Reprogrammation des moteurs: j’y vais, j’y vais pas?

Il n’est pas rare que les moteurs de tracteurs ou de gros automoteurs soient modifiés pour gagner de la puissance. Une opération qui a ses risques, juridiques comme techniques, et mérite d’être conduite en connaissance de cause.

Tous les moteurs ne répondent pas de la même manière (Crédit photo : Amazone - Semoir Primera).

Depuis longtemps, des agriculteurs sont amenés à faire régler le moteur de leur tracteur ou d’un autre automoteur. Soit pour résoudre un problème, généralement un manque de puissance ou une courbe moteur irrégulière. Soit pour gagner des chevaux: ils savent par exemple, que le modèle au-dessus est très similaire et que seul le paramétrage du moteur explique quelques milliers d’euros de différence de prix. Autrefois, ce type de réglage se limitait à faire sauter un plomb sur la pompe et à donner un coup de tournevis. Sur les tracteurs d’aujourd’hui, on connecte un petit boîtier ou on charge un programme différent de celui d’origine dans le calculateur d’injection. On parle alors de «chip tuning».

En cas d’accident…

Le premier point à savoir est que l’homologation du tracteur peut alors se trouver mise en cause. En effet, l’article R321-16 du Code de la route impose une nouvelle procédure d’homologation dès lors qu’un véhicule a subi «des transformations notables». Même si, dans la pratique, la reprogrammation est difficilement décelable, elle représente une prise de risque juridique, surtout en cas d’accident. Les constructeurs sont clairs là-dessus (voir l’avis de leur syndicat Axema). L’acheteur d’un tracteur d’occasion peut d’ailleurs se retrouver avec un engin gonflé sans le savoir.

moteur diesel injection

Injection optimisée ou trafiquée, telle est la question.

Vérifier le résultat

Il existe sur le terrain différents vendeurs de puces et opérateurs qui proposent de reprogrammer les moteurs. Certains affichent une mise en garde, comme par exemple Sport System ou Concept-Prog, d’autres pas. Le résultat de l’opération n’est pas non plus garanti. Les opérateurs de banc d’essai moteur le constatent. Le gain de puissance espéré n’est pas forcément au rendez-vous, ou la consommation spécifique (le rendement) se dégrade parfois, autrement dit les chevaux gagnés coûtent cher en carburant.

Dès lors qu’un propriétaire de tracteur a décidé de faire une intervention sur son moteur, et en assume la responsabilité, les spécialistes du diagnostic moteur jugent plus rationnel de passer le tracteur au banc d’essai, en deux fois. Avant, pour faire un état des lieux et après, pour juger du résultat de l’opération (facturée tout de même autour de 1.000 euros). Ce test, peu coûteux, aura au passage l’intérêt de mieux cerner les plages de régime moteur les plus favorables pour concilier performance et économie de carburant, pour différents types de travaux.

Surchauffe

Enfin, rappelons les risques d’un gonflage exagéré d’un moteur sur le plan technique: casse de la transmission (non dimensionnée en conséquence), surchauffe (système de refroidissement insuffisant), passage en mode dégradé (mise en sécurité suite à une alerte détectée par un capteur de température ou de pression). Le constructeur peut alors se dégager de la garantie. Et nos poumons ajouteront qu’il n’est pas assuré que le niveau de pollution d’un moteur reprogrammé reste inchangé…

Entraid Vidéos

Ils font les silos avec un-gros-chargeur frontal MX

Premiers ensilages de maïs dans la Vienne

Moisson: pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?

La bineuse suit la trace du semoir grâce au RTK

A LIRE également

Nos offres
d'abonnements

Papier + 100% numérique

Recevez votre magazine chez vous en plus de l’abonnement numérique

Je m'abonne
abonnement