Semis, rotation, désherbage : comment se lancer dans la lentille ?

Avant de démarrer la campagne lentille, il est nécessaire de faire un point complet sur les exigences de cette culture

Selon les conditions climatiques, la levée de la lentille peut être relativement longue. (Photo : Terres Inovia)

Place à la préparation de la campagne lentille ! En effet, elle démarre pour la majorité des secteurs à partir de début mars avec les premiers semis. Avant d’engager des surfaces, un accord entre un acheteur et un fournisseur est indispensable. Notamment pour définir des clauses de mise en marché, rappelle Terres Inovia.

Se lancer dans la lentille : bien choisir la parcelle

La lentille valorisera des types de sols variés (argilo-calcaires superficiels, sols volcaniques…). Attention cependant aux sols hydromorphes ou des sols très séchants en raison de la sensibilité de la culture aux excès d’eau et au stress hydrique en fin de cycle.

De même, des sols à grosse réserve utile favoriseront un développement végétatif exubérant au détriment du rendement. Les sols trop caillouteux seront aussi à éviter pour faciliter la récolte. Car la lentille a une tendance à la verse en fin de cycle.

Pas d’adventices difficiles

Il est conseillé de privilégier les parcelles sans flore adventice difficile (datura, morelle, ambroisie, bleuet, ortie royale). Autre point d’attention particulier : le retour de la lentille dans les parcelles. En effet, cette culture se montre sensible à Aphanomycès euteiches et autres pathogènes telluriques (fusarium, pythium). Ils conduisent à la mort des plantes par destruction du système racinaire (nécroses des racines).

Ainsi, il faut un délai de retour d’au moins 5 ans entre deux lentilles. De même, en cas de présence d’autres cultures sensibles à ces pathogènes dans votre rotation (pois, luzerne, gesse…), on préconise aussi un délai de 5 ans entre ces cultures. En outre, il existe un test pour déterminer le potentiel infectieux des parcelles (en savoir plus sur le site internet Terres Inovia, culture Lentille/maladies).

Reprise des sols : vérifiez le ressuyage

Avant d’intervenir, on recommande de vérifier (avec une bêche) la profondeur réellement ressuyée. Il faudra alors adapter la profondeur de travail à cette observation. En particulier, on limitera le travail à la zone ressuyée, aller au-delà provoquerait la création de mottes défavorables à la levée.

Optez pour un outil à dents léger type « vibroculteur » ou herse plate et éviter les outils à disques. La préparation d’un lit de semence aéré et meuble sur les 15 premiers cm est un facteur important pour une bonne implantation de la lentille. En effet, la culture possède un système racinaire fasciculé peu puissant : un travail du sol adéquat permettra une exploration racinaire favorable à une bonne alimentation hydrique lors des périodes plus sèches au cours du cycle.

Se lancer dans la lentille : semer dans de bonnes conditions de température et de ressuyage

La période de semis globale varie de mi-février dans les bassins les plus précoces (Ouest Atlantique) à mi-avril (Centre-Val de Loire) en fonction des conditions météo. Lorsque les conditions climatiques ne sont pas réunies, il est préférable de reporter le semis. Pour implanter la culture dans une parcelle ressuyée et suffisamment réchauffée. Et ce, afin d’éviter les tassements de sols délétères pour la culture. Pour favoriser une germination rapide, il faut une température du sol, à la profondeur de semis, supérieure à 6°C.

A lire : Compaction des sols : l’identifier et la comprendre pour l’éviter.

Pour rappel, en 2020, l’implantation a été particulièrement difficile avec une longue période de sécheresse suite aux semis : jusqu’à trois semaines sans pluies ont été observées selon les secteurs. Ces conditions sèches ont grandement impacté le développement de la lentille par la suite. Il faut donc également être attentifs aux périodes de sec lors de l’implantation de la culture. Semer entre 2 et 3 cm de profondeur avec un semoir à céréales et viser 220-250 plantes/m² levées. Attention à ne pas réaliser un semis trop dense pour ne pas favoriser le développement des maladies en végétation ou de verse en fin de cycle. Précision : en agriculture biologique, il y a une majoration des densités de semis (+10 et +30%). Afin d’assurer une gestion du salissement de la parcelle jugée « acceptable ».

Un écartement entre 12 et 17cm sera optimal pour éviter un trop grand salissement de la parcelle. En cas de présence de cailloux, un roulage des parcelles post-semis est recommandé pour niveler le sol.

Un programme de désherbage ajusté à la flore adventice

La lentille se développe lentement en première partie de cycle, jusqu’au début de la floraison. Ce qui est propice à l’enherbement de l’entre-rang. Compte-tenu des solutions disponibles, une stratégie à base d’herbicides de prélevée est fortement recommandée pour assurer une efficacité acceptable.

Selon les conditions climatiques, la levée de la lentille peut être relativement longue. Il est conseillé de ne plus appliquer d’herbicides dans les quelques jours qui précèdent la levée afin d’éviter tout risque de phytotoxicité.

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