[Méthanisation] L’épandage de digestats géré en cuma

En région
méthanisation épandage digestats

La cuma des Sources (52) disposent de 3 tonnes à pendillards de 10, 16 et 21 m3.

10/04/2019 - 18:00

Avec plus d’une centaine d’installations en fonctionnement, et de nombreux projets dans la région, le sujet de la méthanisation est au cœur des réflexions stratégiques du monde agricole du Grand Est. Se pose notamment la question de la logistique la plus adaptée pour l’épandage des digestats liquides. Exemple de trois cuma de Haute-Marne réalisant ces chantiers. Un article extrait du dernier Spécial Grand Est.

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Concernant la méthanisation, la plupart des initiatives sont issues de la réflexion d’agriculteurs soucieux de créer des outils directement intégrés dans leurs exploitations, ou d’envergure locale avec assez peu d’acteurs extérieurs. L’enjeu de la réflexion est d’avoir des gisements de matières d’origine exclusivement ou majoritairement agricole pour en évaluer la durabilité et la tarification à court et moyen terme. La technologie la plus présente est «l’infiniment mélangé», avec des puissances produites de 120 à 250 KW, ce qui a pour conséquence de devoir gérer des milliers de mètres cubes de digestat liquide.

Entre facteurs météo, contraintes agronomiques et organisation du travail, les chantiers d’épandage ne sont finalement pas négligeables dans l’organisation des exploitations et demandent d’être réactifs. Pour certains, la réponse est claire, avec un recours à des prestataires de services. Mais dans d’autres cas, où plusieurs exploitations contribuent au projet, les cuma locales existent déjà avec des outils d’épandage standard. Tout naturellement, la question se pose donc au groupe de savoir si la cuma doit répondre à ces nouvelles demandes et chercher à adapter son parc avec des outils d’épandage de précision, souvent onéreux.

600 à 1000 m3 par jour

En Haute-Marne, la cuma de Villemoron a investi spécifiquement dans trois tonnes de ravitaillement et une tonne d’épandage en 20m3 pour gérer les 16000m3 de digestat qui retourne vers les quatre exploitations impliquées en méthanisation. Avec des distances limitées et des surfaces épandables importantes, la logistique de transport reste le «tout tracteur» avec des débits journaliers de 600 à 1000m3. Les coûts d’épandage globaux varient selon les distances de 4 à 6€/m3.

méthanisation épandage digestats Samson

Pour l’épandage des digestats, la cuma de Villemoron (52) a fait le choix d’une tonne Samson de 20m3 ravitaillée au champ par trois autres tonnes chargées du transport.

Aux environs de Bourmont, à la cuma des Sources, les sections épandages solide et liquide existaient déjà et la cuma a réfléchi à l’adaptation de son parc en respectant les contraintes de sols et de topographie locale.  A ce jour, trois tonnes à pendillards sont présentes en 10, 16 et 21m3 pour satisfaire aux différentes situations. La logistique est plus hétéroclite, allant de citernes d’occasion, en passant par la location de poids lourds pour gérer l’approvisionnement en direct, ou par des poches de transfert pour les parcelles éloignées.

10 tonnes par hectare

La cuma de Villesec a choisi de répondre  »oui » à la demande d’un méthaniseur agricole en voie sèche où les volumes sont principalement solides. Après une phase d’essais, un épandeur à table a été investi en ayant pour objectif qu’il puisse aussi servir pour d’autres matières où la précision d’épandage est devenue indispensable. Environ 4000 t de digestat solide sont épandues à des doses d’environ 10t/ha.

méthanisation épandage digestats Rolland

La cuma de Villesec (52) se charge de l’épandage des digestats d’un méthaniseur en voie sèche avec un épandeur à table de marque Rolland.

Dans les deux ans à venir, environs 15 projets vont voir le jour et plusieurs cuma vont aussi avoir ces questions à gérer. Voilà de quoi mettre en débat dans les groupes des questionnements plus larges, sur l’optimisation des tracteurs ou encore l’embauche partagée. Avec des zones plus denses en implantation de sites, le débat pourra encore aller plus loin sur l’approche territoriale globale et peut-être trouver des synergies pour éviter des pertes de temps et d’argent, notamment autour de la logistique de transport.

Pour aller plus loin sur la thématique du rôle des cuma dans le développement de la méthanisation, (re)découvrez ci-dessous l’interview de Véronique Gélak (animatrice méthanisation de la fédération des cuma de Nouvelle Aquitaine).


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Eric Aubry
  • Daniel Chateigner

    Bonjour,
    Avec une densité de méthanisation accrue, attendez vous surtout à des compétitions entre cuma et agriculteurs, comme jamais auparavant. Les gros mangeront les petits et toutes ces belles réflexions sur l’écologie n’auront plus lieu. Les terres souffriront de la méthanisation à outrance. Qui parmis ces projets est capable d’estimer l’appauvrissement en carbone organique du sol à l’horizon 10 ans ?
    Le CSNM
    https://twitter.com/CSNM9

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