Les questions à se poser avant de se lancer dans la production et l’injection de biométhane

La loi EGALIM facilite le raccordement au réseau de distribution du gaz. Cependant rien ne s’improvise en matière de méthanisation. Au-delà du financement, les bonnes questions pour défricher le terrain.

Crédit : Grégory Brandel. Les questions clés à se poser avant de se lancer dans la production de biométhane.

«Il faut compter en moyenne trois à quatre ans entre la première réflexion et la mise en service», prévient Catherine Loichot, responsable du développement chez GRDF. Prendre le temps de se poser les bonnes questions permettra d’en gagner par la suite.

Plus d’informations en cliquant sur : Les grandes étapes d’un projet de méthanisation

La localisation

Celle du foncier d’abord. «Disposez-vous d’environ deux hectares pour construire une installation complémentaire à votre activité principale ?» interroge Catherine Loichot. Un premier contact avec le distributeur permettra de savoir, d’une part, s’il existe un réseau auquel se raccorder proche de votre futur site et, d’autre part, si ce réseau a la capacité d’absorber le biométhane injecté. «Les réponses se font au cas par cas mais GRDF peut très vite faire une première analyse qui permettra de connaître les modalités d’injection.»

Visiter des sites, s’informer

«S’informer, échanger est essentiel avant d’engager l’exploitation. En plus des réunions proposées localement par les Chambres d’agriculture ou d’autres partenaires, il ne faut pas hésiter à se déplacer sur les sites en fonctionnement pour rencontrer des agriculteurs méthaniseurs», insiste Catherine Loichot.

Les interroger permet de bénéficier directement de leurs retours d’expérience. D’autant qu’aujourd’hui, plus de 100 sites injectent dans les réseaux de gaz naturel. Se rapprocher de l’AAMF (Association des Agriculteurs Méthaniseurs de France), l’association qui les regroupe, est aussi un bon moyen de bénéficier de premiers conseils pour vous orienter.

Une démarche globale

Quel est vraiment l’objectif du projet? Se poser la question permet d’éviter les écueils car il ne s’agit pas seulement d’un investissement qui apportera un complément de revenus. «La méthanisation se situe au croisement de nombreuses opportunités: valorisation des effluents et des co-produits de l’agriculture, compléments de revenu pour l’agriculteur, et maîtrise de nouvelles pratiques agricoles (digestats, rotation des sols, intégration de couverts et cultures intermédiaires).» Il faudra bien sûr se former à ce nouveau métier et, peut-être, recruter pour assurer le fonctionnement du site et son exploitation dans la durée.

Retrouvez aussi les témoignages de ces trois agriculteurs Jean-Christophe Gilbert, Yannick Laurent et Mauritz Quaak sur leurs sites de production respectifs.

S’inscrire dans la durée

La question de la pérennité du projet est centrale. «Avec un investissement entre 3 à 6 M€, il est indispensable de sécuriser les gisements en vue d’alimenter l’unité de méthanisation qui produira du biométhane au moins pendant 15 ans, soit la durée des contrats d’achat de biométhane actuellement en vigueur.» Le processus de transformation des effluents ou résidus de cultures en biométhane produira également du digestat, fertilisant naturel qui pourra se substituer à une partie des engrais classiques. Il faudra s’assurer de la cohérence entre le plan d’épandage et la quantité de digestat produite.

De plus en plus d’agriculteurs montent des projets collectifs avec des exploitations de toutes tailles. «A plusieurs, il est plus facile d’avoir une bonne gouvernance, de partager les charges et les investissements. C’est le cas par exemple du projet Agri Briva Métha en Auvergne, inauguré en octobre, qui réunit quatre exploitations, ou du projet Méthamoly dans les Monts du Lyonnais, qui bénéficie en sus de financement participatif.»

Un projet de méthanisation agricole peut apporter d’autres services à un territoire. Des biodéchets de collectivités peuvent sécuriser l’alimentation d’un méthaniseur: une complémentarité gagnant-gagnant entre agriculteurs et collectivités dès lors que la question aura été posée dès la phase de réflexion.

«Enfin, il faudra penser à parler du projet, dialoguer et s’inscrire dans une dynamique locale d’économie circulaire. Autant initier assez tôt le dialogue local.» Des enjeux qui justifient le temps nécessaire au montage d’un projet.

GRDF vous accompagne

Chaque projet d’injection est différent. D’où l’intérêt de demander assez vite l’analyse préliminaire de raccordement à GRDF de manière à pouvoir affiner votre projet. GRDF vous accompagnera dans toutes vos démarches liées aux études technico-économiques, au raccordement et à la mise en service, et pourra vous conseiller et vous mettre en relation avec les acteurs de la filière.

Trois grandes étapes dans la réalisation de son projet

Les trois grandes étapes d'un projet de méthanisation.

Les trois grandes étapes d’un projet de méthanisation.

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