Une petite cive en attendant ?

Les cultures intermédiaires ajoutent des interventions et des charges de production. Mais elles dynamisent les cycles de la production. De plus en plus d'agriculteurs leur trouvent des atouts, voire des valorisations, notamment avec la production d’énergie.

La cive réussie, qui fournit un maximum de biomasse par la même occasion, entretient le dynamisme productif du sol (©Michel Seznec).

Une partie de Cims? à moins que vous ne préfériez les Cive, ou encore jouer la carte dérobée, voire Cipan? «Selon l’objectif visé avec ses cultures intermédiaires, on va leur trouver différentes terminologies», s’amuse Céline Laboubée, Chargée de projet Bioénergie de Solagro. En juin, elle présentait un webinaire consacrée aux cultures intermédiaires à vocation énergétique.

«La mise en place de ces cultures intermédiaires n’est pas innovante, mais la méthanisation accélèrent leur déploiement. Nous avions les implantations en zone vulnérable pour les nitrates. Dans les zones d’élevage, elles représentent une opportunité de produire un supplément de fourrage…» Désormais, une nouvelle possibilité s’ajoute donc: «La valorisation par la méthanisation apporte un intérêt économique qui encourage la mise en place d’intercultures».

Dans Cims, tout est dit

Le fait de couvrir au maximum le sol tempère l’ardeur de la flore adventice sur l’ensemble de la rotation. Les autres effet bénéfiques potentiels des intercultures (pièges à nitrates, engrais verts…) ne sont plus à démontrer non plus. Ainsi le terme utilisé par l’Inrae, Cims, pour Culture intermédiaire multi-services, fait figure de bon résumé.

Reste que les inconvénients, à l’instar des atouts, sont aujourd’hui bien connus. La culture intercalaire peut impacter négativement le rendement de la culture suivante. «C’est selon les conditions, le type de cive…», précise Céline Laboubée. «En sol moins profond, il faudra bien laisser au moins trois semaines entre une cive d’hiver et la culture principale», prend-elle en exemple.

Passage de semoir dans des cannes de maïs

La réussite des cive se joue sur les dates d’implantation, sur la fertilisation… Leur implantation, fertilisation ou récolte ajoutent du travail à des périodes déjà chargées. C’est une donnée à intégrer dans les stratégies de main d’œuvre des exploitations concernées. Et elle impacte le coût de production des cive.

Cette catégorie de cive que l’on implante après une récolte de fin d’été – début d’automne, propose un rendement potentiel de l’ordre de 6 à 9tMS/ha, beaucoup moins aléatoire que celui des cive d’été. Ces dernières regroupent les maïs sorgho, moha implantés avant le 10 juillet pour une récolte en automne qui libère la place à une nouvelle culture d’hiver principale.

Sans irrigation, ces cive d’été peuvent atteindre la dizaine de tonne par hectare, pour un coût de production au moins équivalent à celui des cive d’hiver. Mais selon le climat de l’été, leur productivité peut aussi ne même pas justifier d’engager la récolte.

Culture ne va pas sans fertilisation

La bonne cive est celle qui produit de la biomasse. Ainsi, la place de la cive dans la rotation et la conduite technique maîtrisée semblent donc des éléments plus importants que les choix d’espèces. Néanmoins, «mettre des légumineuses en cive d’été ne nous apparaît pas pertinent. Et en cive d’hiver, il ne faut pas en mettre plus de 40%, puisqu’au delà, on pénalise le rendement.»

Pour atteindre l’objectif de croissance, pas de miracle. Comme les autres cultures, la cive demande un minimum de fertilisation. Les experts posent un repère de 60uN/ha pour viser un rendement de 6tMS/ha. Avec un tel développement, la culture intermédiaire valorisée en production d’énergie laisse au sol quasiment autant de biomasse qu’une cipan n’ayant accumulé que 2tMS/ha dans sa partie aérienne.

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