Solde positif dès la première année avec un bâtiment d’élevage basse consommation
Les trois filières, porcine, avicole et ruminant, ont chacune élaboré un guide technique pour réduire la consommation d’énergie. Elles proposent même des bâtiments à énergie positive (BEBC+) compensant la consommation restante par une production d’énergie renouvelable en lien avec le bâtiment. Dans une étude de 2014 sur deux bâtiments pour poulets standard de 1 700 m2 chacun, l’Itavi estime le surcoût du BEBC à 11 % pour les investissements en isolation et étanchéité, récupération de chaleur, éclairage led, compteurs d’énergie. Le surcoût monte à 83 % pour un BEBC+ incluant panneaux photovoltaïques et chaudière biomasse. La production d’énergie du BEBC+ est de 114 kWh/m2/an soit davantage que la consommation de 65 kWh/m2/an en BEBC.
Solde positif dès la première année
Avec les données économiques de l’époque propres à ce cas particulier (prix du propane, du bois, du kWh électrique, tarif de rachat de l’électricité), l’étude estime que le solde du BEBC est positif dès la première année avec des économies supérieures à l’annuité d’emprunt liée au surcoût. Pour le BEBC+, les économies et la revente d’électricité des panneaux photovoltaïques sont supérieures à l’annuité dès la première année également. En ajoutant la chaudière biomasse en revanche, le retour sur investissement ne débute que la dixième, voire la douzième année.

Dans le Maine-et-Loire, ce chauffe-eau solaire permet d’économiser 2,9 tonnes de propane et 10,8 tonnes d’émissions de CO2 par an pour chauffer 285 truies. (©Nathalie Tiers)
De son côté l’Ifip a calculé, en 2014 également, l’impact économique de prototypes de bâtiments économes pour un élevage naisseur-engraisseur de 300 truies. Selon la conduite (nombre de bandes, âge au sevrage), le surcoût du bâtiment est estimé entre 3,8 et 5,5 % pour atteindre la norme BEBC. En échange, les économies d’énergie réalisées (environ 70 %) permettent d’espérer un gain moyen entre 1,55 et 2,51 €/porc selon la conduite.
En ajoutant un investissement dans des panneaux photovoltaïques pour la production d’énergie renouvelable (norme BEBC+), le surcoût du bâtiment atteint 12 %. Le retour sur investissement est plus long, avec un gain chiffré entre 0,76 et 1,70 €/porc sur douze ans. Sur une durée de vie de vingt ans en revanche, l’installation photovoltaïque améliore le gain entre 2,08 et 2,88 €/porc.
Récupérer les calories
Les solutions techniques aujourd’hui déployées pour substituer la consommation d’énergie fossile des bâtiments d’élevage sont multiples : toitures photovoltaïques, trackers solaires, chaudière biomasse, valorisation de la chaleur issue d’un méthaniseur en cogénération. Des chauffe-eau solaires de nouvelle génération se développent également pour les bâtiments équipés de plancher chauffant. Dans le Maine-et-Loire par exemple, un éleveur de porcs s’est équipé d’un chauffe-eau solaire FengTech d’une puissance calorifique de 35 kW pour 285 truies. Il attend une économie d’énergie de 55 % pour une baisse de ses émissions de plus de dix tonnes équivalent CO2 par an.
Certains éleveurs de porcs investissent dans la lisiothermie consistant à récupérer la chaleur des effluents à l’aide d’un réseau d’eau circulant sous les fosses. Ce système capte aussi les calories du sol selon le principe de la géothermie. En Loire-Atlantique, un élevage de 250 truies est ainsi quasi-autonome en chauffage.
Récupérer les calories pour chauufer les bâtiments
La récupération de calories est possible aussi à partir d’une plateforme de compostage des fientes de volailles et fumiers de bovins, comme le pratique un éleveur vendéen dans le but de chauffer ses bâtiments avicoles. Un réseau de captage de chaleur sous aire paillée pour bovins est également envisageable.
Enfin, la ventilation des bâtiments est aussi un moyen de récupérer de la chaleur. En Ille-et-Vilaine, un éleveur de canards a opté pour le système Lead Exp’air : le flux d’air sortant transmet ses calories en croisant dans un échangeur à plaques le flux d’air entrant. En ajoutant à cela la méthode de la double densité consistant à grouper les animaux dans un seul bâtiment chauffé durant les premières semaines de vie, l’économie se chiffre à dix tonnes de gaz par an.
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