Encausse, de la cuma de Rozès.

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La démarche est assumée: «La cuma de Rozès est une petite cuma de 22 adhérents, assez dynamique», a expliqué Eric Encausse lors de l’AG de la fédération des cuma du Gers.

«Nous avons toujours eu des projets assez innovants comme notre aire de lavage, nous avons été les premiers à en créer une avec un phytobac», a-t-il souligné, «ce qui nous a permis d’intégrer de nouveaux adhérents.»

«Pour poursuivre dans cette veine, avec le président, nous cherchions depuis 2 ans un outil qui serve à la fois aux bio et aux conventionnels. Nous sommes dans un secteur dans lequel il existe quelques cultures spécialisées, nous cherchions un outil qui pourrait nous rassembler», précisait-il.

Se forme le projet d’une faucheuse andaineuse. «Nous étions au départ quatre adhérents intéressés pour une centaine d’hectares.» Un début modeste. Au cours de l’hiver 2017, le petit groupe se met en chasse d’une machine d’occasion et trouve son bonheur dans le Lot, avec une petite machine dotée d’une coupe de 3,60m.

«Il s’agissait d’une machine qui travaillait sur des graines de carotte. Nous avons posé une coupe de type Schumacher, adaptable à tous type de cultures, ce qui a permis de doubler le débit de chantier.»

Cette première campagne permet de faucher du colza semence, du sarrasin, des lentilles, du trèfle violet et de la luzerne, en conventionnel et en bio. L’année prochaine sont aussi prévus pois chiches et céréales à paille. L’étroitesse de la coupe permet aux andains de sécher parfaitement, le rendu en trémie est très propre.

Triplement de la surface engagée

Puis le groupe démarche les adhérents de la cuma et les voisins, dont certains ont recourent pour ce service à des entreprises de travaux agricoles locales.

«Nous nous sommes retrouvés, après cette première réunion, avec 330ha engagés et signés! Une demi-douzaine de nouveaux adhérents sont entrés à la cuma par ce biais, c’est une très grande satisfaction», a souligné Eric Encausse. Parmi ces adhérents, un groupe d’agriculteurs bio.

Ces nouveaux adhérents accèdent à un service à un coût trois fois moindre que ce qu’ils payaient auparavant, d’autant plus que l’augmentation des surfaces engagées fait fondre le tarif: «Nous étions partis sur un tarif de 30€/ha engagé. Avec les 120 effectués lors de la première campagne, ce tarif a été révisé à 22€», précise Eric Encausse.

Autre effet bénéfique: l’intégration de ce groupe d’agriculteurs bio impulse de nouveaux investissements, qui profitent à tous les adhérents: une houe rotative, un déchaumeur et un vibroculteur supplémentaires qui viennent doubler l’existant. Même configuration au niveau de la traction, avec l’achat d’une deuxième tracteur fin 2018.

A noter: la fdcuma du Gers organise vendredi 21 juin 2019 une démonstration « Chaîne de récolte innovante en grandes cultures – récolte au pick-up »


A lire également : « [Gestion de collectif] Un «groupe bio» en cuma? Réponses ‘made in Gers’ épisode 1 »

et « [Gestion de collectif] Un groupe bio en cuma? Réponses «made in Gers», épisode 2« 

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