Amortissement: rester cohérent avec la valeur réelle des machines

En Haute-Marne, la cuma d’Esnoms-au-Val regroupe deux sections moissonneuse-batteuse pour un total de 11 adhérents. Les chantiers sont basés sur l’entraide et les moissonneuses sont amorties sur quinze ans. Présentation et explications.

Yoann Joly (adhérent utilisateur de la New Holland CR7.90) et Lenaïc Moilleron (président de la cuma d’Esnoms Au Val).

Comment piloter l’amortissement d’une moissonneuse-batteuse? Créée en 1952, la cuma d’Esnoms-au-Val regroupe aujourd’hui 49 adhérents au sud de Langres pour un chiffre d’affaires d’environ 200k€. Les activités du groupe sont diversifiées et vont du travail du sol à la récolte, en passant par le semis (deux semoirs TCS), du transport de vrac et d’animaux, ou encore de l’ensilage. Les adhérents sont principalement des polyculteurs-éleveurs.

«Historiquement, tout le monde avait sa petite batteuse dans le secteur», explique Lenaïc Moilleron, président de la cuma d’Esnoms-au-Val. «Mais avec l’augmentation des prix des matériels, les agriculteurs se sont regroupés. C’est aussi plus simple, d’un point de vue logistique, de travailler ensemble sur les chantiers de récolte. Il y a dans le secteur un fort esprit d’entraide.»

Une machine à secoueurs et une à rotor

En 2008, la cuma investit dans une première moissonneuse-batteuse de marque Claas. Puis, à partir de 2013, le groupe achète une seconde machine et repose sur deux sous-sections moissonneuse. Ainsi, aujourd’hui la cuma d’Esnoms-au-Val possède deux moissonneuses-batteuses, toutes deux achetées en 2017 avec des barres de coupe de 7,50m. D’une part une machine à secoueurs, une Claas Lexion 670 Montana qui tournent en moyenne 107 heures chaque année pour sept adhérents. Et d’autre part une machine à rotor, une New Holland CR7.90, qui réalise 123h/an chez quatre adhérents.

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«Chaque groupe est indépendant dans ses organisations de chantier», précise Yoann Joly, adhérent et utilisateurs de la New Holland, «mais si le besoin se présentait, un groupe pourrait tout à fait aider l’autre». Chaque moissonneuse est conduite par un ou deux chauffeurs. «Les petits utilisateurs ne conduisent pas». En général, elle est accompagnée par deux à trois bennes sur les chantiers.

Des débits de chantier limité par la taille des parcelles

«Tout est basé sur l’entraide et la bonne entente au sein de la cuma. Nous ne comptons pas les heures. Au total, nous avons chaque année environ 700 ha à battre, mais il y a beaucoup de petites parcelles. Et même si tous les adhérents sont dans un rayon de 10km, on passe du temps à atteler et dételer la barre de coupe.» De plus, le groupe a fait le choix de vidanger la batteuse à l’arrêt, en bout de champ. «Nous sommes plusieurs adhérents engagés dans une démarche TCS. C’est un choix pour préserver les sols. On ne veut pas de bennes roulantes dans les parcelles.»

Au final, le débit de chantier moyen varie de 2,5 à 3ha/h. Les machines de la cuma d’Esnoms-au-Val récoltent du colza, du blé, de l’orge, des pois et un peu de féveroles. Les deux sous-groupes ont également retenu des machines différentes. L’un a souhaité privilégier le débit de chantier et la qualité du grain et a opté pour une batteuse à rotor, tandis que l’autre, «un peu plus juste en termes de quantité de paille disponible», a préféré opter pour une machine conventionnelle à secoueurs.

À noter, certains utilisateurs de la Claas ont des parcelles en dévers, la cuma a donc investi dans une version Montana. Toutefois, la cuma applique un tarif unique aux différents adhérents: 170€/h de battage, carburant compris mais sans chauffeur. La conduite étant gérée en entraide.

A lire: Faut-il investir dans des chenilles pour sa moissonneuse-batteuse?

Maintenir des charges d’amortissement moissonneuse batteuse faibles

Par ailleurs, la cuma d’Esnoms-au-Val a choisi d’amortir ses moissonneuses-batteuses sur quinze ans. «L’objectif est de tenir compte de la valeur réelle des machines», explique Yoann Joly, «nos machines font peu d’heures et les prix du neuf augmentent très vite». En effet, le groupe a payé, en 2017, sa New Holland CR7.90 235.000 € (sans programme d’entretien ni extension de garantie) et la Claas Lexion 670 Montana 253.000 € (sans programme d’entretien ni extension de garantie).

«Aujourd’hui, le prix du neuf des modèles équivalent avoisine les 300.000 €. Nos machines ont donc encore beaucoup de valeur après 10 campagnes. C’est une stratégie cohérente avec les valeurs réelles des moissonneuses-batteuses. Nous souhaitons conserver des charges d’amortissement de moissonneuse-batteuse faibles et avoir un prix adhérent intéressant.»


RAYONS X

Cet article et ses données sont issus d’un travail d’enquête et d’étude économique publié dans l’univers Rayons X en Octobre 2021. Quatre moissonneuses-batteuses sont passées au scanner économique de la rédaction d’Entraid.

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