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Comprendre les conflits employeurs/salariés pour les éviter

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Comprendre les conflits employeurs/salariés pour les éviter

Les représentants des cuma "employeuses" de l'Aveyron ont planché sur 3 situations inspirées de la réalité.

Pourquoi un salarié n'accomplit plus ses missions comme avant? Comment réparer des relations qui se dégradent et éviter un conflit? Des réponses concrètes avec l'Agence régionale pour l'amélioration des conditions de travail d'Occitanie.

Comment améliorer la qualité du dialogue entre employeurs et salariés, détecter les signaux faibles pour éviter le conflit? Tels étaient les thème sur lesquels les employeurs ont planché lors de la journée employeurs/salariés organisée par la fdcuma de l’Aveyron.

« Travailler, pour un salarié, c’est faire des compromis tous les jours entre les objectifs qui lui sont prescrits par son employeur, et la réalité », ont résumé  Lucile Errera et Rita Di Giovanni, de l’Aract Occitanie, lors de leur intervention.

Les deux expertes ont distingué l’objet « travail » en plusieurs blocs. Ils permettent de comprendre tous les paramètres qui influent sur la réalisation d’un travail salarié:

  • la manière dont le poste a été conçu,
  • les moyens que l’entreprise met à disposition
  • les caractéristiques propres au salarié,
  • ainsi que les résultats pris dans leur ensemble (production, performances sociale, organisationnelle, vie du salarié),
  • et enfin, le travail effectif, au centre de tous ces paramètres.

Ces blocs sont en équilibre constant les uns par rapport aux autres. C’est ce qui fait toute la complexité des relations entre salariés et employeurs: employeurs et salariés « régulent » en permanence.

Lire aussi: Ai-je le droit d’intervenir en cas de conflit entre salariés?

Ecart entre objectifs et réalité

Bien sûr, les salariés ont le travail « prescrit » en tête. Il s’agit de la procédure, du travail demandé par le supérieur et des prescriptions que le salarié se donne à lui-même.

« Oui, ces prescriptions, le salarié les a en tête. Mais au quotidien, il se débrouille avec la réalité, » a ainsi souligné Lucile Errera.

« Le travail, finalement, c’est ce qu’on fait tous les jours pour gérer l’écart entre le prescrit et le réel. En essayant que le résultat soit positif. Cette activité va être faite de compromis, ce qui fait que, malgré la variabilité, on va atteindre les objectifs. »

D’où peut provenir cet écart entre la prescription et la réalité du travail? Il y a bien sûr, dans le domaine agricole, les conditions météos, la casse, les imprévus.

Mais il y aussi tous les petits détails non-formalisés que gère le salarié sans même que l’employeur s’en rende compte. C’est mettre de « l’huile dans les rouages », ce qui demande à la fois de l’engagement et de l’énergie de la part du salarié.

Cela peut être la communication entre collègues, avec les clients/utilisateurs. La prise en compte des susceptibilités, suggérer ou réaliser des améliorations. Un service rendu, agir pour éviter une situation problématique…

« C’est d’autant plus important dans les situation où, comme en cuma, les salariés travaillent en autonomie et avec plusieurs employeurs, » a souligné Rita Di Giovanni.

Conflit entre employeurs et salariés: pourquoi ça explose?

« Les conflits au travail s’installent le plus souvent dans le temps long », ont indiqué les représentantes de l’Agence régionale pour l’amélioration des conditions de travail.

« Plus l’employeur tarde à détecter les signaux faibles, ou à les entendre et à les traiter, plus cela réduit sa marge de manœuvre. A un moment, la relation va basculer dans le conflit de personnes. Alors que c’est l’objet « travail » qui pose problème. »

Pas facile, car la plupart du temps, même si la dégradation des conditions de travail est longue, une grande majorité des salariés vont réguler en faisant le maximum pour atteindre le résultat. Ce, au détriment de leur santé ou de leur vie personnelle. Donc il est malaisé pour l’employeur de percevoir le déséquilibre immédiatement si le salarié n’identifie pas et n’exprime pas d’où provient la dégradation. Ou bien si l’employeur ne lui fait plus confiance. Car si le comportement du salarié change (irritabilité, froideur, désengagement…), si l’employeur se braque, il devient d’autant plus facile de se blâmer les uns les autres.

« Quand le conflit devient personnel, on bascule aussi dans l’improductif », soulève Lucile Errera. « Plutôt que de chercher à démêler les responsabilités, qui a tort, qui a raison, il faut chercher à remettre sur la table ce qui nous lie, au quotidien et contractuellement: le travail, et quelle partie pose problème. »

Déséquilibre au cœur du conflit

Car le conflit entre employeurs et salariés signent souvent la fin de la relation de travail productive. Lucile Errera et Rita Di Giovanni ont cité des facteurs qui déséquilibrent souvent l’édifice « travail » entre employeur et salariés et créent des tension:

  • la disparition des marges de manœuvre,
  • la non-reconnaissance des efforts réalisés,
  • la confrontation à des sollicitations contradictoires,
  • le fait d’aller à l’encontre de ses valeurs,
  • devoir prendre des décisions, sans mandat, dans un contexte d’incertitude.

« Mais rien ne sera exprimé sur ce qui coince si le salarié n’a pas assez confiance en son employeur pour pouvoir exprimer là où ça coince, s’il craint d’être jugé ou « catégorisé ».

« Il faut aussi accepter qu’il n’y a pas de solution « clé en main », mais qu’il s’agira d’une multitude de petites adaptations qui viendront ajuster la situation au fil de l’eau », ont résumé les représentantes de l’Aract Occitanie.

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