[COUP DE COEUR] La cuma entretien sa dynamique, elle ouvre à de nouvelles logiques

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Nicolas Besrest, Dimitri Kermeur et Erik Grogneuf travaillent à la cuma de Plurien. Les nouvelles technologies sont leurs amies.

17/05/2019 - 13:00

Nouvelle génération d’analyseurs embarqués, boîtiers de suivi des travaux, valorisation de la télémétrie ou encore Crop sensor. Le technophile ne peut avoir qu’un coup de cœur en visitant la cuma de Plurien (22).

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Le laboratoire embarqué sur ensileuse, elle l’a. Avec, elle offre un outil aux éleveurs pour affiner leur conduite du système fourrager. Sitôt la récolte faite, ils ont un regard sur les valeurs alimentaires du produit mis en silo. Et « s’il faut récolter un nombre donné de tonnes de matière sèche », grâce à l’analyseur, « on peut arrêter le chantier quand le volume est atteint. » Par rapport à une corvée déterminée par une approximation de la surface à faire, l’échelle de précision change. Nicolas Besrest est salarié de la cuma dont il est aussi trésorier. En 2017, il témoignait déjà de l’usage de la télémétrie sur moissonneuse-batteuse. (article à retrouver ici)

Amélioration continue

Déjà l’an dernier, « j’ai déjà réalisé quelques extractions issues de la télémétrie pour les adhérents » indique Nicolas en précisant que la cuma travaille avec ses fournisseurs de matériel pour améliorer la valorisation de ces systèmes. « Nous cherchons à ce que l’adhérent obtienne des informations relatives à la machine dans sa parcelle, mais pas dans celle du voisin », illustre-t-il. La télémétrie n’a pas encore révélé son plein potentiel, néanmoins, Nicolas Besrest l’utilise de façon opérationnelle au quotidien. Il cite deux exemples : « De mon portable, je vois les informations des automotrices de récolte et si l’une d’elle reste loin du site de la cuma plusieurs jours, je vois à quel moment il faut que je lui apporte du carburant. » L’an dernier, peu avant la saison des semis printaniers, c’est encore son téléphone qui a averti le dirigeant de cuma qu’un tracteur présentait un dysfonctionnement invisible depuis la cabine. « Nous avons vérifié avant de le faire partir avec le semoir et effectivement, la prise de force ne fonctionnait plus. »

L’exemple frais illustre que la cuma gagne en précision dans la maintenance de son parc, comme dans bien d’autres domaines. La localisation, est un autre univers où la technologie impulse un bon en avant. Les semoirs avec coupures de tronçons, ou rang par rang, ont leur place sous le hangar de la cuma de Plurien, tout comme le distributeur d’engrais capable de moduler les doses selon les indications d’un satellite, d’un drone ou bientôt d’un analyseur embarqué sur le tracteur.

La cuma distribue les cartes

En effet, la cuma disposera d’un Crop sensor en essai quelques jours en 2019. L’idée est d’apporter un service à l’adhérent et de ne pas être dépendant d’un intervenant extérieur, d’avoir bien téléchargé les données avant de partir au champ… « avec le Crop sensor, nous espérons gagner du temps et simplifier la phase de préparation en amont du chantier. »

En aval en revanche, le responsable prévoit que la cuma aura plus de travail puisqu’elle s’ouvrirait à un nouveau service aux adhérents : « Il faudra que nous leur retournions les informations cartographiques », dans le cas où ce projet se transforme en acquisition. « Pour que ce soit valable, il faudra en faire au moins 400 à 450 ha/an », calcule le trésorier.

La cuma devient support d’essais pour l’agriculture de précision

La modulation reste quoiqu’il en soit un sujet auquel croit la cuma. La chambre d’agriculture s’y intéresse et suit un essai entamé l’an dernier sur le sujet. « Ils ont observé des choses qui demandent à être confirmées cette année », lance le responsable qui travaille aussi avec le réseau cuma pour expérimenter des boitiers de suivi des travaux. En développement, la solution Exatrek compile communication avec le matériel via Isobus, géolocalisation, enregistrement… « ça ne prend pas trop de temps à utiliser, il détecte si on fait de la route, les arrêts, les manœuvres et quand le relevage est en position de travail et il propose une synthèse de tout ça. » Avec la proposition de la startup allemande est né à la cuma, l’espoir d’accéder à une solution fiable, complète et simple « qui va jusqu’à des données économiques » pour remplacer la gestion des bons de travaux en papier.

L’analyse qui profite à tous
Grâce à la télémétrie sur les automoteurs, « on peut alimenter des réflexions pour améliorer les performances du groupe. On identifie des marges de progrès », avec des chiffres. « On voit par exemple que sur une campagne, la vidange à l'arrêt représente plus de 13 heures », analyse Jean-Marc Roussel, conseiller machinisme de la fédération des cuma Ille Armor, en observant les graphiques issus des relevés d’une batteuse. « Savoir que sur ses 245 h d'activité sur une campagne, leur moissonneuse a réellement moissonné pendant 120 h est un point qui peut faire réfléchir dans tous les groupes. »

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