La pyrale fait aussi son trou vers le nord et l’ouest

Cultures
Larve de pyrale protégée dans sa tige de maïs

Le broyage des tiges détruit des larves, en expose d’autres au froid, aux prédateurs et parasites. « C’est une mesure prophylactique indispensable », rappelle Arvalis dans ses communications. L’invitation s’adresse aussi aux cultivateurs de maïs fourrager (©Arvalis-Institut du végétal).

08/11/2018 - 15:45

La protection du prochain maïs vis-à-vis de la pyrale n’attend pas la saison propice à l’envol des papillons. La gestion des résidus de récolte, est le premier levier de maîtrise des populations.

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L’hiver arrive, apportant certainement de grands froids et la pyrale n’en a cure. Protégée dans sa canne de maïs laissée en l’état, la larve attendra patiemment le prochain printemps pour poursuivre son cycle. Particulièrement cette année, les experts observent une progression des dégâts. Géographiquement parlant, puisque l’extension de l’aire de l’insecte vers le Nord et l’Ouest se poursuit ; mais aussi au niveau des types de cultures. Dans un communiqué d’octobre, Arvalis signale en effet des dégâts « aussi bien en maïs grain, que, fait plus nouveau, sur le maïs fourrager. » Si l’institut précise ne pas encore disposer de chiffres mettant en relation la pression du ravageur et la perte de rendement à l’ensilage, il rappelle que pour une récolte en grain, « si l’on dénombre une population d’une larve par plante », une chute de rendement « de 7 % en moyenne » est à attendre. « Des essais sont en cours pour chiffrer cette relation en maïs fourrager », mais Arvalis souligne que l’impact en termes de rendement n’est pas le seul facteur à considérer : « Il faut ajouter le risque de dégradation de la qualité sanitaire. Les perforations des larves de pyrale constituent en effet une porte d’entrée aux champignon type fusarium, pouvant générer des mycotoxines préjudiciables aussi bien en récolte des grains que fourragère. »

En Bretagne, les observations confirment la tendance, ne serait-ce que celles des machinismes : « dans certains secteurs, les moissonneuses ont souffert, il y a eu beaucoup de casse de boitiers de transmission entre l’automotrice et le cueilleur. » Fabien Lorans, animateur de la fédération Ille-Armor avance une hypothèse : « Le fait que les cultures infestées de pyrales soient couchées dans tous les sens implique que la circulation de la masse vers l’entrée de la batteuse manque de fluidité… ça force sur les chaînes qui sortent de leurs guides. » Et le propriétaire du matériel est bon pour une réparation qui lui coutera de l’ordre de 3 000 €. Pour le conseiller machinisme, le fait que des agrofournisseurs se penchent sérieusement sur la question de leur destruction, à l’instar de Kemper avec son bec d’ensileuse Stalkbuster, est un autre signe de l’importance du sujet des chenilles qui n’ont pas fini de faire parler d’elles.

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