Apprentie en cuma, et autonome

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«A la cuma, on me laisse une grande autonomie, apprécie Anaïs Orhan. Le travail est très diversifié et me permet d’apprendre beaucoup.»

07/05/2019 - 13:00

Après un Bac scientifique puis un Bts Acse, Anaïs Orhan est apprentie pour un an aux côtés des trois salariés de la cuma Plume Chat-Huant en Loire-Atlantique. Elle n’envisage pas son avenir professionnel sans contact avec les machines agricoles.

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Elle semble presque étonnée qu’on puisse lui demander ses motivations pour le machinisme agricole. Anaïs Orhan, 22 ans, est apprentie à la cuma Plume Chat-huant à Plessé en Loire-Atantique depuis l’été 2018, dans le cadre d’un CS(1) Tracteurs et machines agricoles avec le lycée professionnel de Redon en Ille-et-Vilaine. « Je savais surtout conduire et je connaissais l’entretien de base du matériel. Je voulais en apprendre davantage, aller plus loin, savoir faire des réparations. » La jeune femme a grandi dans une exploitation laitière du sud de l’Ille-et-Vilaine, aux côtés de deux sœurs. « Enfants, nous avons toujours été au contact du matériel, nos parents nous laissaient faire. Cela m’a donné confiance. » Piloter des machines agricoles est donc pour elle complètement naturel : pourquoi devrait-elle se justifier ?

Agricultrice ou garagiste ?

Depuis toujours, le projet d’Anaïs est de devenir agricultrice, même si l’idée d’être garagiste lui a aussi traversé l’esprit. Frileux vis-à-vis de la conjoncture économique de l’agriculture qu’ils vivent au quotidien, ses parents lui conseillent de privilégier d’abord la filière générale et de passer un Bac S. Elle obtempère avant de s’orienter immédiatement vers un Bts Acse en alternance au lycée agricole de Montfort-sur-Meu en Ille-et-Vilaine. Outre ses stages réguliers dans une exploitation bovine laitière du secteur, elle découvre aussi la production caprine dans la région Centre, ainsi que le travail d’une entreprise de travaux agricoles canadienne spécialisée dans les ensilages d’herbe lors d’un stage de six mois. « J’ai passé mon temps sur un tracteur à transporter les remorques des champs aux silos, et ça m’a plu. Tous ces stages m’ont permis de réaliser que j’étais davantage intéressée par le matériel que par les animaux. La production laitière présente trop de contraintes. Dorénavant, je m’imagine davantage travailler dans les cultures, avec peut-être des bovins viande à côté. »

Faire ses preuves

Dans l’immédiat, Anaïs se régale en tant qu’apprentie. « Sans doute parce que je suis une fille, mes maîtres de stage ne me laissaient pas toujours approcher le matériel autant que je l’aurais souhaité. Mais ici à la cuma, je fais de tout. Il y a trois salariés et 35 adhérents : le travail est très diversifié et on me laisse une grande autonomie. Cela me permet d’apprendre beaucoup de choses pratiques, en plus des quatorze semaines de cours au lycée, et de faire mes preuves. Un apprenti est davantage considéré comme un salarié qu’un stagiaire : c’est une première expérience professionnelle très utile pour entrer dans la vie active. »

Une fois son CS terminé dans quelques mois, Anaïs ne prévoit pas encore de préparer son installation. « Je vais peut-être intégrer une licence professionnelle en agronomie pour mieux connaître la vie du sol et les nouvelles techniques de travail du sol, qui me semblent être l’avenir. Et puis j’aimerais travailler dans différents endroits pour voir plusieurs façons de faire, pourquoi pas à l’étranger, dans des fermes ou ailleurs… pourvu que je touche à du matériel agricole. » 

(1) certificat de spécialisation


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