Des jeunes aux responsabilités !

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Des jeunes aux responsabilités !

Ci-dessus, James Giraud, Président (à g.) et Pierre-Jean Clerc, trésorier (à d.) de la cuma de la Vallée de la Vienne où prévaut une approche participative avec des jeunes qui s’impliquent dans la prise de responsabilités.

Dans le Sud–Est de la Vienne, la majorité des administrateurs de la cuma de la Vallée de la Vienne, ont moins de 35 ans. Comment la cuma parvient-elle à mobiliser les jeunes générations ? Eléments de réponse.

La cuma de la Vallée de la Vienne ne se distingue guère des autres qui existent dans ce secteur géographique dominé par l’élevage. C’est une coopérative moyenne avec 66 000 € de CA en 2019 pour 35 exploitations adhérentes. Elle ne dispose pas d’hangar, ni d’automoteur de récolte, ou bien de salariés. Mais elle attire néanmoins des jeunes qui endossent leurs responsabilités. James Giraud Président et Pierre-Jean Clerc trésorier, identifient quelques leviers essentiels pour conduire les jeunes à s’investir.

D’abord installer

C’est une lapalissade : plus le nombre de nouveaux agriculteurs installés sera élevé, plus la cuma aura statistiquement des chances de recruter de nouveaux adhérents. C’est le cas dans ce secteur dont les terres révèlent pourtant un potentiel moyen, mais qui demeure un territoire où l’on continue à installer, en majorité dans le cadre familial sur des structures assez vastes.

Débuter une carrière d’agriculteur en sachant qu’on ne sera pas le seul jeune dans le coin à exercer ce métier est peut-être aussi de nature à convaincre d’autres jeunes de devenir à leurs tours agriculteurs …

Garantir des économies de charges

Dans une conjoncture économique tendue, « on n’a pas le choix de maîtriser les charges » affirme le jeune trésorier, Pierre-Jean Clerc. Les deux responsables soulignent l’intérêt économique qui existe à pouvoir utiliser les matériels de la cuma tels que le plateau à fourrage (5 €/voyage), le déchaumeur (6 €/ha), l’épandeur (8 – 10 € par voyage), et d’autres.

Les nombreux investissements réalisés en 2020, qui représentent une dizaine de matériels achetés pour une valeur de 2350 000 €, devraient conforter cette dynamique collective. Le Président qui occupe cette fonction depuis quelques mois précise que cela est possible grâce à une bonne gestion financière de la cuma.

Partager la gouvernance avec les jeunes

A l’AG, près de 4/5 ème des adhérents sont présents. C’est presque un record. En amont, le CA constitué d’une dizaine de personnes, « prémâche » ce rendez-vous annuel en se réunissant régulièrement. Près d’une fois par mois en 2020 ! Le conseil a été récemment renouvelé.

Mais l’ancien Président et Trésorier sont restés dans le CA ; ce qui évite une transition brutale.  Dans le conseil, on retrouve les principaux utilisateurs. Les achats de matériels sont décidés en CA avant que chaque groupe concerné finalise le choix.

Jeunes et acteurs de leur cuma

Pour être plus opérants, une partie des nouveaux administrateurs envisagent aussi de suivre la formation intitulée « adhérent et acteur de ma cuma » proposée par la Fdcuma de la Vienne. A noter : un responsable est désigné pour chaque matériel.

Et tous les adhérents sont invités à signer le règlement intérieur qui engage chaque signataire. « Je me sens un peu comme un coach dans une équipe de foot » ressent le Président pour qui la préparation puis l’animation des réunions revêtent un caractère essentiel de manière ce qu’elles soient pleinement profitables…

Chercher des solutions

Les exploitations sont différentes en productions et en tailles. Quelques-unes de disposent pas toujours de la puissance requise pour tracter le matériel. Cela peut être une source potentielle de conflit. Mais pour Pierre-Jean Clerc, des solutions alternatives peuvent être recherchées pour ne pas freiner l’acquisition d’outils de gros débit.

Les adhérents concernés doivent pouvoir être en mesure de trouver des solutions: mise à disposition de tracteurs ou échange de services entre adhérents, adhésion à une activité tracteur dans une autre cuma, ou bien location d’un gros tracteur. Lorsque le besoin de puissance est très ponctuel, cela ne justifie pas qu’un adhérent investisse dans un tracteur surpuissant.

«Pour ma part, j’ai pris des engagements juste pour quelques heures, dans l’activité de sous-solage avec pose à pose de drain qui nécessite un tracteur puissant dont je ne dispose pas» témoigne le trésorier.

Préserver l’ambiance

«Il faut veiller à la convivialité» assure James Giraud. C’est essentiel tout comme il est utile de rappeler les règles quand c’est nécessaire. « S’il n’y a que 10 % de réfractaires dans le groupe, çà se gère. D’eux-mêmes, cette minorité va finir par se plier à la règle commune » tempèrent les deux responsables.

Pour éviter que conflits naissants parasitent l’ambiance, chacun laisse au vestiaire les sujets susceptibles de crisper les relations. Même si la pression foncière est forte, ou si les sensibilités syndicales diffèrent, cela ne justifie pas que l’on remette en cause l’unité du groupe…

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