Catalyseur d’installations

Depuis 2006, la cuma du Chêne est parvenue à intégrer 7 jeunes agriculteurs, dont 4 au cours des trois dernières années. L’état d’esprit est d’ouvrir les portes!

Pour les jeunes qui s’installent, la cuma du Chêne (Indre) offre l’opportunité de démarrer du bon pied …

Créée en 1987 à Chassignolles (Indre), la cuma du Chêne propose l’ensemble des matériels d’élevage pour ses 25 adhérents, majoritairement en bovins viande. Toutes les tranches d’âges sont donc représentées. A différentes périodes, la majorité des jeunes a intégré les exploitations familiales déjà adhérentes, en reprenant tout ou partie de fermes voisines. Leur besoin en matériel était donc partiel et la cuma déjà connue. Pour s’équiper, certains se sont naturellement tournés vers la cuma dès leur projet d’installation. D’autres y sont venus plus tard, au gré de leurs besoins en pulvérisation de précision ou en traction. Ils ont presque tous intensifié ou ont l’intention d’intensifier leur partenariat avec la cuma, jusqu’à être mécanisé à 80% en commun.

Le dialogue pour convaincre

Pour certains, l’adhésion résulte de tout un cheminement. Comme ce jeune préalablement salarié agricole dans une exploitation adhérente à une cuma. Ce qui lui a permis d’entrevoir ce que pouvait être le partage de matériel dans ce cadre. Son installation en GAEC en 2017 s’est faite sans cuma. Son associé et lui-même y voyaient plus de contraintes que d’avantages, notamment le risque d’indisponibilité du matériel. Après l’échec du GAEC, il a finalement créé une exploitation individuelle, en décembre 2019. Son besoin en matériels était important et c’est une discussion avec un ami, adhérent de la cuma du Chêne, qui l’a convaincu du bien-fondé du modèle cuma, pour accéder à des outils qu’il n’aurait pas pu acquérir seul: «Ce qui m’a décidé, c’est le fait de ne pas avoir besoin d’investir des sommes importantes pour m’équiper. En plus, avec les engagements que j’ai signés, je sais exactement où je vais financièrement. C’est rassurant!». Il a ainsi souscrit des parts sociales dans différentes cuma du secteur, notamment à la cuma du Chêne pour la herse étrille. Il envisage de s’engager davantage dans celle-ci au gré des opportunités.

Un état d’esprit…

L’esprit de solidarité des «anciens» a fait naître une banque de travail, utilisée depuis 2010 par la plupart des adhérents de la cuma. Cet esprit s’est transmis aux jeunes arrivants sans difficulté, avec deux principes de base: «Les portes de la cuma sont ouvertes à tous» et «Toute idée est bonne à prendre». Ainsi, chacun, dès son entrée dans la cuma, a le sentiment d’être écouté, ce qui fait de lui un membre tout aussi important dans le groupe que les autres. C’est d’ailleurs la clé de la réussite: tous soulignent que chacun a sa place mais doit s’adapter aux autres en contrepartie, c’est-à-dire organiser son travail en fonction de la disponibilité des matériels, et pas l’inverse!

… pour des installations réussies

Economiquement, il est apparu évident que la cuma réduit les coûts. L’exemple des deux épandeurs est frappant, avec un coût annuel de 450€/an pour 150 UGB. Ce qui n’aurait pas été réalisable avec un épandeur aussi moderne en propriété! De la même manière, sur le plan technique, tous s’accordent à dire que l’intérêt est considérable. En effet, l’accès à des matériels récents, performants et surdimensionnés augmente le débit de chantier. Cela offre également un confort de travail. La cuma est également un terrain de discussions autour de l’agronomie. Les essais des uns et des autres alimentent l’expérience collective. Ils font émerger des projets, pour tester et prendre les risques en commun. Par exemple, le désherbage mécanique est entré dans la cuma en 2018 avec l’achat d’un broyeur sous clôture. Fin 2020, ce sera une herse étrille. L’adaptabilité des exploitations autour des questions environnementales est donc facilitée.

Partenaire incontournable

La communication et la rigueur instaurées par la première génération au sein de la cuma du Chêne ont permis de maintenir l’entente dans le groupe. Les «installés» récents voient la cuma comme un partenaire incontournable. Les jeunes adhèrent des raisons jugée essentielles: facilité d’intégration, économies en charges de mécanisation avec une visibilité financière grâce aux engagements, accès à des matériels performants  et bien entretenus!

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