Ils gèrent l’entretien, le SAV et les réparations de tous les matériels

Près de Saint-Brieuc, une cuma a cherché a développer un atelier de mécanique agricole. Le collectif agricole a créé une seconde cuma spécifiquement pour cette activité. Maintenant bien ancrée, elle est un véritable atout pour l’agriculture du territoire.

Depuis cinq ans, Dominique Loison (à g.) orchestre le fonctionnement de l’atelier de mécanique que porte le collectif agricole. Kilian Prioux l’a rejoint au sein de la cuma la Clé des champs, tout en continuant d’assurer quelques heures de conduite pour le compte de la cuma de la Baie (©Élise Comerford-Poudevigne).

Elle est à part. Pourtant elle est un soutien excessivement précieux du service de la cuma et à l’activité de ses adhérents. La cuma de la Baie, à Hillion, réalise 650.000€ de chiffre d’affaires, embauche quatre permanents, des saisonniers, et essaye de former un apprenti chaque année. Dans les années 90, elle démarre une activité mécanique, pour l’entretien de ses propres matériels. Aujourd’hui, ils sont deux à tenir la torche allumée à l’époque avec Robert Béreschel: Dominique Loison et Kilian Prioux. À quatre mains, la cuma la Clé des champs ne fait que de la mécanique. Mais elle assure, pour toutes sortes de matériels, un peu tous les métiers qui y ont trait. «Demain, nous allons chez un éleveur de porcs, intervenir sur un convoyeur de machine à soupe», illustre Dominique Loison.

Interventions sur tous les terrains

Une barre de coupe tordue par la mauvaise rencontre avec une pierre en pleine moisson? Une goulotte d’ensileuse à redresser? En moins d’une journée, c’est (dé-) plié. Les interventions graves et urgentes n’effrayent pas le chef mécanicien qui ajoute que le service est accessible aux adhérents, «le matériel de la cuma de la Baie restant tout de même un peu prioritaire.»

Les besoins de la cuma de la Baie génèrent «plus de la moitié du chiffre d’affaires de la cuma la Clé des champs», précise Sébastien Botrel. C’est lui qui préside les deux entités qui se partagent le même toit. Les recettes de la cuma atelier, 232.000€ en 2020, s’avèrent très variables d’une année sur l’autre. «On peut avoir une panne sur un ‘gros’ matériel comme la tonne à lisier, ou à l’inverse on peut renouveler une automotrice par un matériel sous garantie…» Sébastien Botrel liste quelques événements à la cuma de la Baie qui ont des impacts non négligeables sur les exercices de sa voisine. Le président l’assume. Il ne perd pas de vue l’objectif de service aux adhérents. Celui-ci se traduit avec un chiffre. Quelle que soit la nature des travaux, la facturation du temps passé est la même: 43€/h.

Achats groupés, compétences valorisées

«Je note les heures et les informations sur un carnet», explique le salarié. Le président complète: «Deux jours par semaine, nous avons une secrétaire administrative mise à disposition par la fédération pour les deux cuma. Elle reprend le carnet pour établir les factures.»

La cuma atelier représente aussi un moyen pour l’agriculteur adhérent de trouver des pièces, des pneumatiques et même de l’huile. Dans ce domaine, «c’est important de connaitre les bonnes personnes.» Dominique Loison, ancien entrepreneur à son compte et mécanicien en concession, a apporté une expérience précieuse dans ses bagages. En centralisant ainsi les besoins, il sait avoir un argument pour peser dans la négociation face aux fournisseurs.

Atelier en cuma: des outils «que l’on ne voit pas partout»

Son espace de travail regroupe des outils de pointe. Dominique revient sur les derniers exercices de la cuma. «Ils ont été plutôt bons. En conséquence, nous avons pu pas mal investir.» Souriant, il présente à l’assemblée(1), le découpeur plasma ou le poste à souder arrivé en 2020, «on est vraiment sur un outil très haut-de-gamme.» Puis il passe à la dernière acquisition de l’atelier de la cuma: le tour horizontal. «Avec ça, l’idée c’est de pouvoir fabriquer des pièces difficiles à trouver dans le commerce», complète Kilian Prioux.

Le mécanicien a intégré la cuma atelier après avoir été apprenti au sein de l’autre cuma. Il continue d’y intervenir ponctuellement sur certains chantiers de récolte ou de broyage du maïs grain humide. Il salue l’autonomie à laquelle ouvre ce genre d’équipements tels que le tour horizontal. «Quand en pleine campagne, avec une panne pour laquelle un mécanicien extérieur nous aurait donné un délai de plusieurs jours pour réparer, là, nous sommes capables de fabriquer les pièces dans la journée. On est peut-être pas au micron près, mais nous sommes capable de nous dépanner et on avance.»

(1) Les cuma d’Hillion accueillaient une visite dans le cadre du forum emploi du réseau cuma début novembre.

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