La fauche à plat, simple et efficace

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La fauche à plat, simple et efficace

Stéphane Thireau (vice-président), Nicolas Savaris (chauffeur mécanicien) et Pascal Besnier (président) apprécient l'efficacité du groupe de fauche à plat.

La cuma de l’Oudon (53) sur les dernières années a évolué vers la fauche à plat puis la prestation avec un groupe 9 m. Ce changement de logique trouve ses origines dans la recherche d’efficacité sur les chantiers. Témoignage.

Les conditionneuses ne fauchaient pas assez vite. Aussi la cuma de l’Oudon fauche à plat depuis quelques campagnes. L’an dernier, elle passe un nouveau cap en adoptant le groupe grande largeur, valorisé par une organisation idoine. « Si nous prévoyons 30 ha sur une journée de l’ensileuse, la faucheuse doit aussi couper 30 ha en une journée », résume le président Pascal Besnier. « Avec un tracteur et un chauffeur dédié, on écrase les temps morts. » Et dans les faits, le débit de chantier du groupe de fauche Kuhn va bien au-delà.

Une heure de fauche à plat : plus de 5 ha prêts pour un coût de 125 €

Alors que la cuma mayennaise veut asseoir de l’emploi permanent depuis quatre ans, la fauche fait donc partie de ces activités par lesquelles elle entend consolider son besoin, au même titre que la prestation de pressage round baler. Quand la cuma signe son investissement, ses adhérents s’étaient engagés sur un total annuel de 450 ha. En 2023, le nouveau matériel a déjà couvert 660 ha, chez vingt adhérents. Nicolas Savaris, un des chauffeurs mécaniciens témoigne que certaines journées sont allées au-delà des 60 ha de fauche. « Avec la précédente organisation ce n’aurait pas été possible » s’accorde le dirigeant.

La cuma de l'Oudon choisit la fauche à plat

Pour la fauche à plat, la cuma de l’Oudon utilise un groupe de fauche de 9 m.

Soit la cuma fauche, soit elle ensile

Au bout d’une campagne, la cuma semble avoir trouvé un rythme. Elle fauche préférentiellement les lundis et mardis pour ensiler en fin de semaine. « Éventuellement on peut faucher le vendredi pour une récolte en début de semaine. » Une certitude : « Personne ne fauche le mercredi, car ça voudrait dire que l’ensilage s’organisera sur le samedi ou le dimanche », se complètent Pascal Besnier et le vice-président Stéphane Thireau.

En cabine, les deux salariés se relayent, notamment pour leurs temps de pauses. Les responsables d’activité conservent la main sur le planning. « La réservation par internet, c’est moins adapté à ces chantiers très saisonniers et aux prestations », justifient les responsables. « Ce n’est pas un matériel stressant ou fatigant. Selon le parcellaire, on fauche de 4 à 9 ha/h, avec une moyenne de 5,5 ha/h », reprend le chauffeur en glissant que l’activité en a donc sous le pied. « Certains adhérents ont pris une faucheuse de 3,5 m pour faire leurs tours de parcelles. Le gain de temps pour le groupe de fauche est considérable. »

Le chauffeur dédié optimise le matériel

« Nous avons envoyé les factures et n’avons eu aucun commentaire en retour. Nous en déduisons que les adhérents doivent être satisfaits », résument les responsables. Ils observent sur les quatre ou cinq dernières années que la surface d’herbe à récolter augmente, avec plus de productions biologiques, et de la prairie qui s’insère dans les rotations. La fauche à plat répondait à une volonté des adhérents qui visent un séchage « sans y retoucher ».

Pour autant, le président ne ferme pas la porte à un revirement. « Peut-être que dans cinq ans, la demande sera d’avoir la possibilité de conditionner et grouper les andains avec un dispositif escamotable », envisage-t-il. « En fonction aussi du matériel qui aura évolué, nous verrons ce qu’il sera possible de faire. » D’autant plus si le tracteur de 180 ch actuel ne suffit plus, « il faudra avoir reconstitué une caisse », affirme néanmoins Pascal Besnier. Car la coopérative assume une stratégie d’autofinancement de ses renouvellements, respectée lors de l’acquisition du groupe de fauche d’une valeur de 38 500 €. « Nous avions une reprise de 18 000 € pour la faucheuse de 5,50 m », expliquent les dirigeants, tandis que la cuma a conservé celle de 3,50 m. Sans recours à l’emprunt, « les intérêts restent à la cuma. Les tarifs en bénéficient », schématisent-ils.

La pérennité des cuma passe par des activités fortes

Stéphane Thireau insiste sur un autre axe que la cuma se donne : répondre aux attentes sur des activités fortes et la prestation. « Si les adhérents ne s’engagent que pour du petit matériel spécifique, ça ne tient pas. Une cuma a des coûts pour fonctionner. » Le vice-président prolonge : « La demande pour la prestation de fauche prend de l’ampleur. Il faut que la cuma s’y mette pour conserver ses activités et maintenir ses emplois. » L’activité traction, historique, de la cuma de l’Oudon en donne une bonne illustration : Lorsque son déclin l’avait conduit à un niveau de 250 h/an et à un questionnement quant à sa continuité, qui eût cru qu’après le coup de boost des chantiers complets, elle en serait aujourd’hui à 700 h/an ?

Chiffres clés

  • 120 h de fauche
  • 660 ha sur l’année
  • Coût total : 22,70 €/ha
  • 4,90 €/ha de tracteur (180 ch)
  • 4,90 €/ha de main-d’œuvre
  • 2,90 €/ha de GNR
  • 2,70 €/ha pour les autres charges, essentiellement les temps non facturés
  • 7,30 €/ha pour l’outil (9 m sans conditionneur)

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