85 €/ha pour du semis direct sous couvert

Depuis quelques années en Aveyron, nombre de groupes d’éleveurs explorent les techniques sans labour. Retour d’expérience avec la cuma du Naucellois, aujourd’hui équipée de deux semoirs de semis direct : un Gaspardo Direta Corsa et un John-Deere 750 A de 3m.

La possibilité de semer sur des couverts vivants fait évoluer les pratiques.

Article tiré de l’édition spéciale Aveyron d’Entraid, diffusée à l’occasion de la Journée de la mécanisation, organisée par la fdcuma de l’Aveyron le 19 septembre à Buzeins (près de Séverac), et dédiée à l’adaptation de techniques de moindre travail du sol à un contexte d’élevage.

Développer les couverts végétaux

Mis en place en 2004, le service semis direct de la cuma du Naucellois connait depuis 4 ans un nouveau développement sur son territoire, qui comprend les anciens cantons de Naucelle et de Baraqueville.

Philippe Rech, président de la cuma du Naucellois (en duo avec Jean-Claude Sudres) raconte que « des agriculteurs se posaient des questions sur leurs façons culturales, des réflexions ont été engagées et la cumaa acheté un semoir direct. Suite à cela ils ont souhaité se former».

Tout d’abord l’implantation de prairies, de céréales ou de méteils réalisées en semis direct au lieu du labour et puis progressivement l’introduction de couverts végétaux.

Mais comment fait-on ensuite? Différentes utilisations de ces cultures intermédiaires sont faites: pâturage, récolte ou destruction pour un retour au sol.



Semis direct sous couvert vivant

Des approches nouvelles qui nécessitent un accompagnement technique ou des échanges de pratiques entre agriculteurs, certains expérimentent sur de petites surfaces, d’autres sont plus audacieux…

Bilan? Les surfaces semées ont augmenté.

« En 2018, la cuma s’est équipée d’un second semoir de semis direct pour couvrir la demande ».

Cette demande devrait représenter plus de 400 ha cette année, mais il y a encore du potentiel sur ce territoire.

Les semoirs sont en capacité de semer dans des couverts vivants qui ne sont pas toujours détruits chimiquement.

Avec un rouleau habituellement utilisé pour le rappuyage du sol ou simplement par le passage du tracteur et du semoir direct, la végétation se couche et si elle est suffisamment développée, (l’idéal étant au stade épiaison ou floraison) et ne se relève pas.

Organisation du groupe

Le semoir était en service complet au départ. Aujourd’hui les adhérents peuvent choisir de recourir à un chauffeur ou pas, car l’utilisation est beaucoup plus étalée, précise Philippe Rech : « il n’y a plus une ou deux saisons de semis dans l’année, on sème des trèfles dans des céréales en février et ensuite ça se poursuit, en mai après les méteils récoltés, viennent pour les couverts d’été après la moisson ; en septembre pour les rechargements ou semis de prairies et puis les céréales en octobre novembre ».

L'un des semoirs de semis direct de la cuma du Naucellois en Aveyron.

Zoom sur l’un des semoirs de semis direct.

De nouvelles techniques sont testées: « avec un agriculteur qui est en bio, on sème du sarrasin, on verra le résultat, » indique Philippe Rech.

Autre exemple : un adhérent sème du maïs et du tournesol avec le semoir direct et ça fonctionne.

En pratique

Les semoirs utilisés, un Gaspardo Direta Corsa et un John-Deere 750 A de 3m, sont adaptés à leurs pratiques, ils possèdent un dispositif de réglage de profondeur par élément, et une bonne capacité de pénétration.

Le coût du semoir seul est aux environs de 25 €/ha. Il faut ajouter le tracteur, chauffeur et carburant pour chiffrer le service complet, variable selon la performance du chantier, mais aux environ de 85 €/ha.


Voici l’avis concret de deux autres cuma aveyronnaises qui ont essayé ces outils et les ont adaptés à leurs contextes:

La cuma de Lebous et son semoir de semis direct à socs Aitchison, essentiellement pour le regarnissage des prairies

La cuma du Pourtalou et son scalpeur de prairies

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