5 solutions concrètes pour faire face aux impayés

Dans les réunions de secteur cet hiver, c’est LE sujet : les impayés. Ristournes, menaces, café, brioche : voici quelques techniques « essayées et approuvées » au sein des groupes.

Les impayés: un problème évoqué à de nombreuses reprises lors des réunions de secteur de l'hiver 2015.

1 – La carotte…

Pour accélérer les paiements, de plus en plus de cuma mettent en place des « ristournes » pour les paiements anticipés. « Si l’adhérent paie au 1er janvier, il a 3% en moins sur l’année. Et inversement, si le paiement intervient après le 1er avril, il se prend 3% en plus », détaille le trésorier de la Cuma d’Auty Saint-Vincent dans le Tarn-et-Garonne. A la Cuma du Plateau d’Almont en Aveyron, cette ristourne atteint 5%, explique Jean-Luc Rouquette, trésorier : « Cette remise porte sur le montant annuel de la facture. Les 5% sont déduits sur le montant de la facture de l’année suivante. La Cuma est dotée d’une trésorerie solide, c’est ce qui nous permis de le faire. »

2 – … et les bâtons

Les ristournes : un gain de « fluidité » dans la compta non-négligeable, mais pas toujours miraculeux : « ceux qui ne font pas cet effort ne le peuvent tout simplement pas », précise Jean-Luc Rouquette. Une analyse pas toujours partagée (et fonction, sans doute, des contextes locaux), tel ce président, pour qui : « les factures des Cuma font rarement partie des priorités ».

Lui a décidé pour les retardataires de passer à des méthodes plus « musclées » : « au-delà des agios, si l’adhérent a plus d’un an de retard dans le paiement de ses factures, nous le convoquons en bureau et nous le questionnons. Si cela ne fonctionne pas, on se paie sur les parts sociales et on arrête la mise à disposition du matériel.  Souvent, ces adhérents se rendent compte de l’intérêt du matos en commun quand ils ne l’ont plus. Et, chez nous, ils reviennent. » Tout dépend évidemment de la possibilité ou pas pour l’adhérent de trouver d’autres solutions localement.

Cet autre président fait parvenir un courrier « formel et bien tourné » (mais pas en recommandé, précise-t-il), dans lequel il mentionne la possibilité que la cuma fasse appel à une société privée de recouvrement de créances. « Cela fonctionne plutôt bien », apprécie-t-il.

De plus en plus de fédérations de cuma signent d’ailleurs des partenariats avec des sociétés de recouvrement. Des prestations qui ont un coût (lié au recouvrement de la créance et à son montant) mais qui peuvent résoudre les cas les plus épineux.

3 – Des factures comprises et acceptées

« Chez nous, on n’envoie pas de lettre recommandés, c’est pas très gentil. A la place, on vire les retardataires ! » Sous l’humour –un peu grinçant- de ce trésorier, affleure une idée intéressante : « Il est très important que les adhérents acceptent le système de facturation. Pour cela, nous avons ‘dépoussiéré’ notre système : nous avons fait le choix de mettre l’accent plus sur l’utilisation que sur l’engagement. » En d’autres termes, le moins possible de parts fixes.

A Montpouillan, dans le Tarn-et-Garonne, il n’y a pas d’impayé. Zéro. Niente. Pascal Derc, le trésorier, formule la même idée que son collègue : « Ici personne ne négocie rien parce que l’adhérent sait qu’il paie seulement pour l’outil qu’il utilise. Ils me font absolument confiance : je fais la compta outil par outil et les fiches sont renseignées adhérent par adhérent. C’est au boulon près. »

3 – De l’organisation : mettre en place un système graduel

Cuma locales et départementales, deux échelles très différentes pour faire face aux « retards » de paiement. Voici deux exemples de groupes qui ont mis en place un processus complet pour y faire face.

Le point avec Alexis Cantaloube, président de la cuma de Firmi (Aveyron)

 

Et avec Benoît Bonneau, président de la cuma départementale la Périgourdine:

 

4 – Les vertus du petit café

L’administrateur a le sourire jusqu’aux oreilles en racontant cette histoire (vraie) : celle du trésorier de cuma qui va récupérer les impayés armés d’un café et d’une fouace (une brioche aveyronnaise). Chaque semaine. Il y retourne. Il revient. Il s’entête… et ça marche, apparemment. Sortez les thermos.

5 – Le prélèvement automatique

Une méthode simple et efficace, si les adhérents sont d’accord bien entendu.

Le point avec Benoît Olivié, de la cuma d’Auzits, qui a sauté le pas.

 

Pas de miracle : c’est du boulot !

« Notre seul investissement cette année ? Les impayés », résume cette cuma. Voilà : c’est du boulot, mais ça rapporte.  Un travail qui ne souffre pas de relâchement : les situations sont longues (mais pas impossibles) à rattraper.

Aller demander à son voisin/ami/collègue/partenaire de rugby de payer une facture, c’est dur… mais la règle doit exister (dans le règlement intérieur par exemple) et s’appliquer à tous.

Travailler en équipe, c’est mieux, pour éviter de faire du trésorier « l’huissier » ou le « percepteur » de la cuma (voir l’article « Confidences » du numéro de décembre 2015 d’Entraid).

 

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