Un groupe de fauche de 9 m pour 20 €/ha

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Un groupe de fauche de 9 m pour 20 €/ha

Avec une envergure de 9 mètres, le groupe de fauche peut travailler jusqu’à 7 à 8 ha/h.

La cuma de Mayencourt en Haute-Marne a créé une activité de fauche en 2020 après l’achat d’un groupe de fauche de neuf mètres de large. Avec environ 300 ha coupés chaque année, le prix de revient avoisine les 20 €/ha.

En évoquant leur groupe de fauche, Aurélien Lene, vice-président de la cuma de Matigny, située en Haute-Marne, déclare : « On peut dire que nous sommes des opportunistes. On avait chacun notre propre matériel de fauche, mais il était très vieillissant. Alors quand on a vu qu’il existait une subvention pour ce type de matériel, on s’est réunis. » C’était en 2020 et c’est ainsi qu’est née l’activité fauche à la cuma. Quatre adhérents se sont engagés pour un volume d’environ 300 ha par an. Bien sûr les surfaces évoluent selon l’année, la pousse des végétaux et la météo.

Un groupe de fauche Krone de 9 m

Après l’étude de plusieurs devis, les quatre agriculteurs qui composent ce futur groupe optent pour un groupe de fauche de neuf mètres de la marque Krone modèle Easycut B950 collect.

« Nous avons choisi cet ensemble car il est équipé d’une vis pour grouper les plantes récoltées, explique Cédric Ladier, président de la cuma. C’était un équipement moins onéreux qu’un tapis, mais cela alourdit le groupe et demande ainsi beaucoup de puissance de traction. »

Attelée à l’avant, la faucheuse de 3 mètres de la même marque permet également de conditionner directement.

faucheuse chantier

Cédric Ladier, Aurélien Lene et Mathieu Bourcelot se partagent, avec un autre éleveur, le groupe de fauche acheté en 2020 par la cuma de Mayencourt. La vis permet d’andainer selon les besoins de l’éleveur.

Le groupe de fauche, idéal en sol caillouteux

Le choix s’est porté ce type d’outil principalement pour la polyvalence qu’il offre. « J’ai des parcelles avec un sol très caillouteux, précise Aurélien Lene. J’évite de multiplier les passages, de peur de casser le matériel, ou de frotter des cailloux. Dans ce cas, j’utilise le groupe de fauche de la cuma et en un seul passage l’herbe est récoltée et la qualité est préservée. »

Si le groupe a choisi un outil Krone, c’est aussi pour son système de recentrage à vis, son prix, un peu plus abordable, et la facilité de revente. « C’est une marque courante, bien représentée dans notre secteur et l’atelier à proximité nous convient », reconnaît le président. S’ils ont déjà pensé à la revente, ce n’est pas qu’ils veuillent s’en séparer c’est davantage pour espérer peut-être capter une autre subvention le jour où cela se représentera.

100 ha en deux jours

Pour les autres utilisateurs, équipés également de leur propre andaineuse, l’utilisation du groupeur est variable selon la qualité de l’herbe fauchée mais aussi son devenir. « C’est pour sa polyvalence que nous l’avons choisi », justifie le vice-président.

Pour du foin par exemple, il faudra utiliser une retourneuse, inutile de réaliser des andains auparavant. Une manière d’augmenter le débit de chantier lorsque c’est utile. « S’il n’y a pas de cailloux, que l’herbe et de bonne qualité, les parcelles bien dessinées et plates, on peut faucher environ 100 ha en deux jours, estime Mathieu Bourcelot. Mais c’est rare ! Une branche en bord de rivière ou un caillou dans la faucheuse et on a vite perdu une heure. » En moyenne, il faut compter 7 à 8 ha/h.

Conserver son propre matériel

Car si certaines années l’ensemble fauche 300 ha, parfois c’est le double. « C’est selon la météo, la pousse de l’herbe mais aussi nos besoins, ajoute Mathieu Bourcelot, trésorier et adhérent de l’activité. Mais le prix ne varie pas, il est fixé à 20 €/ha quels que soient les volumes. »

Arrivé dans la cuma en 2020, ce petit bijou valait 69 000 euros. « Nous avons heureusement pu profiter des subventions à hauteur de 60 %, avoue le président. Sans cela, nous n’aurions pas pu acheter cet équipement. Même si nous avons amorti que la moitié de cette somme pendant 13 ans. »

Pour l’organisation du chantier, les quatre agriculteurs sont organisés et s’adaptent facilement aux aléas de la météo. « Nous ne sommes que quatre et avons chacun du petit matériel d’appoint, ce qui nous permet d’être un peu plus flexibles, avoue Cédric Ladier. Nous essayons tout de même de nous réunir avant la saison de la récolte de l’herbe pour déterminer les besoins de chacun et nous nous adaptons selon l’avancée des exploitations s’il y a un coup de bourre. »

Un tracteur spécifique

À la cuma de Mayencourt, l’unique tracteur de 220 chevaux conduit le groupe de fauche… Quand il n’est pas attelé sur la presse qu’un groupe de sept adhérents se partagent. « Notre faucheuse demande d’avoir l’option Powerbeyond à l’attelage, explique Mathieu Bourcelot. Nous n’en sommes pas tous équipés. Alors quand le tracteur de la cuma n’est pas disponible, on s’échange les nôtres. » L’option permet au groupe de fauche de gérer son propre circuit hydraulique.

le groupe de fauche à une envergure de 9 m

Avec une envergure de 9 m, le groupe de fauche peut travailler jusqu’à 7 à 8 ha/h.

Cependant, le groupe de fauche demande un peu de puissance pour faucher sur les neuf mètres. « L’année dernière, j’ai utilisé mon Kubota de 170 chevaux, quatre cylindres, la culture était dense, j’avais un débit de 3,5 ha/h, se souvient Aurélien Lene. C’était la limite. » Les quatre adhérents sont tout de même satisfaits de leur choix, d’autant qu’ils ont constaté qu’avec une vis, le tracteur consomme mois qu’avec un tapis, puisque le groupe est plus léger.

Pour compléter l’activité, la cuma propose également le chantier de pressage. Avec une presse New Holland 1290 +, le groupe réalise plus de 4 500 bottes chaque année, voire le double selon la quantité à presser. Avec un prix 4,5 €/botte, l’activité se veut plus qu’attractive.

Un chantier à 20 €/ha

  • 20 €/ha pour 300 ha engagés chaque année (sans tracteur et chauffeur)
  • 32 €/h pour le tracteur de la Cuma
  • 69 000 €, prix d’achat en 2020 avec 60 % de subvention et amorti sur 13 ans
  • 4 adhérents
  • Entretien 300 €/an (sauf casse)
  • Débit de chantier : 7 à 8 ha/h

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