Echanges de terres : 170 ha d’un seul tenant, c’est possible à l’amiable

Quel agriculteur n’a pas rêvé d’avoir son parcellaire d’un seul tenant autour de ses bâtiments d’exploitation ? En Loire-Atlantique, la chambre d'agriculture accompagne les agriculteurs intéressés.

Les échanges parcellaires multilatéraux réalisés à l’amiable comme en Loire-Atlantique avec l’appui de la Chambre d’agriculture, représentent une démarche gagnant/gagnant.

Gain de temps, de carburant, facilité d’accès au pâturage, meilleure surveillance des animaux ou des cultures : les avantages d’un parcellaire regroupé sont nombreux et bénéfiques pour l’exploitation mais aussi pour la collectivité et l’environnement (diminution de la circulation agricole, réduction de la consommation de fuel ..). Quelles que soient les raisons de la dispersion des surfaces d’une exploitation agricole, cet éparpillement foncier peut impacter fortement les conditions d’exploitation.

Travailler en «collectif»

Plusieurs expériences abouties démontrent qu’il est possible de travailler collectivement à des échanges parcellaires amiables. Cependant, cette démarche volontaire ne peut aboutir que grâce à une véritable cohésion de groupe. Et réfléchir à plusieurs n’est pas chose facile, car il faut tenir compte des différentes approches des exploitants vis-à-vis de leur terre. Pour certains, le foncier est un outil de travail alors que d’autres y vouent un attachement personnel qui ressurgit au moment d’échanger!

Recours à un tiers

Eric Monier dont l’exploitation était partie prenante de cette démarche, y voit plusieurs intérêts, notamment en terme d'accès au pâturage.

Eric Monier dont l’exploitation était partie prenante de cette démarche, y voit plusieurs intérêts, notamment en terme d’accès au pâturage.

C’est pourquoi, l’intervention d’un tiers extérieur au groupe comme la chambre d’agriculture permet de faciliter les échanges. Ainsi, la chambre de Loire-Atlantique a construit un outil cartographique spécifique facilitant la simulation des différents scénarios d’échanges. Cela permet aux exploitants agricoles de mieux se projeter dans la démarche. L’organisme consulaire propose également plusieurs niveaux d’accompagnement : de la simple réalisation de cartes, elle peut conduire l’animation d’un groupe de travail et aller jusqu’à aider les exploitants à la prise de possession des terres. Dans ce cadre, elle facilite les démarches administratives qui peuvent être parfois lourdes.

Une démarche alternative

Ces démarches alternatives aux procédures onéreuses d’aménagement foncier agricole et forestier, peuvent être parfois soutenues financièrement par certaines collectivités. Celles-ci y voient en effet un intérêt, notamment pour la problématique de circulation agricole. Au final, même si toutes les exploitations n’ont pas la même orientation en termes de filières de production ou de conduite d’exploitation, chacune peut faire un pas pour gagner ensemble.

170 hectares échangés à l’amiable

Sur la commune du Bignon en Loire-Atlantique, 7-8 exploitations ont procédé à des échanges de parcelles avec l’accompagnement de la chambre d’agriculture, sur une surface totale de 170 ha.
Eric Monier dont l’exploitation était partie prenante de cette démarche, y voit plusieurs intérêts: « Au départ, sur notre exploitation, nous envisagions d’échanger 4-5 ha et finalement, ce sont 13 ha. Ces échanges ont permis aux exploitations d’optimiser le pâturage, d’atténuer l’intensité de circulation des engins agricoles dans le bourg et enfin de conforter les liens entre exploitations voisines ».
L’interconnaissance préalable qui existait entre les agriculteurs, dont certains adhèrent à la cuma de la Chevrolière, a facilité la mise en œuvre de cette démarche. Certes, une procédure amiable comme celle–ci nécessite du temps (4-5 ans dans le cas présent), mais elle est plus souple qu’une opération de remembrement classique et moins onéreuse.

 

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