[Vendanges] Année sans vent, année à mildiou à la Cave Coop de La Redorte

Entretien avec Christophe Estampe, vice-président de la cave coopérative de La Redorte, dans l’Aude, sur le quai de déchargement des vendanges.

A la Cave de La Redorte dans l'Aude, mi-septembre, c'était l'heure du dépôt des vendanges. L'occasion de jeter un coup d'œil à un parc matériel plutôt récent et bien entretenu.

La cave coopérative de La Redorte, dans l’Aude, fédère une quarantaine de viticulteurs qui produisent du raisin pour en faire des vins du Pays d’Oc. Quel visage ont les vendanges 2018 dans cette zone?

Au moment du dépôt des vendanges, tracteurs et bennes attendent sur le quai. C’est le moment de faire le point sur les vendanges 2018 avec Christophe Estampe, le vice-président.

Le président de la Cave-coop de La redorte, dans l'Aude.

Christophe Etampe (photo) est vice-président de la cave coopérative de La Redorte. Il seconde Didier Rey, le président.

«Ce n’est pas une très bonne année, au global. Il y a des parcelles sur le territoire de la Cave coopérative de La Redorte impactées à 100% par le mildiou. Grosso modo, ça va être un problème récurrent chez certains propriétaires qui ont les mêmes soucis chaque année, en fonction de l’environnement pédo-climatique des parcelles.

Et cette année a été particulièrement favorable au mildiou : de la chaleur, de l’humidité, et pas de vent, alors que d’habitude, nous avons de la Tramontane, du vent du Nord, qui assèchent. Donc l’humidité est restée tandis que la végétation s’est énormément développée.

Il nous faut être de plus en plus technique. Savoir observer, rentrer dans les vignes et utiliser des produits efficaces au bon moment. Nous avions certaines marges de manœuvre. Mais parfois, les circonstances s’enchaînent.

La mécanisation du secteur a évolué

Pour ma part, par exemple, j’avais décompacté très profondément certaines parcelles à l’automne et je n’ai pas pu rentrer dedans avec le matériel ensuite. Donc je me suis débrouillé avec un quad et des équipements légers. Mais bon, ça aurait été moins faisable sur 80 ha.

Les exploitations viticoles regroupent, sur ce secteur, 25 ha de parcellaire en moyenne. Nous avons évolué en termes de mécanisation: il y a deux cuma sur notre secteur, la cuma Le Parc et celle de Puychéric. Elles font travailler des machines à vendanger, des épandeurs d’engrais, des tracto-pelles et des mini-pelles pour créer les réseaux d’irrigation.

On est à 90% en plaine, on peut se permettre d’irriguer.»

Le Canal du Midi passe à La Redorte. Quelques touristes américains s’arrêtent sur le quai de dépôt, regardent les bennes décharger du raisin qui disparaît dans les trémies de la cave.

«Nous faisons fait beaucoup de vin de Pays d’Oc», poursuit Christophe Etampe. «On essaie d’optimiser, en travaillant sur une stratégie de volume. Les circuits courts sont dans les têtes, mais ce n’est pas encore le moment. Nous avons trois pépiniéristes à La Redorte. Ce qui permet à la quarantaine d’adhérents de la cave de faire évoluer le vignoble. Le Merlot, planté il y a 30 ou 40 ans, arrive en bout de course. Du coup, nous replantons des cépages plus résistants aux maladies, pour moins traiter. C’est notamment le cas en bord de cours d’eau, auxquels s’appliquent des restrictions de traitement.»

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