La luzerne produit aussi du stockage de carbone

La filière de la luzerne déshydratée défend ses arguments environnementaux sur la base des études menées depuis 15 ans par l’Inrae. Produire de la luzerne déshydratée crée de l’énergie et stocke du carbone, n’en déplaise à son image d’avide consommatrice.

Y compris au champ, les technologies se sont améliorées et permettent à la luzerne déshydratée de devenir plus vertueuse (©La coopération agricole luzerne de France).

On la savais atout pour l’azote. La luzerne se révèle précieuse sur le plan du carbone et toujours en progrès. À l’ère de la chasse au CO2, une filière qui séquestre 400 kg de carbone à chaque fois qu’elle fabrique une tonne de son produit principal dispose de sérieux arguments à faire valoir.

La luzerne, productrice nette d’énergie

Fin novembre, La coopération agricole luzerne de France tenait une conférence de presse où l’Inrae dévoilait les dernières actualisations du bilan environnemental de la filière. Sur les dernières campagnes, «produire une tonne de luzerne déshydratée est revenu à une production nette d’énergie de 1,2GJ», explique Pascal Thiebeau (Inrae de Reims). La déclinaison sur carbone fait état d’un bilan positif de 391kg/t et qui s’améliore par rapport au premier chiffre connu (218kg/t) en 2006.

66.000ha, 1 million de tonnes de CO2 séquestré

Ces gains, l’aliment les doit d’une part aux améliorations apportées aux installations industrielles, mais aussi à la meilleure maîtrise de l’itinéraire de récolte, au champ. Avec la généralisation du préfanage depuis la fin des années 2000, le taux de matière sèche à l’entrée en usine est passé de moins de 25% à presque 38% en 2019. Or, «5 points d’humidité en moins à l’entrée engendrent un gain d’une demie-tonne d’eau à évaporer, soit 20% d’énergie», insiste le directeur de la filière, Éric Guillemot.

Les gains se jouent aussi au champ

À ce bilan environnemental encourageant s’ajoute le recours grandissant à des énergies renouvelables. Ainsi la luzerne déshydratée est lancée vers une réduction de ses émissions de GES bien au-delà des objectifs de l’Europe. Si d’un côté, ils soulignent l’action volontariste de l’Ademe qui a aidé la conquête vertueuse de leur filière, les responsables sont inquiets face à l’évolution des règles, notamment celles qui conduiront à taxer les émissions issues de l’acte de déshydratation. «Si on veut encourager la production de protéines il faut que les agriculteurs s’y retrouvent économiquement», défendent les promoteurs.

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