La cartographie dans tous les sens avec le drone

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La cartographie dans tous les sens avec le drone

Les vols de drone au dessus de la parcelle permettent de mieux connaître les sols et de les zoner.

Moduler ses apports ou bien connaître ses sols, ce sont deux sujets primordiaux pour les agriculteurs en recherche de plus d’agronomie dans leurs pratiques. Reportage dans des parcelles prêtes à être emblavées avec Eric Huis et Michaël Montay, les deux fondateurs de la société Usedrone.

Les conditions printanières de ce 18 avril dans le Pas-de-Calais sont idéales pour faire voler le drone de la société Usedrone. Peu de vent, nuageux mais clair, « les six objectifs du drone vont pouvoir photographier la parcelle toutes les trois secondes et établir une cartographie, explique Éric Haïs, cofondateur de l’entreprise au milieu d’une parcelle labourée. On va pouvoir récupérer les données sur les nuances de couleurs du sol pour ensuite les qualifier, mais aussi déterminer des zones avec des repousses d’adventices. »

Simplifier la cartographie

Discours étonnant pour un informaticien qui, il y a cinq ans, ne savait pas reconnaître du blé et de l’orge. Depuis, et grâce à son associé, Michaël Montay, il a acquis de l’expertise en agronomie. Et inversement pour l’agriculteur en matière de développement informatique.

Pourtant, rien ne prédestinait ces deux-là à se rencontrer. Mais leur envie de développer un modèle informatique pour les agriculteurs les a réunis en 2019. Après deux ans de développement, la société Usedrone commercialise deux outils pour aider les agriculteurs à cartographier leurs parcelles et moduler leurs intrants.

« L’un des principaux freins à la modulation est le temps que l’agriculteur doit y consacrer et le manque d’accompagnement, estime Michaël Montay, lui-même agriculteur dans le Pas-de-Calais. C’est pour ces raisons que nous avons voulu créer un logiciel de conseil simple d’utilisation, en plus d’une prestation de cartographie. » Une fois l’analyse réalisée et la cartographie validée, l’agriculteur n’a plus qu’à exporter les fichiers pour le mettre dans sa console via une clé USB. Ces cartes sont compatibles avec toutes les marques.

L’une des principales missions des deux associés et amis est de cartographier les sols. « L’idée est de connaître sa parcelle selon les natures de sols et de les délimiter en zones, explique Michaël Montay. Pour cela, on s’appuie sur les photographies des drones, mais également sur l’expertise de l’agriculteur et des analyses de sols. »

Apports d’engrais

Une fois répertoriées, les zones seront analysées. Puis, via un logiciel, des conseils de fumure et de semis sont délivrées. L’agriculteur peut ainsi moduler la densité des semis selon le type de sol, la variété qu’il implante, la date, son objectif de rendement etc.

« Grâce à l’expertise du Comifer intégré dans nos outils, nous pouvons également proposer une cartographie des apports de phosphore et de la potasse, précise le fondateur. Nous calculons la dose efficace. C’est-à-dire que nous sommes capables d’estimer la volatilisation de l’engrais via les données météorologiques renseignées auparavant. Bien sûr, ce ne sont que des conseils. Si l’agriculteur veut plafonner ses apports d’engrais ou simplifier les zones, il peut le faire facilement sur le logiciel. »

Eric Huis et Michaël Montay, fondateurs de usedrone modulation intrants,

Eric Haïs et Michaël Montay, les deux fondateurs de la société Usedrone et Apoline Eloire, apprentie veulent démocratiser la modulation des intrants.

L’autre activité des deux fondateurs est d’apporter un conseil en matière d’apports d’azote et de protection des plantes (zones d’infestation d’adventices) selon le stade de leur développement. Éric Haïs s’appuie donc sur les cartes GPS des parcelles. « Elles sont plus précises puisqu’elles sont prises à un instant donné, rappelle-t-il. L’intelligence artificielle, apporte une assistance à l’œil humain en nous permettant de généraliser ce qui a été repérer à certains endroits. »

Mémoriser les caractéristiques d’une parcelle

Une carte en est issue avec des zones selon la vigueur de la plante ou selon le salissement de la parcelle. Le logiciel vient ensuite préconiser les doses à apporter selon la variété, le produit, la sélectivité phyto, l’historique de la parcelle, etc. Toujours modifiable par l’agriculteur.

Les deux fondateurs viennent aussi enrichir leurs modèles sur des mesures sur le terrain grâce à des pinces type N-tester ou des pesées. « Pour les ronds d’adventices par exemple, il n’est pas toujours nécessaire de faire appel au drone, on peut le faire via l’appli en faisant son tour de plaine, fait remarquer Michaël Montay. Outre la modulation, c’est aussi un moyen de repérer les zones et de les mémoriser pour les années suivantes. Et ainsi adapter son itinéraire technique. »

À l’image des adventices vivaces ou des vulpins qui ne sont pas toujours visibles dans les cultures de pommes de terre, mais qui sont bien présents en céréales. Comme quoi, il suffit parfois de prendre de l’altitude pour ensuite mieux moduler ses apports d’intrants ou mieux connaître ses sols.

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