Spécialisé dans l’élevage de génisses

Elevages
Délég'génisses permet aux exploitants laitiers de déléguer la reproduction et l'élevage de génisses avec des éleveurs via un contrat

Franck Lardoux, éleveur à Québriac (35), s’est spécialisé dans l’élevage de génisses pour ses collègues laitiers.

21/07/2017 - 10:52

Délég’génisses est un contrat entre des exploitants laitiers et d’autres éleveurs qui élèvent les génisses des premiers.

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Une nursery 5 étoiles, des lots homogènes qui alternent entre pâturage et stabulation. Chez Franck Lardoux, les 140 génisses sont élevées avec technicité et attention. C’est la seule production de l’exploitation.

Depuis avril 2015, cet éleveur de Québriac, en Ille-et-Vilaine, s’est spécialisé dans l’élevage de génisses, pour ses collègues laitiers. «J’avais une petite référence laitière et j’étais bloqué par la proximité de la route pour faire des améliorations dans mon bâtiment, explique-t-il. Avec la conjoncture laitière, techniquement ça allait, mais pas économiquement.»

L’éleveur entend alors parler de Délég’génisses, le contrat proposé par son contrôle de performances Eilyps. Ce contrat propose à des éleveurs de se spécialiser dans l’élevage de génisses pour des laitiers. Ceux-ci s’allègent ainsi des contraintes liées aux ressources fourragères et à la main-d’oeuvre, tout ayant de futures laitières performantes. Progressivement, Franck Lardoux a vendu son quota et ses vaches pour se consacrer aux génisses. Il en élève aujourd’hui 121 et compte monter jusqu’à 140 ou 150.

Une production « technique »

De leur arrivée à 20 jours jusqu’à leur départ 50 jours avant terme, l’éleveur assure un suivi très technique des génisses. Tout démarre à leur arrivée, avec une quarantaine en niches individuelles. «Des petites génisses arrivent tous les 1 à 2 mois, explique-t-il. Je les prends par lot de 10 pour pouvoir bien suivre le démarrage.»

Pour s’assurer de leur croissance et permettre un vêlage précoce, les génisses sont pesées tous les 3 mois. Chacune a une fiche de suivi avec ses pesées, les dates d’insémination et d’échographie, les interventions sanitaires. Par son contrat, l’éleveur s’engage à fournir une génisse prête à vêler, entre 24 et 26 mois. C’est lui qui conduit donc la reproduction.

«La première insémination artificielle a lieu à partir de 400 kg. Soit je choisis le taureau en fonction des orientations génétiques du naisseur, soit il m’indique le taureau à mettre, explique Franck Lardoux. Si au bout de trois inséminations artificielles, la génisse ne retient pas, on discute avec l’éleveur, quoi faire.»

La gestation est confirmée par deux échographies. A la seconde, le naisseur est prévenu pour anticiper l’arrivée de la future laitière. En se consacrant à l’élevage de génisses, Franck Lardoux a gagné en souplesse d’organisation et en rationalité, tout en conservant la technicité de la conduite d’un troupeau. «Ce n’est pas de l’intégration, je suis toujours éleveur. Je suis mes animaux au plus près, décide mon assolement pour les nourrir. Mais grâce au contrat, j’ai moins le stress du prix qu’avec le lait », apprécie-t-il.

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Cyril Renaudin, d'Eilyps.

Un engagement du naisseur et de l’éleveur

Elaboré par Eilyps, le contrôle de performances d’Ille-et-Vilaine, et lancé en février 2015, le contrat Délég’génisses fixe les clauses financières et techniques.

Un partenariat avec le GDS permet de s’assurer du statut sanitaire des élevages et les génisses doivent être indemnes de BVD et de néosporose. L’éleveur achète, 150 € à 20 jours, les petites génisses aux naisseurs, qui s’engagent, si les termes du contrat sont respectés, à les racheter avant le vêlage. En ce moment, le prix de rachat est de 1.600€ (dont le versement d’acomptes de 150€ payés chaque trimestre).

Régulièrement, naisseurs et éleveurs se réunissent pour faire évoluer le contrat. «Le prix de rachat est fixé pour un lait payé jusqu’à 340€, détaille Cyril Renaudin, d’Eilyps. Si le prix du lait augmentait de 20€, on rajouterait 40€ à la génisse.»

Eilyps s’occupe de la gestion administrative (factures, relance en cas d’impayés) et des plannings pour mettre en relation naisseurs et éleveurs. Ils sont aujourd’hui 11 éleveurs, pour 45 naisseurs en conventionnel et 1 éleveur pour 8 naisseurs en bio.

Les éleveurs doivent se consacrer pleinement à cet atelier et, pour des raisons sanitaires, ne pas avoir d’autres bovins. «Nous avons beaucoup de demandes,
souligne Cyril Renaudin. Nous choisissons les éleveurs sur leur maîtrise technique et les naisseurs sur leur statut sanitaire.»


Sur 2017, 800 génisses auront été mises en élevage.

Par Cécile Julien.
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