Trois chambres froides pour l’ail rose du Lautrecois

La cuma du Lautrecois, dans le sud-ouest du Tarn, a inauguré cet été ses chambres froides destinées à la conservation de l'ail rose de Lautrec, production sous signe de qualité. Un projet dont le coût atteint 700.000€.

L'entrée des trois nouvelles chambres froides de la cuma du Lautrecois, destinées à la conservation et au séchage de l'ail rose de Lautrec.

« Nous n’avions pas le choix« , indique le président de la cuma, Guillaume Bourguès. C’est lui qui a donné le coup d’envoi à ce projet ambitieux de chambres froides pour la conservation de l’ail Rose de Lautrec.

S’il fallait un autre chiffre, ce serait celui-ci:

« Nous n’aurions pas l’ail Rose, 80% des exploitations du secteur ne vivraient pas », indique-t-il.

illustrer la production d'ail rose.

L’ail rose de Lautrec, IGP.

L’ail rose de Lautrec, IGP label Rouge depuis 1966, est une institution. Ses qualités de conservation, sa couleur et sa saveur prononcée constituent sa marque de fabrique.

Sa culture constitue une branche dynamique de la cuma du Lautrecois. Elle possède également des matériels liés aux cultures des exploitations de polyculture-élevage.

La cuma est assez récente: créée en 2001, elle a reposé dès le départ sur ses deux activités: polyculture et ail rose.

La culture de l’ail concernait 10 adhérents au départ, et trois fois plus aujourd’hui, dont la coopérative Alinéa.

À leur initiative, la cuma a inauguré en juillet 2020 cette unité de stockage réfrigérée d’une capacité de 850 palox, projet auquel elle pensait depuis 2017.

Froid contre la fusariose de l’ail rose

Car l’ail rose de Lautrec s’avère particulièrement sensible à la fusariose. Une maladie qui s’étend depuis quelques années et qui se révèle au stade de la conservation, sous forme de brunissement de certains caïeux.

Sa particularité? La fusariose de l’ail « ne montre pas de signe précurseur au champ ce qui rend difficile sa prévision et son contrôle », explique Prosemail. Structure qui a mis en place une cotisation volontaire obligatoire pour financer un dispositif de recherche*.

Car la fusariose de l’ail est une maladie encore peu caractérisée. Il n’existe pas de produit phytosanitaire bénéficiant d’une autorisation de mise sur le marché pour lutter contre cette maladie.

« Mais les expérimentations ont permis de montrer que le stockage au froid, s’il ne traite pas la cause de la maladie, retarde l’apparition des symptômes sur les caïeux », détaille Prosemail.

Si la maladie a été un déclencheur, elle n’est pas la seule raison pour laquelle les « ailliculteurs » de la cuma du Lautrecois ont sauté le pas et fait construire leur chambre froide.

Plus d’antigermatif

« L’ail est classiquement traité par antigerminatif, explique Guillaume Bourguès. Nous anticipons de possibles interdictions d’usage dans ce domaine. La chambre froide nous permettra de résoudre cette problématique en empêchant la germination. »

Monter les équipements dont dispose ce groupe d'agriculteur pour sécher et conserver l'ail.

Guillaume Bourgès, président de la cuma du Lautrecois, montre que la chambre froide est aussi équipée d’une tour de séchage et d’une lucarne. Ainsi, les chambres peuvent servir à sécher ou à conserver l’ail rose.

Autre avantage, commercial celui-ci: la capacité de stocker et déstocker au long cours. Cela permet aux agriculteurs de commercialiser leurs produits sur une période plus longue.

« Avant, la période de commercialisation se concentrait sur l’été, avec des prix plutôt bas, l’offre étant abondante », explique Guillaume Bourguès. « Aujourd’hui nous commercialisons jusqu’à mars. »

La chambre froide, construite sur le terrain de la cuma, va également permettre aux producteurs de s’assurer des conditions de conservation. Les adhérents ont équipé les chambres de capteurs d’hygrométrie et les « groupes frigo » capables de produire du froid négatif.

Au total, l’amortissement revient à 55€ par palox. Auquel le président ajoute « sans doute une vingtaine d’euros d’électricité ». Une prix bien inférieur aux 110€ facturés par les prestataires auxquels avaient recours les adhérents, auxquels il fallait ajouter le coût du transport sur quelques dizaines de kilomètres.

En résumé: 75€ en moyenne contre environ 130€ précédemment. Le calcul est vite fait… d’autant plus que la cuma a bénéficié des soutiens financiers des collectivités, Conseil départemental et Région/Europe en tête. « Mais le projet tenait sans les subventions », note Guillaume Bourguès.

*une thèse est en cours, ainsi que deux autres projets de recherche, soutenus par l’INRAE et Prosemail participent, mais aussi le CEFEL), des chambres d’agriculture, des instituts techniques (ACTA, CTIFL) mais aussi l’ACTA, le CNRS et le FiBL.

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