A la pointe de la technique et de la technologie

L’intérêt du collectif pour accompagner les changements de pratiques n’est plus à démontrer. En Isère et en Savoie, des cuma sont engagées dans des réflexions agronomiques et productives, qui les conduisent à investir dans de nouvelles techniques.

Les adhérents de la cuma des Cîmes.

Créée en 1992 à Doissin (Isère), la cuma des Cîmes regroupe 35 adhérents. La cuma se lance aujourd’hui dans le semis direct. Elle vient d’investir dans un semoir dédié. «Nous l’avons déjà commandé. Nous attendons l’accord de subvention. Un financement 50% Région, 50 %Europe assurerait la moitié de l’investissement, précise Loïc Billat, le trésorier. Nous achetons un matériel neuf dont le coût est de 71.000 euros. Cinq ans de réflexion ont été nécessaires pour prendre la décision. C’est un achat inenvisageable s’il n’est pas fait en commun. Nous serons neuf adhérents sur ce matériel.»

Après plusieurs réunions, des visites dans différentes exploitations déjà équipées, la cuma des Cîmes s’est décidée pour investir dans un semoir 750 A John Deere, en 4 mètres repliables. Aucun des adhérents ne doute de ce que cela va apporter. Avec une moyenne d’âge d’une quarantaine d’années, le groupe est plutôt jeune. Et quasiment tous sont installés en zone défavorisée. Voire en zone de montagne, sur un parcellaire morcelé. «Dans un premier temps nous avons prévu de travailler 150 ha avec ce semoir.» Le groupe permet d’acquérir plus rapidement de l’expérience. «Nous avons fait un DiNA cet hiver, avec l’animatrice de la fdcuma. Nos statuts ont été mis à jour et nous avons travaillé collectivement sur des projets pour déterminer où l’on va. Le DiNA nous a boosté» reconnaît le trésorier.

Objectif: économies

Le premier objectif n’est pas de se lancer à fond en semis direct mais de faire baisser les charges de mécanisation et d’intervenir rapidement pour semer un couvert. «Cela nous permet d’économiser du temps, du gasoil et plusieurs passages» reconnaissent les adhérents. «Il y a aussi un volet écologique. Moins de passages sur le terrain, c’est moins d’érosion. Certains ne feront que des couverts mais d’autres se lancent aussi dans le semis direct, peut-être même en céréales d’automne.» Motivés pour suivre une formation de groupe en agroécologie et pour partager pratiques et expériences, la fdcuma organise pour les adhérents une formation de deux jours avec un intervenant, «pour nous aider à mieux utiliser le semoir.»

Un partenariat pour la cuma d’Epersy

La cuma d’Epersy (Savoie) existe depuis les années 60. Elle a traversé un passage à vide avant de vivre une renaissance dans les années 80. Aujourd’hui, elle rassemble une centaine d’adhérents sur Entrelacs et dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres, avec un noyau dur d’une quarantaine d’adhérents plus actifs. Située à proximité du Lac du Bourget, elle vient de faire l’acquisition d’une tonne à pendillards. Elle a été aidée par la Communauté d’agglomération du Lac du Bourget. A l’origine du projet, Grand Lac, la Communauté d’agglomération, avait demandé un audit à la Chambre d’agriculture au sujet du phosphore. En effet, il présentait des taux trop élevés dans la Leysse, une rivière qui se déverse dans le lac du Bourget.

«Les effluents d’élevage et les engrais avaient été pointés du doigt, encore que le sous-dimensionnement des deux stations d’épuration joue certainement également» remarque Alexandre Moulin, président de la cuma. «Les agriculteurs ne mettent pas de phosphore autour de la Leysse. Entre les bandes enherbées et les distances d’éloignement d’épandage, les adhérents de la cuma sont vigilants» explique son président.

Collaboration réussie entre la cuma d’Epersy et la Communauté d’Agglomération du Lac du Bourget.

Une communauté d’agglomération à l’écoute

«Nous avons la chance qu’à Grand Lac, le vice-président à l’agriculture soit très à l’écoute. La Communauté d’agglomération nous a consultés pour utiliser au mieux son budget agricole. En zone périurbaine, nous soutenir pour l’achat d’une tonne à pendillards réglait le problème de l’épandage. Nous avions déjà une tonne à lisier traditionnelle vieillissante. Nous avons proposé à Grand Lac de nous aider à investir dans la tonne à pendillards.» La Communauté d’agglomération accepte de participer financièrement à l’investissement. Le coût total tonne + pendillards s’élevait à 50.000 euros. «Nous avons fait reprendre notre ancienne tonne pour faire baisser la facture.»

Plus de précision pour l’avenir

La cuma a acheté la tonne. Et la Communauté d’agglomération a pris en charge la rampe à pendillards. «Elle a mis à notre disposition cette rampe, sans location, contre bons soins. Nous nous chargeons de l’entretien. En déposant le lisier au ras du sol, la tonne à pendillards permet de travailler au plus près des habitations sans odeurs gênantes.» Certains coopérateurs ont besoin de temps pour se familiariser avec ce nouvel outil. Pour d’autres, la transition est plus évidente. «Au départ nous étions deux, précise Alexandre Moulin, finalement quatre adhérents l’utilisent aujourd’hui.»

Un retour positif

En zone périurbaine, le retour est positif. La mairie d’Entrelacs est enchantée et les agriculteurs qui l’utilisent n’ont pas de souci. «Les tuyaux ne se bouchent pas. C’était notre principale crainte. Nous avons deux autres tonnes. Dont une à canon, pour valoriser les pentes dans lesquelles on ne peut pas intervenir autrement. Ici, clairement il y a des champs dans lesquels le pendillard ne passera pas. Nos parcelles de montagne sont pentues, avec parfois des arbres, et ce sont de petites parcelles. Personnellement, j’ai 15 à 20% de surface où il est impossible d’épandre avec ce nouvel outil. L’intérêt du pendillard, c’est aussi qu’on peut passer sur l’herbe. Le lisier est posé à ras du sol et non pas projeté. Cela ne salit pas les feuilles donc on peut mettre les bêtes ou faucher beaucoup plus rapidement.»

Les adhérents évalueront les résultats sur la fertilisation avec la rampe Pichon 9 mètres et la tonne de 11.700 litres dans une année. «Aujourd’hui, nous pensons aussi à l’agriculture de précision. Plus tard nous achèterons peut-être un tracteur équipé avec un GPS, parce qu’on ne voit pas forcément où nous sommes déjà passé!»

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