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La délégation dans tous ses états

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La délégation dans tous ses états

Vincent Picot, éleveur et producteur d'énergie en Normandie. (© Elodie Joubre, Chambre d'agriculture Normandie)

Producteur d’énergie, avec des panneaux photovoltaïques depuis 2010 et un méthaniseur depuis cette année, et éleveur laitier, Vincent Picot fait le point sur la délégation du travail sur son exploitation.

«J’aime bien toucher à tout.  Mais je suis prêt à déléguer si le travail est fait par des personnes compétentes et dans de bonnes conditions.» Vincent Picot est éleveur laitier (500.000l) et énergiculteur à Mesnil-au-Val (50). Dans le cadre d’un travail régional sur la délégation en production agricole, il partage son expérience, riche en la matière. «Actuellement j’emploie une personne à mi-temps. Elle s’occupe d’une partie de la surveillance et des soins des vaches et génisses.» L’éleveur a récemment simplifié l’astreinte liée à l’alimentation. Il a acheté une désileuse, tandis qu’il délègue également la traite à…un robot !

L’exploitation valorise de multiples partenaires

En dehors aussi d’un tracteur de 90ch, d’un télescopique ou encore d’une remorque, Vincent Picot compte sur la cuma pour la plupart du matériel. Il y trouve notamment son tracteur de tête de 135ch. La cuma fournit également un groupe de fauche grande largeur. «Je délègue à une ETA les chantiers de récolte (autochargeuse, ensileuse) et d’épandage. Je fais aussi appel au service de remplacement pour une vingtaine de jours par an.»

Avec la mise en route de l’unité de méthanisation, des nouvelles tâches sont à assurer. L’agriculteur envisage d’allonger la liste des travaux qu’il est prêt à faire faire. «Le chargement du méthaniseur, la conduite du tracteur par exemple pour la fauche, l’entretien du matériel et l’alimentation des animaux sont des tâches que j’envisage de déléguer à moyen terme en embauchant», explique-t-il. L’épandage de digestat solide fait partie des exemples. Il y pose une condition: «que le matériel de l’ETA ou la cuma soit adapté.» L’éleveur conclut enfin: «pour moi, le suivi du robot et le contrôle de la production de lait sont aussi délégables.»

Le chef d’entreprise fait ses choix

À l’inverse, il y a des missions qu’il se voit mal confier à d’autres. «Les traitements phytosanitaires doivent être faits tôt le matin ou tard le soir si l’on veut utiliser des faibles doses. Aujourd’hui, j’aurais du mal à déléguer ce chantier.» Vincent évoque également des outils techniques tels que le strip-till ou le semoir de semis direct. Il conclut par le méthaniseur. Cet atelier de production a démarré cette année. Il n’en délèguera pas son suivi technique et administratif. L’agriculteur justifie qu’il entend ainsi conserver «la pleine responsabilité de son pilotage.»

Le témoin se montre conscient de l’enjeu du facteur travail sur son entreprise. «Actuellement le temps de mon salarié est saturé. Je réfléchis à la création d’un emploi partagé. Plusieurs pistes sont possibles. Je dois mûrir la réflexion, chiffrer les besoins en temps. Je dois aussi regarder leur répartition sur l’année. Les finances vont donner le tempo. En effet, il faut s’engager dans la durée, sur un projet cohérent.»

Pour plus d’information sur la délégation, un webinaire est prévu le 10 décembre.

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