Le débit de chantier triple

En avril 2017, une cuma du Maine-et-Loire investissait 39.500€, pour créer une activité, ou plus exactement, la transformer. Le débit de chantier a triplé et ils n’ont plus à conduire. Rencontre.

Les éleveurs de deux cuma, la Pouancéenne et du Semnon disposaient de 3 conditionneuses trainées de 3m. Ils n’en n’ont plus qu’une, en parallèle d’une nouvelle activité en prestation complète avec un groupe 9m (crédit : Pöttinger).

Dans ce secteur entre Mayenne et Maine-et-Loire, les conditions sont plutôt favorables au séchage de l’herbe. Deux groupes locaux ont fait le choix de remplacer des conditionneuses traînées (3m), par un groupe de fauche 9,20m, sans dispositif conditionneur. Trois ans plus tard, Emmanuel Pipard, le président de la cuma la Pouancéenne, ne regrette ni ce choix ni celui d’imposer la prestation complète.

«On voit qu’il faut aller vers ce genre de projets». Avec des matériels performants et une offre de délégation des tâches. Les coopératives sises à Ombrée-d’Anjou (49) et Senonnes (53) n’en sont pas à leur premier renouvellement d’ensileuse utilisée en commun. Leur relation partenariale s’étend donc pleinement à la fauche depuis que la Pouancéenne a investi dans son ensemble Pöttinger.

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Prix de revient moyen du chantier de fauche avec carburant et main d’oeuvre.

Toute la récolte en prestation à la cuma la Pouancéenne

Au-delà de l’attractivité globale de la cuma, l’activité du service de fauche en elle-même a gagné au change. «Y a pas photo!» Selon qu’il a accès à une solution pour faucher lui même à une cadence de 2 ha/h, ou à une autre avec laquelle il n’aura même pas la conduite à assurer, «on ne voit pas les choses du même angle quand on se retrouve devant une vingtaine d’hectares à couper». En parallèle de la structuration de la fauche en prestation, la cuma mayennaise a conservé son outil traîné. Les éleveurs des deux coopératives y ont accès. D’une part, cet investissement était relativement récent. «Et certains éleveurs souhaitent faire eux-mêmes. Enfin, c’est une possibilité utile aussi pour des petits chantiers», justifie Emmanuel Pipard. «Ca peut toujours rendre service.»

Une petite quinzaine d’éleveurs s’est engagée sur le groupe de fauche. Il est proposé en prestation complète obligatoire. Au même titre que pour le combiné d’enrubannage fraîchement arrivé dans le parc local, les responsables ont jugé ce choix préférable. Leur représentant illustre : «Avec le combiné d’enrubannage, il faut savoir raisonner la cadence pour épargner les courroies. Là, c’est un peu pareil.» L’ensemble avance vite. «Il faut penser à lever, faire attention à ne pas prendre de souche…» Et puis, la fauche se fait avec l’assistance du système d’autoguidage du tracteur qu’il faut aussi savoir valoriser.

Un atout qui évite les embouteillages sur l’ensileuse

D’autre part, les dirigeants de cuma ont aussi eu en tête de faire tourner efficacement le matériel. Sans commencer trop tôt par rapport à l’hygrométrie de la végétation récoltée, «on évite de démarrer la fauche trop après 10 heures le matin, ou que le tracteur doive s’arrêter parce qu’il y a une autre urgence à gérer sur l’élevage…» Ce sont autant de handicaps qui pouvaient survenir auparavant et qui s’ajoutaient au débit de chantier limité. «Nous avions une difficulté sur le plan de la disponibilité des conditionneuses. Tout cela y contribuait.» Dans ces conditions, faire du foin devient «assez compliqué», résume rétrospectivement Emmanuel.

Tracteur, carburant et main-d’œuvre compris, «nous sommes à une moyenne de 23€/ha pour la fauche» actuellement. Avant l’investissement du printemps 2017, «nous avions un tarif de 17€/ha, juste pour la faucheuse conditionneuse.» Les cumistes s’étaient fixé l’objectif de rester à moins de 25€/ha. Ou «30€/ha grand maximum.» Ils se sont lancés avec une étude dimensionnée sur 400ha d’activité annuelle. L’attelage en couvre aujourd’hui le double, sans forcer. Pour moitié c’est en amont d’un ensilage. L’autre moitié se récolte en enrubannage ou en foin.

Tout un attirail d’outils complémentaires et efficaces

«On rappelle aux adhérents qu’il faut rouler après le semis. Nous avons ajouté des sabots pour couper à 6 ou 7 cm au moins. Avant nous coupions plus ras et c’était trop, même par rapport à la croissance de l’herbe.» Néanmoins, les cailloux qui menacent l’ensileuse ou la presse enrubanneuse restent un point de vigilance. Malgré quoi, la satisfaction domine. Grâce aux fenêtres météo conciliantes et avec une biomasse rarement trop fournie, «nous faisons plutôt des coupes à 4t/ha», la récolte fourragère se fait sans encombre, en dépit de l’impasse sur le conditionnement.

Lorsqu’il leur faut insister sur le séchage, les éleveurs ne sont pas non plus sans solution. «Nous avons une faneuse 10 m qui est facturée 3 €/ha», soit au même tarif que l’andaineur double rotor. «Donc s’il faut faire un passage supplémentaire, ce n’est pas trop un problème», que ce soit par rapport au temps ou par rapport au coût. «En termes de qualité de fourrage et de conservation nous sommes très satisfaits de ce choix», confie l’éleveur qui s’aventure dans la création d’une gamme de produits laitiers transformés commercialisée en circuits de proximité.

cuma la Pouancéenne

Emmanuel Pipard, président de la cuma la Pouancéenne.

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