50 €/ha tout compris avec la faucheuse automotrice

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50 €/ha tout compris avec la faucheuse automotrice

Quand les chantiers s’enchaînent bien, la superficie fauchée peut aller jusqu’à 90 ha en une seule journée!

La cuma vendéenne de la Vertonne a fait le choix d’acheter une faucheuse automotrice Krone d’occasion. Sous réserve de parvenir à une organisation rigoureuse, le jeu en vaut la chandelle selon ses responsables.

La Vertonne a choisi de s’équiper dès 2004, après une visite du groupe en Bretagne, d’une faucheuse-conditionneuse automotrice Krone neuve à la place des sept faucheuses dont elle disposait jusqu’ici. Comparée avec un groupe de fauche 9 m installé sur un tracteur de grosse puissance, la différence de prix avec l’acquisition d’une faucheuse automotrice d’occasion n’était à l’époque pas réellement significative. De l’ordre de 20 000 € environ, se remémorent les responsables de la cuma. La première, achetée 142 205 €, avait moyennement donné satisfaction.

Une occasion de 2014 à 175 000 €

coût de chantier avec une faucheuse automotrice

La deuxième faucheuse automotrice de la cuma de la Vertonne a été achetée neuve en 2021.

Elle a été remplacée deux ans après par une autre, neuve, payée cette fois 169 000 €. La faucheuse automotrice actuelle arrivée en 2021, un modèle Krone Big M 420, est dotée d’un autoguidage via GPS. « Cela génère une économie de temps de travail, puisqu’on évite ainsi les recroisements. Et c’est moins fatigant », se félicite le chauffeur salarié de la cuma, attitré en priorité à la conduite de l’automotrice.

La cuma a misé sur une occasion de 2014, payée 175 000 €, achetée chez un concessionnaire alsacien qui reconditionne des machines de l’étranger. « Le prix d’achat d’une neuve, de l’ordre de 300 000 €, est prohibitif », juge David Burneau, le président de la Vertonne. Avec la machine actuelle, le prix facturé aux dix adhérents impliqués dans cette activité est de 340 €/h. Cela peut sembler élevé. Mais ramené à l’hectare, cela tourne autour de 50 €, tout compris.

Trop cher en neuf

Si le choix d’une machine d’occasion représente un peu plus de risques de pannes, la cuma a toutefois pris ses précautions : achat d’une machine ayant assez peu servi (3 373 ha seulement, 917 h moteur et 447 h de fauche), remise en état et garantie un an.

Attention, pour ce type de matériel assez atypique, les réparations peuvent être plus compliquées en l’absence de pièces de rechange facilement disponibles. La cuma en a fait l’expérience récemment avec un radiateur endommagé. C’est pourquoi elle dispose toujours de quelques éléments en stock : lamier, boîtiers, courroies… qui lui permettent d’entretenir la machine et de faire face rapidement à certaines pannes imprévues. De plus, les salariés de la cuma commencent à avoir une certaine expérience sur ce type de machine.

Globalement, l’automotrice génère davantage de frais d’entretien qu’une simple faucheuse. Mais ramené à la superficie fauchée, il n’y a pas de différence.

Quelques avantages et limites de la faucheuse automotrice

La comparaison avec un combiné de fauche présente quelques avantages et inconvénients. D’abord, le gain de temps par rapport à un combiné de fauche attelé sur un tracteur. L’automotrice est tout de suite prête à faucher. « Cela nous arrive de faucher du trèfle, de la luzerne, des refus, même en période de moisson, puisqu’il n’y a pas de temps d’attelage, la machine est donc immédiatement disponible », relate David Burneau.

Krone Big M 420

L’automotrice est maniable, avec un rayon de braquage très court.

De plus, l’automotrice est très maniable avec un rayon de braquage très court. Certes, le coût d’acquisition est bien supérieur. Mais pour un combiné, il eut été nécessaire pour la cuma de disposer d’un tracteur de forte puissance, supérieur à 300 ch, pour entraîner les trois faucheuses. « Or nous n’avons pas la possibilité d’amortir un tel tracteur pour d’autres travaux en dehors des périodes de la fauche », indiquent les responsables.

En revanche, un point défavorable est soulevé : l’impossibilité de grouper côte à côte les trois andains avant l’ensilage. « Avec notre groupeur d’andains à vis, c’est techniquement possible de n’avoir qu’un seul andain, en basculant les deux andains latéraux sur l’andain central, mais celui-ci devient alors difficile à sécher. L’idéal serait de pouvoir juxtaposer les trois andains côte à côte… » En conséquence, la faucheuse automotrice va regrouper les andains par deux par deux, et non trois par trois par trois comme le font les groupes de fauche papillon.

L’alternative pour les adhérents est de faire appel à l’andaineur à tapis de la cuma voisine la Pas sans Peine.

De 5 à 8 ha/h

Largeur de travail 9,72 m, poids de 14,5 t, hauteur de 4 m… les caractéristiques techniques de cet engin sont saisissantes. Pour tirer pleinement profit de cet automoteur, la cuma confie principalement la conduite à l’un des trois salariés de la cuma.

Pour amortir l’outil, la surface est conséquente : 1 100 ha/an fauchés en moyenne. Cela ne représente pas énormément d’heures de travail, puisque le débit moyen atteint 6,80 ha/h. Cette performance est très variable en fonction de la configuration des parcelles, qui vont de 5 à 25 ha, et de la densité de fourrage à couper. « Le débit peut atteindre 8 ha/h selon les cas », évalue le chauffeur. Quand les chantiers s’enchaînent bien, la superficie fauchée peut aller jusqu’à 80 ha en une seule journée ! « La bonne connaissance des parcelles permet au chauffeur d’optimiser les déplacements et de perdre le moins de temps possible sur la route », précise David Burneau. Si c’est un nouveau chauffeur, l’adhérent concerné va le cas échéant le guider pour accéder aux parcelles. La zone d’action de la faucheuse est d’environ 20 km maxi. En amont, tous les éleveurs concernés sont conviés à une réunion tous les vendredis pour dresser le planning de la semaine. Jusqu’ici, les saisons de fauche se sont déroulées de manière satisfaisante. La cuma a pu assurer tous les chantiers avec son engin, en temps et en heure…

Atouts et limites de la faucheuse automotrice

Points forts

  • Bonne maniabilité et bonne visibilité.
  • Qualité de fauche.
  • Gain de temps en l’absence de temps d’attelage.
  • Matériel robuste.

Limites

  • Prix élevé en neuf.
  • Réparations un peu plus compliquées, compte tenu des caractéristiques techniques de la machine.
  • Difficultés de regrouper le fourrage en trois andains.
faucheuse automotrice Krone

La faucheuse automotrice de la cuma la Vertonne était présentée à l’AG de la section Vendée de l’Union des cuma des Pays de Loire, le 25 janvier à Saint-Mathurin.

À l’ère des projets

La cuma de la Vertonne, basée du côté des Sables-d’Olonne, regroupe 45 adhérents au total. Parallèlement à l’activité fauche, la cuma développe deux autres activités : la moisson et l’ensilage. Au total, elle génère un chiffre d’affaires de 620 000 €/an. Dans ses projets figure le renouvellement classique de certains de ses matériels, comme la presse-enrubanneuse. La cuma a aussi le projet d’acquisition d’un semoir de céréales polyvalent. Elle vient en outre de compléter son parc avec l’achat d’une tonne à lisier. Deux autres projets structurants mobilisent ses responsables : la construction d’un nouvel atelier et le développement du travail en intercuma, avec notamment l’ambition de créer un pool de salariés entre les cuma du territoire.

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