Chèvrement mieux!

Après des années de «vaches maigres», les éleveurs caprins dont beaucoup étaient réunis les 23 et 24 novembre derniers au salon à Caprinov (Niort), ont retrouvé le sourire.

L'élevage caprin va mieux après plusieurs années défavorables.

La production caprine est l’une des rares à tirer son épingle du jeu dans la conjoncture agricole actuelle. Les visiteurs, venus en nombre au salon spécialisé Caprinov, ont retrouvé le moral dans leur filière. Celle-ci a longtemps été mise à mal par des cours du lait excessivement déprimés.

35 exploitations à la loupe

Sylvie Enée, du centre de gestion AFAC basé en Charente

Sylvie Enée, du centre de gestion AFAC basé en Charente.

Sylvie Enée du centre de gestion AFAC a présenté les résultats économiques observés sur 35 exploitations picto-charentaises spécialisées ou polyvalentes. Dans l’échantillon étudié, l’effectif moyen était de 295chèvres, soit 129/UMO. Côté produit, les prix du lait en 2015 dépassent de 1,4% ceux de 2015. En parallèle, le niveau des principaux postes de charges (énergie et lubrifiants, aliments achetés, frais généraux) baisse en 2015 par rapport à l’année précédente. Ainsi, les prix des aliments achetés ont diminué de 6,4% en 2015. Conséquence logique de ces ciseaux de prix favorables, l’EBE retrouve des couleurs. La rentabilité mesurée à partir du ratio EBE/produit brut atteint 23% dans les exploitations étudiées. Au final, le revenu disponible dans ces exploitations dont les charges de structure s’élèvent en moyenne à 1.521€/ha, se monte à 15.246€.

Beaucoup de disparités

Mais ces moyennes recouvre pas mal de disparités. Comment expliquer ces écarts? Selon Sylvie Enée, plusieurs facteurs interfèrent, voire s’accumulent: résultats techniques, maîtrise des coûts de production, dimension économique, niveau d’endettement élevé lié à une phase transitoire d’investissement ou à du suréquipement.
Quelques pistes d’optimisation technico-économiques peuvent être explorées. «Maîtrise des réformes d’animaux improductifs, constitution de lots homogènes pouvant conduite à des économies de 10 à 15% de concentrés, ajustement du nombre de chevrettes à garder (25 à 30%), adéquation de la complémentation avec le niveau de production et le stade physiologique de l’animal, utilisation de céréales… », détaille la conseillère de gestion en se référant aux  performances des exploitants du groupe de tête.

 

Robot de distribution et créneau d'installations

Sur le salon Caprinov 2016 à Niort (Deux-Sèvres), un stand était consacré à la transmission. Une liste importante d’exploitations caprines à reprendre, seul ou en association, avec ou sans transformation fromagère, était mise en avant. De nombreuses opportunités d’installations s’offrent en effet aux jeunes férus d’élevage.
De leurs côtés, les vendeurs d’automates de distribution de concentrés ou de rations complètes étaient bien représentés. Les besoins de mécanisation sont en effet bien réels en matière de distribution comme dans la filière bovine. En très grande majorité, les animaux ne sortent pas au pré et il est donc nécessaire d’alimenter quotidiennement en bâtiment des troupeaux de plus en plus grands.
Enfin, pour s’affranchir des aléas des prix de concentrés, l’autoproduction de fourrages riches en protéines comme la luzerne, suscite de plus en plus d’engouement. C’est pourquoi une conférence sur les bonnes conditions de récolte et de séchage en grange, était organisée pendant le salon par Mickaël Madier de la fédération des cuma des Deux-Sèvres.

 

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