[AG Fdcuma des Vosges] Valorisation des déchets: faire encore mieux!

En région
recyclage des déchets à la ferme

En prenant en compte l'ensemble des matériaux récoltés, Adivalor annonce un taux de recyclage de 80%.

20/03/2019 - 18:00

A l'occasion de son assemblée générale, la Fdcuma des Vosges a invité Adivalor pour faire le point sur le recyclage des déchets dans les fermes. Rencontre.

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Dans la gestion des déchets, les agriculteurs n’ont pas à rougir de ce qu’ils mettent en œuvre. Invité à faire un point sur le recyclage, Gaël Denizart, délégué régional Adivalor, tout en faisant un focus sur l’organisation de la filière, n’a pas manqué de féliciter les agriculteurs pour leur implication.

Créée en 2011, Adivalor est une société à but lucratif qui réunit les différents acteurs de la profession agricole. Composée d’une petite équipe de 18 personnes, «Adivalor a en charge l’organisation générale et la définition des modalités techniques de gestion des déchets», explique le correspondant pour le grand quart Nord-Est de la société.

Action volontaire

«Notre action est régie par quelques principes directeurs, complète le technicien. D’une part, nous gérons uniquement les déchets d’activités économiques pour lesquels les industriels versent une éco-contribution. Ensuite il s’agit d’une action volontaire et enfin les acteurs assurent une responsabilité partagée.»

Soutenus par les pouvoirs publics, ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie, Adivalor a élargi, au fil des années, le périmètre de son activité. Si les bidons de produits phytosanitaires sont les premiers à avoir été traités, les sacs papiers des semences ont fait une entrée récente dans le programme de ramassage. Et pour l’année 2019, l’opération fait un pas de plus en organisant la collecte des gaines souples d’irrigation et de déchets liés à l’activité œnologique.

Adivalor dispose, grâce aux coopératives et négociants impliqués, d’un maillage conséquent sur le territoire national. «Nous disposons de plus de points de collecte qu’il n’existe de déchetterie en France», analyse Gaël Denizart.

Taux de recyclage à 80%

«Sur l’ensemble des différentes matières réceptionnées, nous affichons un taux global de recyclage de 80%», ajoute le représentant d’Adivalor. Un score très honorable mais terni par deux points noirs: les filets et les films de maraîchage.

«Pour le filet, il n’existe malheureusement aucune filière intéressée par ce produit. Son unique valorisation est aujourd’hui énergétique. Mais il ne faut surtout pas abandonner cette collecte, explique le spécialiste, car en collectant, nous pouvons quantifier précisément les tonnages en jeu. Et avec le temps, nous espérons susciter un intérêt chez des industriels pour une valorisation plus noble.»

En revanche, pour le film de maraîchage, la solution sera plus complexe et semble bien moins abordable. En cause, le taux de souillure de cette matière. Et Gaël Denizart d’illustrer son propos par un exemple: «un hectare d’asperges va mobiliser une tonne de film qui, lors de son évacuation, va accumuler 2 à 2,5 tonnes de souillure (terre, matière végétale…). C’est un dossier délicat au niveau national, mais qui ne doit surtout pas remettre en cause l’ensemble des efforts déployés par les différents acteurs, qui font que la France est en pointe dans la gestion de ces déchets de l’agrofourniture


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Aléas climatiques

Par ailleurs, faisant le point sur l’année écoulée, le président de la Fdcuma est revenu, pour sa part, sur les conditions climatiques qui ont, une nouvelle fois, compliqué le déroulement de la saison. La gestion des exploitations devra passer par un retour en grâce des stocks. Trop souvent décriés par le passé, précise Bernard Sion, les stocks seront peut être à porter à 6 mois, voire 1 an pour faire face à des conditions extrêmes. L’aménagement des bâtiments visant à atténuer des chaleurs intenses devra probablement être repensé lui aussi. Autant de nouvelles préoccupations qui ne vont pas améliorer la trésorerie des exploitations.

recyclage des déchets : au menu de l'AG des Vosges

La Fdcuma est revenue sur les aléas climatiques qui ont compliqué le déroulement de la saison 2017/2018.

Et le président de la Fdcuma de citer quelques-uns des grains de sable qui enflamment les relations de groupe: un matériel réservé, bloqué qui n’est pas utilisé; un autre matériel laissé en panne et non signalé; des ficelles qui traînent sur les hérissons d’un épandeur, etc.

Les rapports humains sont la base d’un bon fonctionnement d’un groupe, et dans une cuma, même lorsqu’il est question de gérer des machines, le succès passe par le dialogue.

Tri à la source
Plus l’attention est portée au tri à la source, meilleures sont les chances d’aboutir à un recyclage noble des matières collectées. Gaël Denizart, constatant que les agriculteurs sont bien impliqués dans le processus, les encourage néanmoins à être très précautionneux dans le tri, le conditionnement et le stockage des différents plastiques.

Pour les bidons phytosanitaires, historiquement premiers contenants à avoir été mis au programme d’Adivalor, le taux de collecte national est de 85%. Les bigs bags affichent un score similaire. Les produits lessiviels ont dépassé de peu la moyenne avec 60%. Les films d’enrubannage et les ficelles/filets sont dans une bonne dynamique: 65% pour les premiers et 40% pour les seconds. Mais entre 2017 et 2018, les tonnages ont bondi de 20 à 30%.

Il faut aussi noter, admet le délégué Est d’Adivalor, qu’une collecte réalisée deux fois par an, comme planifiée dans les Vosges, peut être considérée comme un des facteurs de développement des tonnages collectés. Ce rythme de ramassage n’est pas encore systématisé dans tous les départements.

 

Adivalor : une responsabilité partagée
Adivalor repose sur une organisation partagée et sur une implication des différents acteurs de la filière.

Adivalor intervient dans l’organisation générale et s’implique dans la mise au point des différentes modalités techniques de la filière.

Les utilisateurs, au nombre de 300 000, principalement les agriculteurs, assurent le tri, la préparation et apportent les déchets selon le planning établi.

Les 1 300 opérateurs de collecte, à 90% de coopératives et des négociants agricoles, servent de points de collecte et de ramassage. Le transport et le traitement sont sous-traités à 110 entreprises de l’environnement.

Les metteurs en marché et industriels (330) contribuent financièrement à ces programmes, via une contribution spécifique.

Christian Krebs
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