Le maraîcher est en cuma

En Loire-Atlantique, Vincent Peynot, maraîcher, exerce son métier grâce au collectif. Il y a une bonne dizaine d’années, il a en effet ouvert la voie à une section spécialisée dans la cuma du Sillon.

Vincent Peynot devant la récolteuse à pommes de terre de la cuma du Sillon.

Elle était orientée vers les grandes cultures et l’élevage. Il s’installait maraîcher. Dès le début, Vincent Peynot s’est pourtant intéressé à la cuma du Sillon, la voyant comme une solution intéressante pour ne pas avoir à acquérir du matériel. En arrivant à Campbon (44), Vincent a été introduit à la coopérative par son cédant, un éleveur laitier. La cuma se donne comme objectif de faciliter toute installation. L’accueil bienveillant qui lui a été réservé a convaincu le maraîcher d’y adhérer.

Adhérer et s’adapter

Pour ses 4ha, Vincent a donc utilisé les matériels de la cuma pour la mise en place de son site de production, site qu’il a adapté à ces outils: Ses parcelles permettent un travail en longueur pour la préparation des mises en culture. Cette configuration est favorable aussi au passage annuel du cultivateur et de la herse rotative.

Pas tout seul en cuma

Il y a six ans, Vincent Peynot et deux autres maraîchers, eux aussi adhérents de leur cuma locale, parlent de partager des outils, puis d’en acheter en commun. Se placer dans une organisation en cuma leur apparaît comme une évidence. C’est une garantie de transparence et de lien social. Ils se tournent vers la cuma du Sillon car elle est centrale géographiquement et est bien organisée avec un atelier et des salariés pour l’entretien du matériel. La réponse est favorable. Le groupe de Campbon devient alors la première cuma de Loire-Atlantique à créer une section maraîchage.

La section rassemble six maraîchers bio. Ils partagent une herse étrille, un pulvérisateur (300l), un atomiseur à dos, une lame souleveuse et une récolteuse à pommes de terre. Pour chaque matériel, un responsable gère le planning. Sachant que la section opère sur un rayon de 25km autour de la cuma, elle a acheté dès le départ un plateau de transport.

Du matériel servi sur un plateau

La cohabitation entre éleveurs et maraîchers n’est pas toujours évidente. Les rythmes de travail sont différents. Pour les maraîchers, il est difficile d’interrompre les chantiers en matinée pour se rendre aux réunions qui démarrent après la traite. Hiver comme été, les récoltes, le suivi des cultures et la vente directe leur laissent globalement peu de temps en journée. Depuis qu’ils sont quatre sur l’exploitation, Vincent a pu se libérer du temps. Il est devenu administrateur à la cuma. En conséquence, il est un lien entre la cuma et la section maraîchage.

Le responsable reconnaît que la coopérative a encore des progrès à faire sur le plan de la communication. Il n’empêche qu’il n’hésiterait à suivre la même voie si l’histoire était à refaire. Au-delà du gain pour les exploitations de ne pas avoir à investir dans du matériel, la cuma est aussi un lieu où les maraîchers peuvent partager leurs expériences et échanger sur leurs pratiques pour progresser.

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