210 000 candidats saisonniers pour le secteur agricole

Le lancement d’une campagne de communication pour mobiliser des saisonniers a rencontré un réel écho avec plus de 210 000 candidats inscrits au 1 er avril sur la plate-forme « desbraspourtonassiette ».

La plate-forme ouverte pour recruter des salariés fonctionne. L’embauche de travailleurs extérieurs permettra, espère-t-on, de faire face aux besoins de main d’œuvre pour les travaux printaniers.

Le Ministre de l’agriculture et les organisations agricoles, s’inquiétaient mi-mars du possible manque de travailleurs saisonniers pour assurer les travaux de printemps : plantation, semis, cueillette, … Leur appel au secours a retenti dans les médias. Au 1 er avril, le nombre d’inscrits sur la plate-forme spécialement dédiée « desbraspourtonassiette » s’élève à 215 000 : 3 200 employeurs et plus de 210 000 candidats. Rappel : le nombre de postes de saisonniers à pourvoir était évalué autour de 45 000 en mars, 80 000 en avril et 80 000 en mai.

Accélérer la mise en relation

La crise nécessite en effet une action rapide pour résoudre le déficit annoncé de main d’œuvre saisonnière. C’est la vocation de la plate-forme électronique hébergée par WiziFarm, en mesure de « matcher » rapidement les profils des candidats inscrits avec les offres d’emplois déposées : « Chaque fois qu’un employeur poste une offre, instantanément la plateforme lui propose des profils triés sur des critères de disponibilités, de localisation, de savoir-faire et de centres d’intérêts. Ils ont alors la possibilité d’entrer en contact via une messagerie interne pour définir les modalités de travail (type de tâches, mesures de protection, horaires, rémunération…). La plateforme est gratuite. » expliquent ses responsables qui travaillent en collaboration avec Pôle emploi, l’ANEFA, la FNSEA et la MSA.

Suppléer aux étrangers bloqués

L’impossibilité pour les travailleurs étrangers, polonais, bulgares, roumains, marocains ou espagnols, d’assurer les saisons comme chaque année, a suscité l’angoisse des producteurs qui voyaient les légumes ou les fruits arriver progressivement à maturité sans l’assurance d’une main d’œuvre disponible pour les récolter !
Une grosse partie des postes proposés ne requiert pas de savoir-faire techniques. Une bonne forme physique et de la rigueur dans l’exécution du travail, sont les principales qualités exigées. ½ journée à 1 journée de formation préparatoire suffisent généralement pour que le travailleur devienne opérationnel. Cueillir des fraises est à la portée d’une grande majorité de candidats par exemple. A contrario, quelques postes sont plus exigeants. Ainsi, postuler pour être tractoriste réclame des compétences. Autre prérequis : le respect des horaires. Une condition indispensable pour garantir une bonne organisation du travail mais pas toujours facile à tenir lorsque par exemple il est demandé parfois d’être présent seulement quelques heures dans la journée. Comme cela peut se passer dans certaines exploitations pour la récolte des asperges.

Au fil des saisons et des débouchés

« Les employeurs sont contraints aussi d’adapter leurs besoins de main d’œuvre en fonction du rythme des saisons liées à la météo » complète Carole Meilleur, responsable communication de WiziFarm, qui invite les candidats inscrits à faire preuve de la patience nécessaire. . . En plus du climat qui détermine le timing des récoltes, les difficultés d’écoulement commercial compliquent aussi les choses. La fermeture des marchés alimentaires décidées unilatéralement par le gouvernement à compromis un temps, l’écoulement local des fruits et légumes. Depuis, les autorités ont revu leur copie en autorisant sous conditions, la réouverture des marchés.

Cumul avec le chômage partiel

La possibilité pour un salarié au chômage partiel de « cumuler son indemnité d’activité partielle avec le salaire de son contrat de travail dans la filière agroalimentaire, sous réserve que son employeur initial lui donne son accord pour respecter un délai de prévenance de 7 jours avant la reprise du travail » a séduit pas mal de candidats. Des jeunes retraités ont aussi manifesté leur intérêt pour ces boulots saisonniers. Aux employeurs d’assurer ensuite des conditions de travail et d’accueil satisfaisantes, voire de logement. Car ce concours exceptionnel d’une main d’œuvre extérieure « … ne saurait justifier des atteintes inacceptables au droit du travail (…) L’attractivité de l’emploi agricole ne sera pas renforcée en légalisant la semaine à 60 h ou en limitant la durée de repos à 9 h » met en garde la Confédération Paysanne qui sur son site, relaie aussi la plate-forme « Covid Entraide France », un réseau de solidarité pour relier les groupes d’entraide locaux et s’auto-organiser face à la pandémie.

Défi alimentaire et sanitaire

Le respect de santé au travail est un défi de premier plan pour les employeurs. C’est pourquoi sur son site internet, la mutualité sociale agricole met à disposition de fiches pratiques sur les mesures sanitaires : https://www.msa.fr/employeur/coronavirus-consignes. La Coordination Rurale suggère même d’aller plus loin en terme de prévention et demande au gouvernement : « qu’il mette en place une politique de dépistage systématique en testant les agriculteurs et toutes les personnes qui seraient amenés à travailler dans les champs afin que cette main-d’œuvre ne soit pas un vecteur de propagation du coronavirus ».

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