Solidaires sous les eaux

Les inondations ont durement touché la vie locale et l’activité agricole de certaines régions du Centre de la France. Face au déchaînement de l’eau, des collectifs d’agriculteurs ont prêté main forte.

Brèche ouverte dans le canal de Briare qui fournit habituellement des ressources en eau pour les irrigants de la cuma de Montbouy.

Pallier au plus pressé et réconforter les âmes en peine : dans le Loiret, des agriculteurs habitués à travailler ensemble au sein de la cuma du Soleil basée à Ferrière-en-Gâtinais dans le nord du département, ont spontanément mis à disposition des cuves à eau pour satisfaire les besoins immédiats des habitants du village.  La «Cléry», une rivière qui coule dans les départements de l’Yonne et du Loiret, confluent du Loing, est en effet sortie de son lit. Son débit s’est soudainement accéléré à la mesure des très fortes précipitations printanières. Et paradoxalement, l’approvisionnement en eau potable de la commune voisine de Dordives a été rompu. Les agriculteurs sont donc intervenus pour aider à la mise en place d’un circuit d’acheminement de l’eau en utilisant une portion de canalisations enterrées et des tuyaux habituellement utilisés pour l’irrigation. Dans le même temps, la commune de Ferrière-en-Gâtinais, adhérente de la cuma, a utilisé le tractopelle de la coopérative pour aider aux déblaiements. Face au cataclysme, Nicolas Wambergue, le président de la cuma, s’est ému des nombreux actes de solidarité réelle déployés en faveur de personnes en plein désarroi.

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Le tractopelle de la cuma

Plus à l’Est du département, la cuma d’irrigation de Montbouy présidée par Jean-François Bézard, a également été touchée en raison de la brèche ouverte dans le canal de Briare, à partir duquel la cuma a installé sa propre station de pompage (moteur de 250 cv, débit de 400 m³/h). Réunie en assemblée générale le 10 juin, la cuma s’interroge désormais, en lien avec l’association des irrigants Irricanal et le réseau «Voies navigables de France», sur les solutions techniques possibles (barrage provisoire ?) susceptibles de préserver un volume d’eau minimal pour la prochaine campagne estivale d’irrigation.  Cet épisode climatique a touché les cultures riveraines du Loing et du canal, certains sites agricoles tels que des silos. Il compromet aussi l’activité économique liée au fret fluvial ou à la navigation de plaisance.
Plus au sud, du côté de Lorris, les éleveurs rassemblés dans la cuma de de la Treille ont également souffert, avec des troupeaux menacés pas la montée des eaux, et des inondations détruisant au passage certains équipements comme des robots de traite.

Réagir promptement avec les matériels

Les forces mobilisées pour intervenir dans les zones sinistrées ont pu s’appuyer sur des collectifs d’agriculteurs habitués à travailler ensemble, mutualiser leurs moyens et réagir promptement avec leurs matériels (plateaux, chargeurs, …). Et dans ce flot de malheurs, l’entraide entre voisins s’est traduite par la mise en œuvre de solutions matérielles concrètes, en même temps qu’elle a apporté un peu de baume au cœur.

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Un silo de la Caproga, coopérative agricole de l'Est du Loiret, menacé par l’a montée des eaux

Un silo de la Caproga, coopérative agricole de l’est du Loiret, menacé par la montée des eaux.

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