Pérenniser les cuma pour maintenir les exploitations dans le Tarn-et-Garonne

En région
Le nombre de cuma devrait diminuer, mais pas forcément le dynamisme du réseau.

La fédération des cuma du Tarn-et-Gatonne, outre le traditionnel Challenge cuma, a fait témoigner des responsables sur leurs actions et visions des groupes pour l'avenir.

01/02/2019 - 18:00

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Les réunions de secteur ont permis de poser 4 questions aux responsables et adhérents participants, remises sur la table lors de l’Assemblée générale des cuma du Tarn-et-Garonne : Demain, quel sera l’intérêt du collectif ? Quelle seront les activités des cuma ? Qui les fera vivre? Qu’êtes-vous prêts à faire aujourd’hui pour contenir la diminution du nombre d’adhérents ?

Collectif ou pas ?

Les répondants se sont déclarés attachés à la proximité, la disponibilité des matériels, la possibilité d’accéder de la main d’œuvre et l’accès à l’innovation que permettent les Cuma.

Quelles activités ?

Les répondants ont plutôt mis en avant une demande de disponibilité des matériels que de compétitivité (prix de revient), en envisageant de grosses exploitations nécessitant des matériels en appoint. L’innovation leur semble être une piste à creuser encore, avec par exemple la création de réseaux de sondes météo ou hygrométrique en commun. Dernier point : le développement de l’emploi partagé en Cuma semble évident, sous une multitude de formes possibles.

Quelle gouvernance ?

Les petites Cuma devraient être amenées à se regrouper pour augmenter le nombre d’adhérents et donc mécaniquement le pool de responsables potentiels. Les Cuma plus importantes devraient se doter de salariés de direction.

Recruter de nouveaux adhérents ?

Il ressort de cette consultation un fort besoin de communication entre cuma voisines et même au sein des cuma, pour connaître les besoins et projets des uns et des autres, et s’y rattacher.

La fédération a ensuite donné la parole à trois exploitants, à son président, ainsi qu’à celui de la fédération voisine des cuma du Lot, pour esquisser des pistes d’action concrètes. Le reste de cette séquence, très dense, a permis de faire le point sur les activités en cours et de présenter des dispositifs destinés à faciliter le quotidien des responsables de Cuma, Karnott* et votremachine.com** en tête.

*Karnott, dispositif connecté de mesure de l’activité des matériels (mesure, suivi, facturation)

** votremachine.com : plateforme de location de matériels entre particuliers et entre cuma

 

Frédéric Raffy : « Reprendre les rênes de nos exploitations, faire vivre nos territoires », Cuma de la Séoune

« Je me suis installé en hors-cadre en 1996. J’ai tout de suite adhéré à la Cuma car je n’avais pas de matériels. Je me suis ensuite lancé dans le tabac. Le groupe m’a soutenu au niveau technique et moral.  L’avenir de nos exploitations ne passe pas forcément pas nos enfants.  La Cuma est donc un outil de transmission très important. Ce n’est pas le seul, mais c’est le seul gratuit.

Partager du matériel, on sait le faire. Par contre, il y a des contraintes auxquelles le maillage des Cuma pourrait nous permettre de répondre. Des stations météos locales, ou des compétences pour la gestion de la Pac, de l’appui technique par exemple. A un moment donné, il va nous falloir reprendre les rênes de nos exploitations, avoir la capacité de se donner les orientations. Les petites Cuma ne peuvent pas le faire seules, mais elles peuvent s’associer pour cela, tout en gardant la gouvernance locale. Cela permettrait aussi aux Cuma de contribuer à faire vivre nos territoires. A condition de trouver des personnes polyvalentes. »

 

Jérémy Fraysse, « Optimiser le parc, être très efficace », Cuma de Bioule et de St Cirq

« La Cuma me permet d’optimiser le parc, de travailler efficacement (par exemple avec des outils larges) et de ne pas garder des outils dont on ne se sert que ponctuellement. Nous avons créé un groupe pour le semis direct. Nous totalisions une centaine d’hectares, au final l’outil devrait travailler sur plus de 300ha. Nous avons aujourd’hui un semoir de SD neuf, fiable, très équipé, avec lequel on peut semer plusieurs espèces et fertiliser pour 25€/ha. Le groupe comprend des profils d’agriculteurs très différents de tous les âges. On s’est lancé dans cette technique à 10. Nous avons partagé nos expériences et nos formations.  En 2 ans, nous avons beaucoup appris, ce qui nous a permis de nous lancer rapidement. Nous avons aussi recommencé à nous réunir. Et les éleveurs, avec la sécheresse, ont souhaité refaire leurs prairies, mais il fallait attaquer les couverts et le blé, le tout en un mois. Nous avons pu le faire grâce à de l’entraide et de l’efficacité.  On envisage aujourd’hui une banque de travail pour permettre aux éleveurs de s’occuper de leurs bêtes. »

 

Christophe Sicart, « donner lisibilité et flexibilité, abandonner les engagements », cuma de Saint-Julien.

« Nous travaillons en équipe avec le trésorier, le vice-président et le responsable des tracteurs. Nous avons souhaité donner de la flexibilité par rapport aux engagements et de la lisibilité sur les prix aux adhérents. C’est-à-dire un prix fixe pour la durée de l’amortissement des matériels, et abandonner les engagements. Nous avons tenté le coup sur nos deux tracteurs. Priorité est données aux parts sociales (20%) et ensuite, c’est flexible. Celui qui se sert du tracteur 10h paie 10h et celui qui ne s’en sert pas ne paie pas. C’est une innovation qui a fonctionné.  La gestion des créances est simplifiée, d’ailleurs nous en avons peu : l’adhérent ne peut pas trouver moins cher. Nous ne lançons pas d’activité si elle ne nous permet pas d’entre 30% moins cher qu’une entreprise. Pour la suite, nous envisageons d’embaucher un deuxième salarié à plein temps, pour développer le service complet. »

 

Le mot des présidents

Jean-Jacques Baravalle, président de la fdcuma82 : les nouveaux installés créent une mutitudes de noveaux ateliers. Cela renforce le besoins en emplois. Le souci aujourd’hui, c’est d’arriver à trouver des salariés ; nous devons réaliser un énorme travail, à nous tous, pour renforcer l’attrait de nos métiers.  Il faut occuper le terrain, comme peuvent le faire les Cuma, pour contrer l’agribashing. »

 

Philippe Rauly, président de la fdcuma46 : « Nous devons être capables de garder des exploitations à taille humaine, à côté des grandes exploitations. S’agrandir c’est souvent se couper du monde en s’immergeant dans le travail. Si nous voulons installer, il faut notamment pouvoir avoir une vie sociale, donc de l’entraide et des revenus en diminuant les charges. Les Cuma peuvent jouer un rôle à tous ces niveaux.

Le Challenge cuma permet de récompenser les cuma les plus dynamiques.

Un groupe d’agriculteurs récompensés pour leur dynamisme dans le Tarn-et-Garonne.

L’assemblée générale a aussi été l’occasion de remettre le Challenge cuma, soutenu financièrement par le Crédit agricole :

  • Cuma de Saint-Julien : Mutualisation de l’activité « vendange »
  • Cuma du Pountarras: installation et adhésion de 4 nouveaux adhérents.
  • Cuma des Granges: achat d’un semoir de semis direct, d’une houe rotative et d’une herse-étrille
  • Cuma de Saint-Circq: redynamisation de la cuma par l’achat d’un semoir de semis direct
  • Cuma de Monclar de Quercy: investissement dasn un enjambeur et une planteuse à betteraves
  • Cuma du Lendou: création d’une activité de semis simplifié
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