Les atouts des haies

Elément structurant de nos systèmes agricoles, la haie est un atout pour les aider à faire face au changement climatique.

Un bon brise vent diminue de 50 à 75% la vitesse du vent, sur une zone représentant 5 à 7 fois la hauteur de la haie.

C’est bien connu, les haies ont de multiples atouts. Réservoir de biodiversité (et donc d’auxiliaires de cultures), barrière face à l’érosion et au ruissellement, elles offrent aussi une protection contre le vent… Et alors que le climat change, leur intérêt se renforce. En effet, les arguments intrinsèques de la haie vont se révéler très intéressants avec des tempêtes, des épisodes pluvieux et de sècheresse plus intenses et plus fréquents.

Lutte contre l’érosion

En agissant sur le ruissellement, l’infiltration de l’eau, la puissance des crues… La haie permet de lutter contre l’érosion. En effet, elle freine le ruissellement de l’eau de pluie. Ainsi, elle stocke la terre en amont et limite l’érosion superficielle des sols en aval.

La présence de haies favorise aussi un étalement des crues et concourt à limiter leur force érosive. La haie augmente enfin les possibilités d’infiltration sur une large bande, au-delà de sa seule surface.

La structure du réseau de haies est très importante pour qu’elles jouent bien ce rôle. Il faut que la densité de haies soit suffisamment importante, qu’elles soient disposées selon les courbes de niveaux (perpendiculairement à la pente) et implantées sur un talus.

Rôle de brise vent

Pour un effet brise vent efficace, il faut une haie semi-perméable, avec une association d’arbres de haut jet et d’essences de taille moyenne ou basse. La zone protégée du vent s’établira alors sur une hauteur équivalente à 12 à 15 fois la hauteur de la haie voire jusqu’à 20 fois, ce qui peut représenter plus de 150 m.

Economie d’eau et rendement accru

L’effet brise-vent peut réduire le risque de verse des céréales ou la chute des fruits. Il va aussi permettre d’améliorer l’efficacité de l’irrigation. L’évapo-transpiration des plantes ainsi abritées va aussi être réduite. C’est ainsi que les cultures affichent des besoins en eau moindres.

Les productions fourragères des prairies vont aussi bénéficier d’une incidence positive de l’effet brise-vent. On constate un ralentissement du dessèchement de l’herbe et une activité photosynthétique plus importante.

Une amélioration du rendement est souvent constatée sur la zone protégée du vent (sur une distance de 10 à 15 fois la hauteur de la haie). Ceci compense largement la perte constatée sur l’équivalent d’une hauteur de haie. L’effet sur le rendement est plus visible sur les mauvaises terres. Globalement, les différentes études réalisées dans le monde entier montrent une amélioration du rendement de 5 à 30%.

Création d’un micro-climat bénéfique

La haie projette une zone d’ombre mais réfléchit aussi les rayons du soleil sur le sol. L’effet des zones d’ombres et de réflexion, combiné à celui sur le bilan hydrique et au brise-vent, va engendrer des températures différentes selon les endroits et selon les périodes de la journée.

Globalement, si les distances entre les haies sont au moins de 10 fois la hauteur des arbres, la température moyenne est sensiblement plus élevée. Cela va induire une précocité d’une à deux semaines pour les grandes cultures et une période de végétation plus longue.

En conclusion, il faut souligner que l’effet de la haie sera d’autant plus marqué que les conditions pédoclimatiques sont difficiles (sécheresse, vent…). Ainsi, avec les prévisions des climatologues, son rôle sera important pour tamponner les effets liés au changement climatique. 

Source : Les haies rurales, Fabien Liagre, Editions France Agricole (2006).

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Le bois énergie

… Ou comment exploiter et valoriser localement ses haies. En plus de ces bénéfices, la haie peut aussi devenir une véritable production !

L’entretien régulier (tous les 12-15 ans) des haies par recépage permet de produire du bois qui, après déchiquetage par les cuma départementales, peut être commercialisé via des filières locales. Dans toute la Normandie, des structures d’approvisionnement locales achètent le bois déchiqueté aux agriculteurs et fournissent des collectivités (communes, parcs naturels, conseil départemental…).

Dans l’Orne par exemple, la cuma Innov’61 possède deux déchiqueteuses à grappin et un coupeur abatteur. Ainsi, abattage et déchiquetage sont entièrement mécanisés.

Pour plus d’informations sur le site haienergienormandie.cuma.fr.

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