Plus que la relance

La relance fait son effet sur les investissements dans le secteur agricole. Néanmoins c'est plus qu'un coup de pouce financier qu'il faudrait à ce secteur. Edito allongé issu du Magazine Entraid de mars 2021.

Bienvenu dans l'aventure. Mesdames, Messieurs, votre dynamisme et vos idées sont les bienvenus.

Au regard des résultats du baromètre Entraid de février 2021 sur les investissements dans le secteur agricole, le plan de relance fait son effet. Il booste l’investissement des exploitations agricoles et des collectifs. Dans les cuma les intentions d’achat de matériel bondissent de plus de 11 points entre novembre 2020 et janvier 2021. Soit 70% des groupes qui prévoient de réaliser de nouvelles acquisitions dans les 6 prochains mois. Néanmoins, les perspectives sont malgré tout en dessous du niveau de janvier 2020 (74,5%) et de janvier 2019 (72,8%).

Par ailleurs, à l’échelle individuelle, le moral économique des agriculteurs retrouve son niveau de janvier 2019 et de janvier 2020, proche des 44% d’intention d’achat. En même temps vu la rapidité de consommation des enveloppes gouvernementales début janvier, il aurait été surprenant de voir une tendance différence.

273.000 départs à la retraite en 2030

Ce plan de relance repose sur trois axes : la transition écologique ; la souveraineté et la compétitivité économique ; la cohésion sociale et territoriale. Même si le secteur agricole ne représente pas une part majoritaire de ce dispositif (1% des 100 milliards), il agit sur tous les fronts. Un agriculteur qui investit a un impact direct sur toute la filière, du concessionnaire au constructeur en passant par les banques et les assureurs. Et tous ces acteurs sont sur le territoire.

L’agriculture subventionnée est souvent décriée. Qu’on le veuille ou non, dans ce système économique quand on aide un agriculteur ou un groupe, on finance tout un secteur, tout un territoire. Alors oui par moment on peut s’étonner du suréquipement, celui même qui finance toute une branche. Depuis le temps que ça dure, c’est plutôt bien pensé.

Le paysage agricole va considérablement évoluer ces prochaines années. Et plus vite qu’on le croit. C’est certains.  En attendant réjouissons-nous de ces cuma qui favorisent le renouveau de cette agriculture (voir le dossier « bienvenu dans l’aventure » d’Entraid Magazine de mars 2021). En laissant cette nouvelle génération bousculer les habitudes collectives et les modèles existants.

Plus vite qu’on le croit

Car en France près d’un tiers des agriculteurs ont plus de 55 ans. « D’ici fin 2026 près de 45% d’entre eux auront atteint l’âge légal de départ à la retraite » peut-on lire sur les fiches prospectives du ministère de l’agriculture. « La banque des territoires évalue par conséquent  à 273.000 le nombre de personnes susceptible de transmettre leur exploitation d’ici un dizaine d’années par ce qu’elles auront atteint l’âge de la retraite » peut-on lire dans le Deméter 2021. Le solde arrêt/installation est négatif. Le métier n’est pas attrayant en l’état. Les structures actuelles ne répondent pas aux attentes ou à l’investissement que les jeunes générations souhaitent donner.

En cette fin d’hiver, nous regretterons l’absence de Salon de l’agriculture cette année ou de Space en septembre dernier. En effet, ce sont de véritables vitrines et temps de communication pour un secteur dont les enjeux sont bien loin d’un petit coup de pour financier.

Sur le même sujet : « Pas de nation forte sans une agriculture forte ! »

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