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[Moissons 2022] « On aurait dû moissonner pendant les fortes chaleurs… »

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[Moissons 2022] « On aurait dû moissonner pendant les fortes chaleurs… »

Des dévers qui vont jusqu'à 31% sur le territoire de la cuma St-Araille.

Les très fortes chaleurs de la mi-juin ont été suivies de précipitations, parfois fortes. Certains agriculteurs du Sud-Ouest qui ont été (à peu près) épargnés par les aléas, mais qui n'ont pas tout ramassé, craignent une dégradation de la qualité des grains. Et rongent leur frein pour les moissons.

Les moissons ne sont jamais de tout repos. Chez Stéphane Pavan, à la cuma de l’Escut dans le Gers, les petites surfaces en colza et orges ont été récoltées. « Sur les 18ha de colza, on est à 32 quintaux par hectare, c’est conforme aux rendements habituels. Sur les orges, c’est bas (20 quintaux), mais il n’attendait pas plus sur ces surfaces ».

Moissons de blé en attente à la cuma de l’Escut

Le Gersois se fait davantage de souci pour les blés (tendres): « seuls 20% ont été ramassés à aujourd’hui, sur nos 200ha ».

Les premières parcelles ont permis d’obtenir des rendements corrects, à 55 quintaux de moyenne, des PS à 83 et un taux de protéine à 14.

« Par contre, les rendements en bio sont plus bas que la moyenne, entre 25 et 28 quintaux, avec des PS entre 80 et 83 et des protéines  à 12, » note M. Pavan.

La suite est plus hasardeuse pour les moissons du reste des surfaces en blé et triticale.

« Pendant les fortes chaleurs, on a évité de moissonner pour éviter tout risque d’incendie, » note-t-il.

Et de détailler: « après 42°C la semaine dernière, il fait froid avec du crachin. On a eu des orages, on a une perturbation qui traîne, avec de petites pluies. Il fait gris, rien ne sèche. On va perdre au niveau des poids spécifiques. Sur les blés améliorants, je suis persuadé qu’on va avoir de la germination », prédit-il.

Moissons de céréales: entre 20 à 25% de pertes à la cuma de la Lieuze

Chez Didier Villemur, de la cuma Gersoise la Lieuze, la pluie a été bien reçue: « on a eu un épisode à 30mm, et heureusement! Ca va faire du bien aux cultures d’automne. Ce qui nous a fait mal, c’est davantage les 36°C du mois de mai, à la fécondation des cultures. »

Le Massey Ferguson 7360 de la cuma de la Lieuze n’a pour le moment pu récolter qu’une petite moitié des surfaces.

« Les colzas bio ont été très mauvais. On est à peine à 5 quintaux par hectare pour les lentilles, soit deux fois moins que d’habitude, » note Didier Villemur.

« Au global, on a cette année une perte de rendement de 20 à 25% par rapport à nos rendements habituels en céréales, » évalue-t-il.

« En blé dur bio, on a atteint 22 quintaux avec une qualité correcte. En conventionnel, on se situe entre 42 et 52 quintaux l’hectare, alors qu’habituellement on est autour de 60. »

Moissons: satisfaction à la cuma des Granges

Chez Sébastien Guiraud, de la cuma des Granges, dans le Tarn-et-Garonne, l’heure est plutôt à la satisfaction. « Il nous reste une petite quinzaine d’hectares à récolter », calcule-t-il.

Le chauffeur de la cuma fait évoluer la Claas Lexion Montana 630, avec pont arrière, sur 420ha par an, dont 160ha de blé tendre.

Le reste est plutôt récolté à l’automne (beaucoup de tournesol cette année, du soja, du maïs conso).

« On est satisfait de ce qu’on a récolté jusqu’à présent. On est passé entre les gros aléas -orange, grêle…- même si les 15mm tombés il y a quelques jours nous ont arrêtés. Les rendements s’étalent de 30 à 70 quintaux, avec des poids spécifiques corrects. »

« Les petits rendements ont classiquement fait de belles protéines, » souligne Sébastien Guiraud.

« Les blés précoces, ceux qui avaient fleuri avant la sécheresse printanière, s’en sont mieux sortis », constate-t-il.

« Mais ce sont surtout les excès d’eau de l’automne qui ont posé problème à certains. Nos rendements les plus bas sont issus de parcelles en semis direct. Les conditions de semis étaient pourtant excellentes, mais l’excès d’eau a dû jouer. »

A Saint-Araille, les blés durs sont magnifiques, mais les grains petits

Sur les 520ha récoltables cet été, Didier Dufrechou, de la cuma de St-Araille en Haute-Garonne, indique qu’une moitié a été ramassée.

« En colza et orges, ça été très moyen. En colza, on obtient entre 25 et 35 quintaux, l’an passé on faisait plutôt entre 35 et 40. Beaucoup d’hétérogénéité en orges également. Sur nos 77ha, ça s’étale de 45 à 60 quintaux, en fonction de l’exposition et du type de sol. On aurait pris de l’eau en mai, on aurait de très, très bonnes récoltes… »

Sur les 117ha de blé dur emblavés, la quasi-totalité a été récoltée, avec là encore un large spectre de résultats, « de 45 à 65 quintaux, pourtant ils ont été semés pareil, menés pareil! La qualité est très bonne par contre, ils sont magnifiques même si les grains sont très petits. Sur mes parcelles j’ai quand même de la catégorie 1, avec des PS de 78-80. »

« On a commencé les autres blé, et là encore, beaucoup d’hétérogénéité. Le 23 juin au soir, on s’est pris la grêle. Notre secteur a été impacté, un peu mais moins qu’à Rieumes. Là-bas, les experts étaient sur place ce matin, on a du maïs avec de gros dégâts, estimés à 95%. Moi j’ai 5ha de blé là-bas qui ont été estimés à 70-80%. »

« Ici on devrait être entre 10 et 30%. On est assurés, mais pas au prix qu’il vaut en ce moment. Il ne reste plus qu’à espérer qu’il en reste assez au champ pour compenser… »

Lire le dossier d’Entraid consacré à la récolte des céréales 2022.