[Ensilage de maïs] Le risque c’est 10.000 euros de perte sur 30 ha

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défi ensileuses 2018 Elvup, données technico-économiques ensilage de maïs

Les coûts qui se cachent derrière le réglage de l'ensileuse ont leur importance, mais l'enjeu d'optimisation de la valeur alimentaire du fourrage est d'un tout autre ordre d'idée.

23/10/2018 - 06:25

Comme trois constructeurs d’ensileuses, le réseau des cuma de l’Ouest a répondu à l’invitation d’Elvup pour observer et décortiquer les coûts en fonction des machines, des consignes de réglage… A défaut d’aboutir déjà à des données précises et discriminantes, les essais ont fourni une occasion de confirmer des tendances.

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Les OPA, mobilisées au deuxième défi ensileuses dans l’Orne, prouvaient en septembre qu’un message fait l’unanimité en matière d’ensilage de maïs: la qualité du résultat prime. «Qu’il s’agisse des zootechniciens ou des conseillers en machinisme, on voit que nous travaillons dans ce sens», analyse Yann Martinot, directeur technique Elvup.

Afin de compléter les connaissances chiffrées des enjeux autour de l’ensilage, l’organisme ornais de conseil en élevage avait renforcé cette année son dispositif ’Défi ensileuses’ en sollicitant les experts du réseau des cuma pour se pencher sur les coûts. «Nous avons étudié les consommations de carburant et les débits de chantier», expliquent deux représentants des fédérations de l’Ouest: Jérôme Lenouvel (Frcuma Ouest) et Jérôme Damoiseau (FCBN). Dans le cadre du programme Ecosilage, en faveur de l’optimisation du coût alimentaire, les conseillers du réseau cuma ont déjà observé que la communication et la vérification des réglages comptent parmi les points pouvant être améliorés dans la plupart des chantiers d’ensilage.

Pas de fourrage de qualité avec du maïs en sur-maturité

Trois constructeurs avaient répondu présent et apporté un modèle de démonstration d’ensileuse dix rangs. Grâce aux cuma du secteur et aux deux machines qu’elles ont apportées, le panel de cet essai a pu être plus complet. En revanche, réunir à la fois une telle sélection et un stade de récolte optimal est compliqué, d’autant plus en cette année particulière. Dans les 5 ha mis à disposition par le Gaec Berard de Cavernaux, «nous étions à 44 % de matière sèche, voire 48 % dans certaines parties».

Yann Martinot en tire un premier enseignement: «Même avec des machines puissantes et des éclateurs qui travaillent bien, on voit qu’ensiler du maïs en sur-maturité, à 45% MS», même s’il ne présente pas un aspect desséché, «ne permet pas de produire un fourrage qui puisse être bien valorisé par les animaux. Cette journée confirme encore que 32-35%, c’est bien!»

Côté chiffres, les résultats obtenus demanderont encore d’être analysés et complété. «On a bien vu que réduire la longueur de coupe diminue le débit de chantier», explique Jérôme Damoiseau. Yann Martinot rappelle des ordres d’idées: «Si je fais une erreur sur l’éclatement des grains, ça peut être jusqu’à 10.000 € qu’il faudra investir pour compenser dans la ration» pour une sole de maïs fourrage de 30 ha. Quels qu’en soient les impacts exacts, ça vaudra le coup de consommer un peu plus de carburant et de temps pour atteindre l’objectif que l’éleveur doit se fixer.

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