[Vente en ligne] La stratégie commerciale agricole de Miladiou.net

En juillet, Entraid vous propose un dossier pour vous guider pas à pas avant de vous lancer dans l'aventure de la vente en ligne (web marchand). D'ici-là, voici un premier témoignage: celui de Patrick Cougoureux. Avec sa mère, il a défriché le web il y a bien longtemps dans l'optique de vendre en direct.

Vendre des produits agricoles en direct et en ligne: la famille Cougoureux s'est lancée très tôt dans l'aventure.

Patrice Cougoureux est aujourd’hui agriculteur. Il s’occupe essentiellement des aspects de gérance et commerce de la Ferme de Peyrouse.

Quel est le paysage numérique de vos activités?

Le site de précommande www.miladiou.net est complété par une page Facebook, tout comme le site lié à l’activité agricole de la ferme de Peyrouse. Le chef Ghislain Deschar, qui officie à la ferme-auberge, anime aussi sa page Facebook (Le Paysan à la toque).

Etes-vous e-commerçants purs ou le site vient-il compléter un/des points de vente physique(s)?

Nous travaillons depuis 1999 à partir d’un réseau de points de retraits où sont livrés des colis, Paris, Montpellier, Toulouse, Béziers, Nîmes, avec des colis postaux. C’est désormais un groupe de producteurs qui approvisionne, pour élargir la gamme. La base clients s’est constituée à partir d’une base d’adresses mail récoltées à la ferme, et par le bouche à oreille. Nous ne faisons pas réellement de prospection sur internet, même si aujourd’hui, nous travaillons sur le référencement via le site et les réseaux sociaux pour étendre notre base clients, vers les plus jeunes.

Quelle est votre client-type?

Le profil de nos clients, c’est 80% de femmes, plutôt entre 45 et 55 ans, fonctionnaires et à l’Éducation nationale, et qui souhaitent mettre un peu plus d’argent que la moyenne pour cuisiner de bons produits.

Comment se déroulent le paiement des commandes?

Le paiement ne se fait pas sur internet, mais par chèque ou espèce, lors de la livraison. C’est très rapide car le client connaît exactement le montant à amener. Et c’est direct, sans frais intermédiaire. Donc techniquement notre site n’est pas un site marchand mais un site de pré-commande.

Comment avez-vous entamé la réflexion sur le site web?

Ma mère a commencé la vente directe dès 1999, avec des mails sur Yahoo et Free. Dès 1995, j’ai créé pour premier site personnel pendant mes études, une sorte d’ancêtre du « Boncoin » ou mes collègues pouvaient déposer des objets à vendre.

En 2011, nous accueillons sur l’exploitation des stagiaires de l’Agro de Montpellier. L’un d’entre eux nous demande pourquoi nous ne créons pas de site marchand. Nous avons commencé avec lui, en tant que stagiaire. C’était au moment de l’affaire Spanghero, les années fastes de la vente directe. Notre base clients a explosé, passant de 300 à 800.

Ce site était en php3, c’était essentiellement le stagiaire qui le gérait car c’était au-delà de ma compétence. Lorsqu’il est parti en année Erasmus, j’ai repris tant bien que mal pendant 2 ans et demi, avec un peu d’aide de l’un de mes clients. Ce site ne m’a coûté que l’indemnité de stage, mais par contre le temps passé est énorme, de l’ordre de 280 heures sans compter la maintenance. C’était tout de même un gain de temps important par rapport à notre fonctionnement précédent, où tout se faisait par mail et téléphone.

Malgré tout, le site comportait quelques failles et nous avons rencontré un gros souci technique, heureusement pas à un moment clé. Nous avons donc tout recréé, à l’aide d’un informaticien qui est aujourd’hui actionnaire de la Sarl.  Si nous étions passés par une entreprise spécialisée pour lifter sérieusement l’interface et gérer le site, nous en aurions au moins pour 5000€.

Il y en a eu pour 250h (minimum) de travail. Nous avons fait faire des photos de nous et des produits par un photographe. Aujourd’hui, le site fonctionne, il est ergonomique et esthétiquement simple. Nous n’avons pas souhaité que ça fasse trop “bling-bling” pour coller à l’esprit de l’entreprise démarrée par ma mère.  Et en plus si c’est trop beau, pour un site paysan, ça devient suspect!

Pourquoi ce nom de site web?

Miladiou, c’est un blasphème en occitan. Il nous fallait un nom facile à retenir en 2 ou 3 syllabes. Nous avons fait quelques brainstorming. Au départ, ça choquait, mais finalement tout le monde le retenait.  On voulait garder cet ancrage Sud-Ouest. C’est un mot que notre cible connaît. Et finalement au-dessus de Limoges, les gens le retiennent même s’ils ne parlent pas occitan.

Avez-vous fait appel à une entreprise prestataire ou pas?

Non, mais la SARL inclut aujourd’hui un actionnaire, informaticien de profession, qui a créé les nouveaux sites (d’exploitation, site de pré-commande), s’occupe de les coordonner et de la partie référencement. Ensuite, chacun s’occupe au quotidien d’alimenter son site et/ou sa page Facebook dédiée.

Quels système de gestion des contenus (CMS)?

C’est du WordPress fusionné avec Prestashop.

Quels coûts?

Si nous avions tout fait faire, ça aurait été un gros investissement. Jérôme évalue le coût, au lancement du site à plus de 10000€ et à 2 ou 3000€/ an ensuite en maintenance (incluant le travail sur le référencement, la prise de “virage” des réseaux sociaux). C’est du sur-mesure. mais au moment où nous avons commencé, il n’existait pas encore les offres intégrées, type 1and1 ou Wizishop, qui existent aujourd’hui.

Combien de temps consacrez-vous à l’animation de ce site?

Pour ma part, j’y consacre environ une journée par semaine. Jérôme, l’informaticien  a passé 250h à construire le nouveau site, et en routine y passe une douzaine d’heures par semaine.

A lire également notre article: « Des ‘serial-entrepreneurs’ reprennent la ferme de Peyrouse »

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