Les conditions de la réussite s’installent dès l’investissement initial

Une conférence en ligne proposée par Idele en octobre analyse les stratégies d’investissement des éleveurs laitiers en phase d’installation.

Une stratégie d’investissement ultra économe engage un montant de l’ordre de 650€/1000l (60 €/1000l d’annuité) pour un élevage de plaine avec traite en épi misant sur un recours important à la délégation du poste ‘matériels’.

Le chemin de la réussite est en réalité pluriel. Il faut néanmoins user de bons GPS pour décider d’emprunter l’un d’eux. Les mutations engagées du paysage de la production laitière donnent lieu à une diversité des trajectoires d’entreprises, notamment celles concernées par une phase d’installation. Alors que le projet doit concilier temps de travail, prise de risques, revenu, investissement… les conditions d’installation des éleveurs laitiers ont largement perdu en accessibilité.

Il y a acquérir l’outil et le façonner à l’image de ses objectifs. «Un jeune pour reprendre doit en moyenne mobiliser un financement de 170000€ pour acquérir tout ou partie de l’actif de l’entreprise au moment de la reprise.» Nathalie Velay (CerFrance Alliance Massif Central) constate aussi que «sur les trois années suivantes, il consacrera encore un budget moyen de 103000€/an», pour moderniser son outil, avec du bâtiment, du matériel ou encore investir dans du cheptel. «C’est trois fois plus que les élevages laitiers qui n’ont pas connu d’installation récente.» A partir de l’étude commandée par le Cniel qu’elle présente, Nathalie Velay calcule que pour les 370 exploitations enquêtées, «le retour moyen sur investissement est de 17 ans.»

Un effort particulier consacré à l’investissement après l’installation

Que l’on soit en plaine, en montagne, en filière conventionnelle ou en bio… «à l’intérieur d’un groupe typologique d’élevages, on constate des écarts importants du coût de production, presque toujours liés à trois postes: les achats d’aliments, le bâtiment et le matériel», pose Yannick Pechuzal (Idele). «On peut considérer que la moitié des écarts sont liés aux amortissements, et donc, sont liés aux investissements», analyse l’expert impliqué dans les réseaux d’élevages Inosys.

Viser un minimum de 0,10€/l de rémunération permise

En matière d’analyse économique d’un atelier de production chez des éleveurs laitiers, «la rémunération permise par 1000l nous paraît être un indicateur incontournable», poursuit Yannick Pechuzal lors d’une conférence en ligne initialement programmée au Sommet de l’élevage. Bien sûr, ce critère fait partie des voyants directement impactés par les conséquences de ses choix en matière d’investissement, puisqu’il y a «deux voies pour l’accroitre: jouer sur la valeur du produit, le prix du lait, ou optimiser le coût de production, grâce à la maitrise technique avant tout, mais aussi grâce à la stratégie d’investissement.» Une stratégie ‘ultra économe’ quant à l’investissement en bâtiment et en dispositif de traite, et misant sur une délégation forte de l’investissement en matériels, va générer peu d’annuités. Dans ce cas là, aux 650€ investis pour 1000l de production, correspond une annuité de l’ordre de 60€/1000l. Sans délégation des achats de matériels autre que les outils de récolte, l’élevage ‘économe’ reste aux environs de 800€/1000l d’investissement. Tandis que le poids peut passer du simple au triple dans l’entreprise voisine qui aura opté pour de la traite robotisée, peu de délégation du matériel, le tout dans une stratégie coûteuse. 2€/l investis y représentant alors environ 190€/1000l d’annuité à honorer.

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