L’entraide des chantiers d’ensilage, la colonne vertébrale de la cuma

Y a-t-il une recette spéciale pour garantir le bon fonctionnement dans le temps d’une cuma ? Eléments de réponse avec la cuma de la vallée de l’Orne (54), qui a fêté ses 50 ans. Un article extrait du numéro Spécial Grand Est 2020.

Yvonnick Mangeot (président), entouré de Matthieu Scheffges (membre du bureau) et Jean-Paul Schutz (trésorier), devant la Claas Jaguar 840 de la cuma, la 8ème machine de la cuma.

Il y a 50 ans, un groupe d’agriculteurs de Meurthe-et-Moselle partait dans le Lot pour découvrir une ensileuse automotrice. De cette visite est née une discussion entre ces agriculteurs, qui a conduit à la création de la cuma de la vallée de l’Orne et à l’achat d’une ensileuse automotrice (une des premières dans le département). De sept adhérents au début des années 70, la cuma regroupe aujourd’hui 17 exploitations adhérentes. 25 activités génèrent un chiffre d’affaires d’environ 200 k€.

Tout est basé sur l’entraide des chantiers d’ensilage

Historiquement, le groupe ne contenait que des éleveurs laitiers et tous participaient aux chantiers d’ensilage. « L’entraide des chantiers d’ensilage est la colonne vertébrale de notre cuma » explique Yvonnick Mangeot, président de la cuma de la vallée de l’Orne. « Ils regroupent tout le monde. Ces chantiers sont très importants, et quand on est éleveur, on est demandeur d’entraide. »

Côté organisation, l’ensileuse (actuellement une Claas Jaguar 840 avec un bec 8 rangs) est suivie par quatre bennes et deux personnes gèrent les silos avec des tracteurs équipés de lame. « Il y a quatre chauffeurs attitrés pour l’ensileuse, qui se relaient par demi-journée. Selon les besoins, il y a trois à sept adhérents mobilisés pour le chantier. »

A lire : Avis de la cuma du Pont de Sauley sur l’ensileuse Claas Jaguar 840

600 ha/an

Particularité de la cuma de la vallée de l’Orne, « rien n’est monnayé pour le temps des chauffeurs, tout est basé sur l’entraide. La banque de travail a toujours été importante dans notre cuma », raconte Yvonnick Mangeot. On établit une fiche horaire pour chaque chantier; et un bilan est dressé en fin d’année pour savoir qui doit combien (de temps) à qui.

A lire : Une banque de travail très cadrée à la cuma de la vallée de l’Orne

« L’équilibre peut se faire au besoin sur plusieurs années. Il y a une bonne entente, car tout le monde se connait. » Précisons également que toutes les activités ne rapportent pas le même nombre de points. Par exemple, le chauffeur de l’ensileuse gagne plus que les chauffeurs de tracteurs.

Cette organisation bien huilée permet d’ensiler chaque année en toute quiétude 400 hectares de maïs (470 hectares en 2019) et 200 hectares d’herbe. Côté organisation, tout est calé lors d’une réunion en amont du premier chantier. Ensuite, « c’est le chantier d’avant qui amène le matériel pour être prêt le lendemain » précise Matthieu Scheffges, un des chauffeurs de l’ensileuse. La facturation se fait par forfait (200 €/h rotor) en incluant l’ensileuse, quatre bennes et deux lames (hors Gnr et hors chauffeur).

200 €/h

L’ensilage est la porte d’entrée historique de la cuma de la vallée de l’Orne. « Chaque nouvel adhérent a accès à tous les matériels, il n’y a pas de sections fermées. Les adhérents prennent du capital dans la cuma, pas dans les matériels », déclare le président. « Nous sommes un petit nombre et beaucoup d’adhérents actuels sont des descendants d’adhérents fondateurs. C’est une grande famille » insiste Paul Schutz, le trésorier.

Au-delà de cette dimension familiale, la notion de service est également (très) développée dans ce groupe. En outre, les prix sont fixes d’une année à l’autre et ne dépendent pas du volume global de l’activité.

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