[COUP DE COEUR] Le “pack” aveyronnais, un engagement pour 10 matériels

En région

Un engagement pour un groupe de matériels de semis et travail du sol: habilement construite, la formule a généré une belle augmentation d'activité (+24% en trois ans) avec un équilibre engagement/tarif particulièrement intéressant pour les adhérents.

31/05/2019 - 18:00

La cuma de Prades Canet de Salars, en Aveyron, a mis en place des services mutualisés pour plusieurs types de matériels depuis 6 ans. Le principe? Un engagement unique permet d’accéder à un groupe de matériels.

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Le groupe a testé ce type de fonctionnement -service mutualisé aussi appelé « pack »- avec du petit matériel dès 2013 avec le service “clôture”, doté d’un enfonce-pieu, d’un appointe-pieu et d’une tarière, pour proposer des tarifs bas en incluant dans le “pack” matériels neufs et amortis.

La cuma de Prades Canet de Salars fait partie des « Coups de cœur de la rédaction d’Entraid« , un dossier à retrouver dans l’édition de mai 2019.

Ce fonctionnement a aussi été adopté pour les presses (en service complet pour les balles carrées et en simple location pour les presses à balle ronde) et le service de transport (3 bennes et 4 plateaux).

Philippe Cance et Guilhem Rudelle, respectivement administrateur et président de la cuma, résument ce qui les a motivés pour engager, il y a 3 ans, un service mutualisé pour des activités aussi complexes que le semis et le travail du sol: ”avant l’achat du combiné de semis, nous avions deux services, herse-rotolabour d’un côté et semis de l’autre. L’arrivée du combiné -qui empiète sur ces deux activités- bouleversait cet équilibre.”

D’autre part, les responsables se refusaient à faire payer des engagements multiples aux adhérents qui auraient souhaité s’impliquer dans plusieurs de ces activités.

Ils ont donc mis au point le “service mutualisé” pour le travail du sol et le semis: les adhérents s’engagent sur leur SAU, convertie en points, et accèdent ainsi à un parc de 10 machines*.


Un beau Pack de matériels

Le service mutualié comprend les matériels suivants:

combiné de semis, herse rotative, rotolabour, 2 semoirs à céréales, charrue à claires-voies,2 déchaumeurs à disques, outil à disques traditionnel et cette année, intégration sans surcoût d’un déchaumeur à patte d’oie). Dix responsables de matériels coordonnent ensuite les plannings et l’entretien (soit eux-même, salariés pour les matériels en service complet, adhérents).


La formule de calcul des points est la même depuis 3 ans : “Nous mutualisons tout sur les matériels amortis et en amortissement: les remboursements, l’entretien, les consommables et les frais généraux. Cela donne une somme globale. Ensuite nous attribuons un coefficient en points à chaque matériel* en fonction de son coût d’achat et des pièces d’usure. Et l’on divise la masse globale par le nombre de points obtenus.”

Depuis 3 ans, la valeur du point avoisine les 2 euros. L’engagement de chaque adhérents est ensuite calculé sur leur nombre d’hectares de SAU (1 point par hectare).

Choix, tarif et disponibilité

La mutualisation de tous les matériels, amortis ou pas, permet non seulement de pouvoir choisir parmi la gamme de matériels proposés mais aussi d’obtenir des tarifs très attractifs. La charrue est par exemple proposée à une vingtaine d’euros/ha, le combiné de semis à 18€/ha, les semoirs à céréales à 7€/ha et les disques à 10€/ha. Au final, l’amorce a permis d’aboutir à une augmentation forte du recours aux matériels de la cuma (+24%).

Séduits par le choix qui leur est offert, les adhérents n’hésitent pas à recourir à davantage de matériels qu’habituellement pour travailler plus vite notamment.

En 3 ans, l’activité a généré 5000€ de réserves… ce qui est beaucoup et peu au vu des avaries potentielles. Elle a aussi permis d’investir, de manière indolore, dans un un déchaumeur à pattes d’oie qui vient s’ajouter au parc mutualisé.

Adéquation

Au renouvellement des machines, il peut être compliqué de se mettre d’accord sur les besoin, certains utilisateurs ponctuels peinant à comprendre les contours et contraintes de l’activité.

“Jusqu’à présent, nous n’avions pas besoin de rentrer dans les détails pour restituer l’activité des matériels car les quelques utilisateurs l’avaient en tête. Ce n’est plus le cas et nous devons être attentifs à trouver l’équilibre entre les demandes individuelles, le volume d’activité global et l’équilibre financier. Il faut aider les adhérents à avoir une vision globale de l’activité pour se faire une idée du besoin du groupe”, résume Philippe Cance, qui envisage avec les responsables une formation à la communication.

Il note également une légère démobilisation quant à l’entretien, mais la dizaine de responsables matériels, et les salariés en appui, veillent au grain.

 

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