Nouvelle génération: ici, on fait du lait, du blé, des fruits, de l’Angus et du poulet

Pour la cuma de l’Esparon (Isère), la transmission des exploitations à une nouvelle génération s’est doublée d’évolutions. La cuma a réalisé de gros investissements, et les six adhérents se sont organisés autour d’une banque de travail.

Maxime Gachet, président de la cuma de l'Esparon.

Dans cette zone de montagne, la cuma de l’Esparon compte six adhérents et sept productions différentes en agriculture biologique. Ici on fait du lait, livré à Biolait, du blé, de la luzerne, des petits fruits, du Charolais, de l’Angus et du poulet. Certains valorisent leur travail grâce à la vente directe et aux circuits courts. Ils vendent du pain, des colis de viande… Au cours des deux dernières années, la cuma a fortement investi: deux tracteurs, un groupe de fauche… et parallèlement, son chiffre d’affaires est passé de 20.000 à 80.000 euros. Pour optimiser l’organisation, les adhérents ont mis en place une banque de travail.

«Nous sommes la deuxième génération de la cuma, nous avons repris les exploitations des fondateurs» explique Maxime Gachet, le jeune président. «Ce sont nos parents, en 1983, qui ont créé la cuma. Ils avaient besoin de matériel et le collectif leur permettait d’acheter raisonnablement. Ensemble, nous aussi nous avons décidé d’investir dans du matériel performant.» Grâce à l’achat de l’ensileuse, de tracteurs et pour la fenaison de deux faucheuses, deux andaineurs, une presse, un plateau fourrager, ajouté au matériel que possédait déjà la cuma, dont une pirouette, les adhérents se sont allégés la tâche.

Raisonner équipements…

«Notre vieille faucheuse était à renouveler. Nous avions bénéficié d’un Dina qui a bien remis les choses à plat. La subvention de la Région et de l’Europe était motivante. Quitte à investir, nous nous sommes dit que nous allions le faire comme il faut pour toute la chaîne de fenaison. Sur les six adhérents, tout le monde était d’accord, sinon nous ne nous serions pas engagés dans cet investissement. Nous n’avons pas acheté du matériel surdimensionné. Il est tout à fait adapté à notre parcellaire.» Aux pieds du Vercors, sur le plateau du Trièves, dans un paysage et un relief assez hachés, les fermes affichent des superficies d’une moyenne de 80ha. La plus petite annonce 60ha de SAU et la plus grande le double ; sans le matériel de la cuma, les six fermes seraient en difficulté d’autonomie.

… et organisation

La banque de travail offre plusieurs avantages. «Avec les quatre tracteurs pour six exploitations, nous nous sommes organisés. Trois adhérents d’un côté, trois adhérents de l’autre, dans un rayon de 3km et deux tracteurs de chaque côté. Dans la cuma, il y a 7km de distance entre les adhérents les plus éloignés. Chacun héberge le matériel suivant la place dont il dispose.» Individuellement, aucun n’aurait investi dans des outils qui permettent de gagner tout de même beaucoup de temps. Une comptabilité transparente du travail chez les uns et les autres, ajoutée au matériel performant rend la cuma très attractive.

Diversification

«C’est important de très bien s’entendre et de s’investir dans le collectif. Aujourd’hui nous ne prenons pas de nouvel adhérent. Deux d’entre nous sont au bureau et nous assistons tous aux réunions. Et pour ce qui est du travail, je fauche, un adhérent pirouette et un autre andaine. Pour le pressage, nous ne sommes pas tous concernés. Cette entraide et la dynamique du groupe font partie intégrante de l’intérêt de la cuma. Nous comptons les heures de travail et ensuite on actualise les comptes en fonction. Depuis deux ans, nous gagnons vraiment du temps de travail. Cela permet de ne pas dételer, de passer moins de temps en transport et de bien valoriser le matériel.»

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